ELWATAN-ALHABIB
vendredi 29 novembre 2013
 
L’entité sioniste n’est pas prête à payer le prix de la paix : la justice
L’équipe du site
L’ex-député britannique et penseur politique George Galloway , a déclaré au cours d’un entretien avec notre site internet alManar , «  la Palestine n'était pas le premier choix pour la coalition occidentale en vue d'établir une fausse entité sioniste  , ajoutant que  que les sionistes étaient prêts à accepter n'importe quel endroit pour  l' établissement d'un Etat appelé Israël ».
Dans ce contexte,  Galloway a souligné que cette entité  a négocié avec l'Empire britannique et  un certain nombre de pays, dont l'Argentine, les Seychelles , l'Ouganda et d'autres pays avant de s'installer en Palestine . "
Malgré l’invention de raisons religieuses pour choisir la Palestine,  Galloway a souligné que les membres du mouvement sioniste étaient athées et n’avait aucun de lien avec la religion.
Et d’ajouter : « D'autre part, l’empire britannique a choisi la Palestine pour des objectifs stratégiques. Car la Palestine a toujours représente pour eux un pied à terre surtout que  le Moyen-Orient prenait de plus en plus d’importance à la fois stratégique et économique ».
Le penseur politique britannique a souligné que « le choix de l’Occident pour  faire de la Palestine un Etat sioniste ne s’inscrit pas  dans le contexte d'un conflit culturel ou religieux , car il ne s’agit pas d’ « une option chrétienne ».
En effet,  « les Chrétiens croient dans les enseignements du Prophète et des valeurs de paix et de bonté, mais les politiques coloniales du système occidental visent  à contrôler les ressources naturelles de cette partie importante du monde» .
 

Judaïsation

Depuis que les sionistes ont occupé la Palestine , ils ont suivi une politique particulière pour changer l'identité de toutes les villes et villages palestiniens , et en particulier à Jérusalem . Depuis 1948 , l'entité sioniste cherche à changer le paysage et démographie de la ville de Jérusalem conformément  à la  vision sioniste . Les Palestiniens ont été violemment expulsés de leur territoire durant les guerres de 1948 et de 1967 , cette expulsion s’est accompagnée  d’une expansion de la judaïsation de la Palestine aux frontières de la municipalité de Jérusalem sans compter des  contraintes bureaucratiques et des restrictions légales sur le droit d’utiliser la terre palestinienne , ainsi que la suppression  du droit de vote pour les habitants de Jérusalem  et l'expansion des colonies dans le Grand  Jérusalem  sans oublier la construction du mur de séparation.
L'auteur britannique a dénoncé la confiscation de la ville de Jaffa  en Palestine en faisant d’elle une ville  Disney, d’ailleurs  connu comme étant le Disneyland de la ville de Tel-Aviv .


 
Colonies sionistes


George Galloway  a estimé que « les colonies sionistes qui se sont multipliés dans  différentes régions  palestiniennes, constituent une grave menace contre les droits des Palestiniens, indiquant que la colonisation est directement liée à la question des réfugiés palestiniens dispersés dans différents pays voisins ».
Et de poursuivre que « ces  colonies empêchent l’aboutissement à toute solution  pour les réfugiés palestiniens parce que les sionistes ont construits ces colonies dans le but d’y recourir toujours  comme moyen de pression » .
Galloway a estimé que « les frontières  de l'entité sioniste ont été réduites  en l’an 2000, après la libération par le  Hezbollah du territoire libanais , mettant un terme  aux aspirations de l'entité sioniste d’ étendre ses frontières .  Toutefois, le  projet de colonisation sioniste vise à empêcher les Palestiniens de profiter de leurs ressources naturelles de leur pays , y compris la terre . Cela a permis aux sionistes de contrôler une plus grande surface de la terre de Palestine » .



Les pourparlers de paix : absence de paix

M. Galloway a souligné que «  les pourparlers de paix entre les israéliens et palestiniens n’ot pas réussi à réaliser un résultat notable ».
« Car la démission de la délégation palestinienne des pourparlers de paix prouve que cette voie  politique est irréalisable car  l'entité sioniste refuse de payer le prix de la paix  à savoir : la justice, a précisé Galloway . "
Rappelons que « des  membres de la délégation palestinienne ont présenté leur démission et ont  déclaré qu'ils ne retourneraient jamais dans des négociations  avec les Israéliens ».
Et de préciser : «  la justice  signifie l'octroi de droits à leurs propriétaires , elle est essentielel à la réussite des négociations de paix . Et la  solution de deux Etats ne durera pas tant que  l'Etat palestinien aurait une superficie de 23 % de la terre palestinienne dans sa totalité. Et c'est cela qui va garder les réfugiés palestiniens en dehors de leur pays d' origine »  .
« La Palestine devrait revenir aux partisans des religions divines, où tout le monde respecte la loi », a-t-il ajouté.


Printemps arabe , hiver palestinien


Certes  ,  la résistance arabe a prouvé sa capacité à affronter le projet sioniste dans la région , sauf que  le fonctionnaire colonial occidental a décidé de  planter  les graines de la discorde dans la région arabe afin de détourner les efforts des Arabes de la cause palestinienne et plonger dans des conflits internes » .
L'écrivain britannique, réputé pour son soutien aux questions arabes a affirmé que «  les gouvernements arabes se sont écartées de la question palestinienne pour se concentrer sur  les  conflits sectaires qui sert le projet sioniste de l’Occident.

" Le printemps arabe en Tunisie , en Egypte , au Yémen , en Libye et en Syrie s’est transformé pour les  Palestiniens en hiver . Et les Arabes doivent focaliser leurs efforts contre  la tyrannie sioniste", a conclu Galloway .
Abordant la crise syrienne, Galloway  a insisté sur le fait que  le complot sioniste de l'Ouest contre la  Syrie a échoué, et que l'axe de la résistance est capable de vaincre le projet sioniste au Moyen-Orient .
Pour ce qui est de l'accord nucléaire iranien et de la victoire  de la Syrie sur le terrorisme, ainsi que la puissance du Hezbollah , tout cela contribue à renforcer l'axe de la résistance pour vaincre  la guerre contre  l'entité sioniste .
Alors la balance de la résistance penche en la faveur de l’axe de la résistance, l'entité sioniste sera forcée de se rendre avant de restituer les droits à leurs propriétaires .


Source: Médias

 
 

"Régimes arabes, révéillez-vous, un nouveau choc arrive " 

 

 

 

 

par Abdel B. Atwan


IRIB-Le secrétaire général de l'ONU a annoncé la tenue le 22 janvier des pourparlers de Genève II .
ceci étant, la position des forces en présence ne prête pas non plus à l'optimisme. Ahmad Jarba , président de la coalition des opposants syriens a subordonné sa présence à ce que la conférence accouche d'une période de transition avec un président doté de toutes les prérogatives militaires, sécuritaires . Jarba accuse Assad d'avoir les mains tachées de sang, ce qui l'écarte de jure du processus de transition.   Plusieurs heures après ces propos, Fayçal Miqdad , vice ministre syrien des AE a dénoncé " des opposants syriens " comme des éléments " sortis du Moyen âge" qui" rejettent à la fois la démocratie et les revendications du peuple"
Ces prises de position ne sont chose nouvelle. La nouveauté vient de la déclaration finale du conseil des ministres des AE du Golfe persique au Koweït. Les ministres des AE du CCGP ont demandé à ce qu'un calendrier soit fixé pour la formation du gouvernement de transition auquel selon les ministres ne devraient participer aucun autre groupe que la coalition des opposants syriens.
Avant le séisme que représente l'accord nucléaire Iran/5+1 , cette déclaration finale n'aurait pas étonné . mais comment comprendre cette déclaration après l'accord et les "coups d'état" que ce texte a provoqué dans la région avec à la clés le bouleversement des équations politiques, sécuritaires et économiques et la mise à l'écart des pays arabes par l'Europe et les Etats Unis et les révélations faites autour des pourparlers secrets entre l'Iran et les EU ? et dire en plus que la déclaration finale a été publiée à Mascate, capitale omanaise. Tout ceci montre que le syrien Miqdad dit vrai et que outre les terroristes, les MAE du CCG sortent du fond des âges.
Que ces ministres nous permettent de dire une chose : les membres de la coalition des opposants syriens que messieurs les ministres veulent planter à Damas comme futurs responsables disposent d'une minimum de représentativité au sein des groupes armés opposant à Assad . Si Riyad cesse son aide à la coalition , il ne restera plus personne dans ses rangs et elle sera alors une "coalition nationale" bis qui s'est effondrée avec le départ du Qatar.
La carte de la région change très rapidement dans le sillage de l'accord signé entre l'Iran et les Etats Unis et ce changement s'applique aussi au conflit syrien. La priorité n'est plus la chute de Bachar Assad et j'ai des problèmes avec tout dirigeant arabe qui ose affirmer que les jours de Assad sont comptés, que son effondrement est inévitable et qu'il doit quitter à tout prix Damas. Dans le temps, ces mêmes dirigeants se rivalisaient de zèle pour pérorer ce genre de formules.
… Hier, le ministre turc des AE, l'un des architectes de la crise syrienne , celui qui formulait le plus grand nombre de phrases pour réclamer le départ d'Assad , se trouvait à téhéran où il s'entretenait avec Zarif . pas un mot n'a été prononcé par lui contre le gouvernement Assad. Au contraire, les deux parties ont souligné leur entente sur la nécessité d'une solution politique de la crise en Syrie. Un virage de 180 degrés qui s'explique par les intérêts et les inquiétudes nouvelles de la Turquie ainsi que par l' extrême pragmatisme turc.  
Depuis que Moscou et non plus Washington s'est transformé en la Mecque des ex alliés des USA, désormais délaissés et abandonnés , et en colère et confus , cela est le signe de sérieux changements sont en cours dans la région dans le sens des intérêts de la Russie et de ses alliés iraniens, syriens et du Hezbollah qui tentent tous à limiter les dégâts et à tirer du mieux qu'ils peuvent leur épingle du jeu.
La coalition des opposants syriens ne peut et ne doit être l'unique appuie des opposants syriens à Genève. Une délégation chargée de coordonner les opposants internes et Ghadri Jamil, ministre démissionnaire et son équipe accompagnée de kurdes syriens a rencontré l'ambassadeur US Robert Ford . cette même délégation avait déjà rencontré les responsables russes pour disons obtenir ses cartons d'invitation à Genève II. Les temps ont changé : dans le temps c'était les opposants armés qui imposaient leurs conditions au gouvernement syrien qui gardait le silence. Dorénavant, c'est Damas qui pose ses conditions car il a retrouvé sa légitimité auprès des chancelleries occidentales . Assad s'en fiche ainsi de ce que les gouvernements arabes lui accordent de la légitimité ou pas . idem pour l'Iran qui en signant une entente avec les Etats Unis a renforcé sa propre légitimité. Si Assad n'était pas légitime comme le prétend le CCG, il n'aurait jamais reçu en premier son carton d'invitation pour Genève II . d'ailleurs , c'est Assad qui a été consulté pour la date et le lieu des pourparlers de Genève II avant que la Ligue arabe et les pays arabes en prennent conscience via les médias.
Nous espérons que de nouveaux chocs ou de mauvaises surprises ne s’abattent pas à nouveau sur l'axe de la modération arabe et ses ministres des AE , comme la réunion de Mascate . car il se peut que Genève II ne soit après tout que la manifestation des tractations en coulisse qui auront déjà donné lieu à une entente Assad/Occident , quand se déroulera Genève II devant les caméras du monde
Le très futé ministre russe des AE Lavrov a d'ailleurs brossé le tableau syrien pour les semaines à venir / il a dit que l'effondrement du régime Assad n'est plus au menu et que la seule priorité est la lutte contre les terroristes. Ce qui revient à dire que l'opposition anti Assad se divise en deux camps; l'un qui se tient aux côtés d'Assad et qui lutte avec lui contre les jihadistes. C'est cette opposition qui participera à Genève II . puis des élections auront lieu sous l'auspice des observateurs internationaux conduits par Carter et Assad en sera le vainqueur! Est-ce surréaliste? Difficile à croire? Mais la réalité est-elle différente? vous avez raison , la réalité était plus complexe avant la signature de l'accord Iran/USA!!!
 
mercredi 27 novembre 2013
 

Le Bloc atlantiste cède, Tel-Aviv et Riyad complotent

 

 

 

Tribune libre Byblos

us_isr_saudLe 3 septembre dernier, alors que les TV du monde entier se préparent à diffuser en direct les vertueuses frappes punitives de l’Occident contre Damas, un bâtiment US tire deux missiles pour tester la réactivité des côtes syriennes. Leur destruction instantanée par les forces russes sonne le glas des ambitions bellicistes américaines. Washington reçoit le message de Moscou 5 sur 5 et, trois semaines plus tard, c’est le fameux coup de fil d’Obama au Président iranien Rohani, puis la signature historique deux mois après d’un accord intérimaire entre Téhéran et le groupe 5+1. Ce virage à 180˚ de la politique du Bloc atlantiste dans la région survient après deux ans d’hystérie militaire qui auront coûté la vie à 120’000 personnes en Syrie, et entraîné la destruction totale du pays. Grands perdants de ce revirement, Israël et l’Arabie Saoudite se donnent désormais six mois pour rallumer l’incendie.
Fabuleux ratage
Ainsi donc, après plus de 30 ans de guerre froide avec l’Iran, l’heure du grand dégel est venue. L’accord intérimaire signé dimanche entre l’Iran et le groupe 5+1 (les membres du Conseil de sécurité et l’Allemagne) semble en effet mettre un point final aux tentatives du Bloc atlantiste de remodeler à coups de flingue le Grand- Moyen-Orient. Un remodelage commencé en Irak et en Afghanistan, mais qui prévoyait surtout de briser le dernier axe de résistance à la domination occidentale dans la région que forment l’Iran, la Syrie, une partie du Liban (Hezbollah) et de la Palestine (Hamas).
Le ratage est complet et son prix exorbitant : éclatement irakien; fiasco afghan; guerre criminelle d’Israël contre le Liban et naufrage libyen auront coûté la vie à plus d’une million et demi de personnes, et provoqué la destruction de ces pays en plus d’un rejet désormais global de l’Occident et de ses «valeurs».
La dévastation de la Syrie, livrée pieds et poings liés aux coupe-jarrets et assassins djihadistes de tous bords, représente ainsi le baroud de déshonneur d’une politique atlantiste aussi dévastatrice qu’inefficace.

Deux fers au feu
Bien évidemment, c’est la résistance des russes, soutenue par les Chinois en particulier et les pays du BRICs en général, qui a enrayé la machine de guerre occidentale.
Depuis l’été déjà, les Américains avaient compris que la réédition d’une opération «à l’irakienne», ou à plus forte raison «à la libyenne», ne serait pas possible sans prendre le risque de déclencher une guerre régionale, voire mondiale.
Face à l’impasse militaire qui persistait en Syrie, des pourparlers avaient donc été engagés dès ce moment-là avec les Iraniens pour se ménager la possibilité d’une sortie diplomatique.
Histoire de faire monter la pression sur Téhéran dans la perspective d’éventuelles négociations à venir, les USA avaient parallèlement tenté de marquer des points décisifs en Syrie. Pour ce faire, ils avaient congédié le Qatar (juin 2013) pour incompétence et confié la gestion de la guerre à l’équipe saoudienne du Prince Bandar bin Sultan avec pour mission d’augmenter la pression et d’obtenir des résultats tangibles.
On connaît la suite. Le 21 août, c’était la vraie-fausse attaque chimique dans les faubourgs de Damas et le début d’une incontrôlable montée aux extrêmes.

Poutine à la rescousse
Probablement piégé lui-même par l’excès de zèle de son allié saoudien (ou des alliés de son allié saoudien…), Obama n’a alors eu d’autres choix que de soutenir cette montée aux extrêmes, jouant l’intransigeance mais aussi la montre.
Une porte de sortie s’est alors entrouverte avec le lâchage britannique du 29 août. Soudain très inspiré, Obama s’est empressé d’annoncer deux jours plus tard qu’il était bien décidé à frapper Damas, mais surtout qu’il voulait d’abord l’aval du Congrès, sachant que celui-ci ne le lui donnerait jamais…
Puis ce fut l’épisode des deux missiles tirés contre les côtes syriennes pour tester la chose «au cas où» il faudrait quand même y aller, immédiatement suivi de l’éclatant message russe.
La messe était dite.
Et c’est une semaine plus tard, juste avant que le Congrès n’humilie définitivement Obama, que Poutine est arrivé pour sauver la tête du président US en sortant de sa chapka son fameux plan de démantèlement de l’arsenal chimique syrien. Plan sur lequel allait se jeter BHO, au grand dam d’un Président-Poire français tout couillon puisque n’ayant absolument rien entendu de ce qui se tramait en coulisses (sans doute à cause du vacarme organisé par les lobbies sionistes autour de l’Elysée…).
Pauvre France…

Colère sioniste
Après avoir fait échouer le premier round des négociations entre l’Iran et le groupe 5+1, le petit Fabius a donc finalement dû se coucher. Les pétrodollars saoudiens et les pressions israéliennes n’ont en effet pas pesé très lourds face au changement de cap décidé par les Etats-Unis.
Mais désormais, l’échiquier est totalement bouleversé.
L’Etat juif et la monarchie wahhabite saoudienne se retrouvent pour ainsi dire dans le même camp ; celui des isolés et des grands perdants de cette nouvelle distribution.
Côté israélien, on ne décolère pas et la première riposte de l’entité sioniste ne s’est pas fait attendre. Au lendemain de la signature de l’accord, Tel Aviv a ainsi donné le coup d’envoi à une relance de la colonisation en Cisjordanie avec le feu vert à la construction de 830 nouveaux logements pour les colons. Le ton est donné et il est clair que Tel Aviv va tout faire pour rallumer toutes les mèches possibles dans les six mois à venir pour torpiller la signature d’un accord définitif entre l’Iran et le groupe 5+1.

Vers la bombe saoudienne ?
Du côté saoudien, on fulmine aussi à plein régime et toutes les options semblent sur la table, y compris la course à l’arme nucléaire.
Riyad avait déjà fait savoir avant le deuxième round des négociations qu’il ne resterait pas les bras croisés en cas d’accord. Il faut dire que l’Arabie saoudite est doublement bernée.
Mandatée par le Bloc pour conduire la guerre en Syrie, elle se retrouve désormais empêtrée dans un conflit qu’elle va se retrouver seule à soutenir avec la Turquie et… la pauvre France.
Sur le plan géopolitique, Riyad voit aussi s’évaporer ses chances de devenir le gendarme régional qu’elle espérait avec l’écrasement de l’Iran.

L’alliance de tous les dangers
Déjà, une alliance semble en train de se dessiner entre Tel Aviv et Riyad, où le pire est évidemment envisagé avec des collaborations dans des plans d’attaque de l’Iran. Riyad aurait ainsi déjà accepté d’ouvrir son espace aérien aux Israéliens pour conduire ses raids.
Bref, nous nous retrouvons aujourd’hui avec un accord historique, certes, mais qui impose une redistribution des cartes qui place dos au mur deux régimes extrémistes remontés à bloc, et surtout rompus aux pratiques délinquantes dans leur politique extérieure respective.
Riyad et Tel-Aviv seraient-ils devenus d’encombrants alliés?
A n’en pas douter, les prochains mois seront, disons, décisifs.

http://www.entrefilets.com/Le%20Bloc%20atlantiste%20cede%20Tel-Aviv%20et%20Riyad%20complotent.html#sthash.uySlPEQh.dpuf
Le Bloc atlantiste cède, Tel-Aviv et Riyad complotent
25/11/2013 Le 3 septembre dernier, alors que les TV du monde entier se préparent à diffuser en direct les vertueuses frappes punitives de l’Occident contre Damas, un bâtiment US tire deux missiles pour tester la réactivité des côtes syriennes. Leur destruction instantanée par les forces russes sonne le glas des ambitions bellicistes américaines. Washington reçoit le message de Moscou 5 sur 5 et, trois semaines plus tard, c’est le fameux coup de fil d’Obama au Président iranien Rohani, puis la signature historique deux mois après d’un accord intérimaire entre Téhéran et le groupe 5+1. Ce virage à 180˚ de la politique du Bloc atlantiste dans la région survient après deux ans d’hystérie militaire qui auront coûté la vie à 120'000 personnes en Syrie, et entraîné la destruction totale du pays. Grands perdants de ce revirement, Israël et l’Arabie Saoudite se donnent désormais six mois pour rallumer l’incendie.

Fabuleux ratage
Ainsi donc, après plus de 30 ans de guerre froide avec l’Iran, l’heure du grand dégel est venue.
L’accord intérimaire signé dimanche entre l’Iran et le groupe 5+1 (les membres du Conseil de sécurité et l'Allemagne) semble en effet mettre un point final aux tentatives du Bloc atlantiste de remodeler à coups de flingue le Grand- Moyen-Orient. Un remodelage commencé en Irak et en Afghanistan, mais qui prévoyait surtout de briser le dernier axe de résistance à la domination occidentale dans la région que forment l’Iran, la Syrie, une partie du Liban (Hezbollah) et de la Palestine (Hamas).
Le ratage est complet et son prix exorbitant : éclatement irakien; fiasco afghan; guerre criminelle d’Israël contre le Liban et naufrage libyen auront coûté la vie à plus d’une million et demi de personnes, et provoqué la destruction de ces pays en plus d’un rejet désormais global de l’Occident et de ses «valeurs».
La dévastation de la Syrie, livrée pieds et poings liés aux coupe-jarrets et assassins djihadistes de tous bords, représente ainsi le baroud de déshonneur d’une politique atlantiste aussi dévastatrice qu’inefficace.

Deux fers au feu
Bien évidemment, c’est la résistance des russes, soutenue par les Chinois en particulier et les pays du BRICs en général, qui a enrayé la machine de guerre occidentale.
Depuis l’été déjà, les Américains avaient compris que la réédition d’une opération «à l’irakienne», ou à plus forte raison «à la libyenne», ne serait pas possible sans prendre le risque de déclencher une guerre régionale, voire mondiale.
Face à l’impasse militaire qui persistait en Syrie, des pourparlers avaient donc été engagés
dès ce moment-là avec les Iraniens pour se ménager la possibilité d’une sortie diplomatique.
Histoire de faire monter la pression sur Téhéran dans la perspective d’éventuelles négociations à venir, les USA avaient parallèlement tenté de marquer des points décisifs en Syrie. Pour ce faire, ils avaient congédié le Qatar (juin 2013) pour incompétence et confié la gestion de la guerre à l’équipe saoudienne du Prince Bandar bin Sultan avec pour mission d’augmenter la pression et d’obtenir des résultats tangibles.
On connaît la suite. Le 21 août, c’était la vraie-fausse attaque chimique dans les faubourgs de Damas et le début d’une incontrôlable montée aux extrêmes.

Poutine à la rescousse
Probablement piégé lui-même par l’excès de zèle de son allié saoudien (ou des alliés de son allié saoudien…), Obama n’a alors eu d’autres choix que de soutenir cette montée aux extrêmes, jouant l’intransigeance mais aussi la montre.
Une porte de sortie s’est alors entrouverte avec le
lâchage britannique du 29 août. Soudain très inspiré, Obama s’est empressé d’annoncer deux jours plus tard qu’il était bien décidé à frapper Damas, mais surtout qu’il voulait d’abord l’aval du Congrès, sachant que celui-ci ne le lui donnerait jamais...
Puis ce fut l’épisode des deux missiles tirés contre les côtes syriennes pour tester la chose «au cas où» il faudrait quand même y aller, immédiatement suivi de l’éclatant message russe.
La messe était dite.
Et c’est une semaine plus tard, juste avant que le Congrès n’humilie définitivement Obama, que Poutine est arrivé pour
sauver la tête du président US en sortant de sa chapka son fameux plan de démantèlement de l’arsenal chimique syrien. Plan sur lequel allait se jeter BHO, au grand dam d’un Président-Poire français tout couillon puisque n’ayant absolument rien entendu de ce qui se tramait en coulisses (sans doute à cause du vacarme organisé par les lobbies sionistes autour de l’Elysée…).
Pauvre France…

Colère sioniste
Après avoir fait échouer le premier round des négociations entre l’Iran et le groupe 5+1, le petit Fabius a donc finalement dû se coucher. Les
pétrodollars saoudiens et les pressions israéliennes n’ont en effet pas pesé très lourds face au changement de cap décidé par les Etats-Unis.
Mais désormais, l’échiquier est totalement bouleversé.
L’Etat juif et la monarchie wahhabite saoudienne se retrouvent pour ainsi dire dans le même camp ;
celui des isolés et des grands perdants de cette nouvelle distribution.
Côté israélien, on
ne décolère pas et la première riposte de l’entité sioniste ne s’est pas fait attendre. Au lendemain de la signature de l’accord, Tel Aviv a ainsi donné le coup d’envoi à une relance de la colonisation en Cisjordanie avec le feu vert à la construction de 830 nouveaux logements pour les colons. Le ton est donné et il est clair que Tel Aviv va tout faire pour rallumer toutes les mèches possibles dans les six mois à venir pour torpiller la signature d’un accord définitif entre l’Iran et le groupe 5+1.

Vers la bombe saoudienne ?
Du côté saoudien, on fulmine aussi à plein régime et toutes les options semblent sur la table, y compris la
course à l’arme nucléaire.
Riyad avait déjà fait savoir avant le deuxième round des négociations qu’il ne resterait pas les bras croisés en cas d’accord. Il faut dire que l’Arabie saoudite est doublement bernée.
Mandatée par le Bloc pour conduire la guerre en Syrie, elle se retrouve désormais empêtrée dans un conflit qu’elle va se retrouver seule à soutenir avec la Turquie et… la pauvre France.
Sur le plan géopolitique, Riyad voit aussi s’évaporer ses chances de devenir le gendarme régional qu’elle espérait avec l’écrasement de l’Iran.

L’alliance de tous les dangers
Déjà, une alliance semble en train de se dessiner entre Tel Aviv et Riyad, où le pire est évidemment envisagé avec des collaborations dans
des plans d’attaque de l’Iran. Riyad aurait ainsi déjà accepté d’ouvrir son espace aérien aux Israéliens pour conduire ses raids.
Bref, nous nous retrouvons aujourd’hui avec un accord historique, certes, mais qui impose une redistribution des cartes qui place dos au mur deux régimes extrémistes remontés à bloc, et surtout rompus aux pratiques délinquantes dans leur politique extérieure respective.
Riyad et Tel-Aviv seraient-ils devenus d'encombrants alliés?
A n’en pas douter, les prochains mois seront, disons, décisifs.
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mardi 26 novembre 2013
 

Accord nucléaire : Quelles leçons à tirer pour les régimes arabes? 

 

 


IRIB-  En s'appuyant sur ses capacités internes, et faisant confiance aux alliés puissants qu'il avait bien choisi,
l'Iran ne s'est laissé par intimider par des menaces extérieures et imposé sa puissance aux pays occidentaux.  Dans  un article publié dans le site d'information, Al Ray Al-Youm, l'analyste des questions stratégiques de la région, Abdel Bari al-Atwan, a écrit : «  Livrés à la peur, les pays arabes du Golfe persique sont, en permanence, à la recherche de quelqu'un pour les soutenir. Ils sont inquiets par rapport à toute puissance régionale. Ils avaient peur de la révolution iranienne, dirigée par l'Imam Khomeiny. Donc, ils ont équipé l'Irak et l'incité à faire face à la révolution iranienne. Ils s'étaient fixés comme objectif d'en finir avec cette révolution pour qu'elle  ne s'exporte pas aux côtes occidentales du Golfe persique. Mais, cela n'a pas duré longtemps pour que leur inquiétude devant la révolution iranienne soit terminée, et cette fois-ci, ils sont devenus inquiets quant à la montée en puissance de celui qu'ils avaient choisi pour les sauver, c'est-à-dire, Saddam Hussein. Ils y voyaient une menace contre eux-mêmes. C'est pour cette raison que certains de ces mêmes pays ont assiégé Saddam et l'ont poussé à commettre l'erreur de l'invasion koweïtienne. C'est ainsi qu'un demi-million de militaires américains ont été expédié, après l'invasion irakienne du Koweït, dans la région, non pas pour le chasser du Koweït, mais pour l'humilier et détruire l'Irak. On peut, peut-être, dire que l'inquiétude croissante de ces pays face à l'Iran nucléaire constitue un autre épisode de ce feuilleton. L'Arabie saoudite, qui joue le rôle de leadership des pays arabes du Golfe persique ou qui aime que ces derniers considèrent Riad comme leur grand frère,  était inquiète du développement du programme nucléaire iranien et du taux élevé de l'enrichissement d'uranium dans ce paye. Cette inquiétude a amené le Roi Saoudien a demandé au Président américain d'alors, George W Bush,  à couper la tête de serpent, car l'Arabie Saoudite se comportait comme des chiens de chasse avec les Etats-Unis, mais elle ignorait que ce chien allait vieillir, ses dents allaient bientôt s'arracher, et à force de fatigue, la lâchera, tout seul,  tout en cherchant un nouveau maitre, un nouveau patron pour son troupeau qui serait beaucoup plus généreux ou ses missions seraient moins coûteuses. Le fait qui s'est produit, samedi, à Genève, a fait que l'Iran stoppe l'enrichissement à taux élevé, transformé son uranium enrichi en oxyde de sorte qu'il ne soit plus utilisable à des fins militaires. L'Iran a, aussi, été, interdit à produire toute nouvelle centrifugeuse.  Or, comment les inquiétudes de l'Arabie Saoudite peuvent-elles être justifiées ? De toute évidence,  les inquiétudes de ce pays s'expliquent par le fait de voir se muer en une grande puissance avec qui l'influence régionale doit être partagée, contrairement aux intérêts des Arabes. Nous sommes en désaccord avec le Président de l'Assemblée consultative saoudienne, Abdullah Al-Askar qui dit qu'après l'accord de Genève, le sommeil des habitants du Moyen-Orient sera troublé. Nous, nous pensons, tout à fait, le contraire, car le spectre de la guerre s'éloignera, du moins provisoirement, de la région et toute la région, surtout, les habitants du Golfe persique dormiront, tranquillement. En outre, conformément à cette célèbre parole qui dit «  le bien pourrait être dissimulé dans le mal », cet accord pourrait, peut-être, faire réveiller les Arabes et les Saoudiens du sommeil profond  dans lequel ils se sont enfoncés.   Les autorités saoudiennes, et responsables des autres  pays du Golfe persique devront reprocher avant de formuler des reproches à l'encontre des autres. Ceux-ci, qui avaient l'argent et l'inquiétude, auraient dû compter sur leur humiliation par les Américains, et dès le début, ils auraient dû vérifier, minutieusement, cela. Ils devraient examiner, avec minutie, les positions des Etats-Unis dans la région, identifier leurs priorités, et prendre toutes les précautions nécessaires, dans ce pays, pour trouver des alternatives adéquates, consistant, entre autres, à s'appuyer sur des forces intérieures et à créer le projet de l'élan culturel, politique et militaire avancé, y compris dans le domaine de la technologie nucléaire. Ces jours-ci, les Saoudiens  s'expriment, à travers des milieux secrets,  ou c'est, du moins, ce qui leur est attribué. Ils suivent deux options pour interagir avec les subites évolutions actuelles dans les positions de l'Occident et des Etats-Unis, concernant la reconnaissance de l'Iran en tant que grande puissance régionale et le partage de leur influence avec ce pays. Ils croient que ce processus conduirait à l'isolement de leur allié traditionnel arabe. Ces deux options sont :
Premièrement, l'accès à la bombe nucléaire via le Pakistan et la signature d'un accord bilatéral avec le Pakistan à ce sujet.  Cela étant dit, la bombe nucléaire pakistanaise ne relève pas, uniquement, de la prérogative du gouvernement pakistanais. Sans obtenir le consentement des Etats-Unis, le Pakistan ne peut pas fournir la bombe nucléaire  à l'Arabie Saoudite. Il serait très difficile, pour ne pas dire impossible, d'obtenir le consentement des Etats-Unis. Le programme nucléaire pakistanais, mis au point par les Etats-Unis,  est destiné à être une force de dissuasion face aux bombes atomiques indiennes, acquises en pleine guerre froide,  grâce à l'appui de l'ex-Union soviétique.
Deuxièmement, se coaliser avec Israël. Dans ce cas, l'Arabie Saoudite tentera de confier à Israël, les missions que les Etats-Unis refusent d'accomplir, c'est-à-dire, la destruction des installations nucléaires iraniennes, d'autant plus que l'Arabie Saoudite et Israël partagent des inquiétudes à cet effet.  La coalition avec Israël est une ligne rouge à ne pas franchir. Il n'est pas permis d'y réfléchir, surtout, dans la situation actuelle où l'Iran et ses alliés portent une attention particulière à la question palestinienne et à la mosquée d'Al-Aqsa, même s'il s'agit d'une approche tactique, comme prétendent les Saoudiens.  La troisième option qui existe, mais nous avons vu, ces 20 dernières années, les Saoudiens, l'évoquer, c'est celle de d'appuyer sur les capacités internes arabes, selon la base des stratégies pacifiques et via les programmes à court, à moyen et à long terme. Il faut, également, arrêter de s'appuyer  sur des alliés étrangers et de leur  faire confiance pour des périodes difficiles. Dans ce cas, des milliards de dollars ne seront plus dépensés pour l'achat des armements pour faire face à un ennemi fictif.  personnellement,  j'espérais voir l'Arabie Saoudite être le premier à accueillir l'accord nucléaire  iranien, être le premier pays à envoyer une délégation en Iran pour présenter ses félicitations et entamer, ainsi, ses pourparlers avec les autorités  iraniennes en vue d'accroître et d'approfondir les relations politiques et économiques avec ce pays et d'aller vers le rapprochement confessionnelle pour mettre aux attaques excitantes claniques et communautaires découlant des actes de séditions dans la région. Bien que tardif, cet acte sera productif et utile. Les lamentations ne sont pas une réaction appropriée à l'accord entre l'Iran et l'Occident,  il serait plutôt efficace de passer à une autocritique, de reconnaitre ses omissions, et de porter un regard sur l'avenir en vue de resserrer les rangs arabes, de réaliser l'égalité, la justice et de marcher vers le respect des droits des nations, la distribution équitable des richesses et la lutte contre la corruption.
 
 
UNE PETITE INFLEXION
 
 
 
 
 …
par M. Saadoune
Petit vent de panique en Israël après la signature de l'accord intérimaire sur le nucléaire iranien : le blocage français est sans lendemain et les Américains font ce qu'ils veulent. Même si les Israéliens vont tout faire pour rattraper le coup et mobiliser leurs lobbies, c'est une première. L'évaluation de la possibilité d'un accord n'est pas passée par le prisme israélien, c'est indéniablement un échec pour Netanyahu.

Aux Etats-Unis, le poids du lobby israélien n'a pas empêché, en 2006, deux professeurs américains de sciences politiques, John J.Mearsheimer et Stephen M.Walt, de faire des constats sacrilèges. A savoir que la politique américaine au Moyen-Orient n'est basée ni sur des intérêts stratégiques, ni justifiée par des impératifs moraux, mais qu'elle est très largement influencée par les activités du lobby israélien. Les deux professeurs ont bien entendu été étripés mais ils ont survécu, le droit à l'expression étant plus protégé aux Etats-Unis qu'en Europe. Ces deux professeurs avaient osé dire que le lobby israélien a réussi à mener la politique étrangère américaine aussi «loin de ce que l'intérêt national américain recommanderait, tout en réussissant à convaincre les Américains que les intérêts des Etats-Unis et d'Israël sont à peu près identiques».

Il n'est pas certain que les idées des deux professeurs sont devenues celles de la Maison Blanche. De manière prosaïque, on peut lier cette décision de déplaire à Tel-Aviv au fait que Barack Obama est en deuxième mandat et n'a pas de souci de réélection. Ni même le souci de voir Hillary Clinton lui succéder. Sans compter qu'il existe une vraie antipathie entre lui et Benyamin Netanyahu. Ce sont des aspects qui entrent en compte sans être déterminants. L'accord avec l'Iran n'est pas irréversible et il peut être remis en cause. Il suffirait de poser des exigences difficilement acceptables pour la partie iranienne pour y parvenir. C'est pour cela qu'il est prématuré de parler d'échec israélien - ou saoudien - à maintenir Washington dans une ligne d'hostilité totale à l'égard de Téhéran.

Il n'en reste pas moins qu'en allant à l'encontre des désirs israéliens, Barack Obama a signifié, pour la première fois depuis qu'il est arrivé au pouvoir, que la politique des néoconservateurs au Moyen-Orient n'est pas inscrite dans le marbre. Très décevant sur le dossier palestinien où il a été obligé de reculer sur la question de la colonisation, Barack Obama esquisse une petite inflexion qui va dans le sens de sa vision proclamée. Plus l'Iran est intégré dans le jeu et plus il est possible de le «modérer» et de lui faire jouer un rôle positif. Et il y a aussi le constat, pas nouveau, qu'une attaque éventuelle des sites nucléaires iraniens serait totalement contre-productive. Il est désormais impossible de «balayer» le savoir-faire iranien. Il faut donc conclure un accord avec les Iraniens.

Ce sont des idées qui n'ont rien d'extraordinaire en soi, certains pourraient dire qu'elles sont une évidence, l'expression même du réalisme. Mais la politique des Etats-Unis passant totalement par le prisme israélien, le réalisme n'avait pas de droit de cité. Cette petite «inflexion» de la politique à l'égard de l'Iran est probablement à mettre en rapport avec l'autonomie énergétique des Etats-Unis qui fait perdre, peu à peu, au Moyen-Orient son caractère stratégique. Du moins au plan de l'énergie qui est centrale dans la politique des Etats-Unis. La panique des dirigeants saoudiens à l'égard de cette politique américaine en est un indice.

 
lundi 25 novembre 2013
 

Hollande, sioniste de toujours

 

 

 par Thierry Meyssan


IRIB-Certains commentateurs ont expliqué la position française lors des négociations 5+1 avec l’Iran
comme dictée par l’Arabie saoudite, ou encore en faisant référence à la judéité de son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. C’est ignorer que la politique française au Proche-Orient a profondément changé en neuf ans. Tout a commencé, en 2004, avec la rupture entre Jacques Chirac et Bachar el-Assad. Le président syrien avait promis à son homologue français de favoriser Total lors d’un appel d’offres. Mais, lorsque la proposition française parvint au palais, elle était si désavantageuse pour le pays que le président se ravisa. Furieux, Jacques Chirac rompit avec la Syrie et présenta la résolution 1559 au Conseil de sécurité.
Puis, les Français élirent Nicolas Sarkozy sans savoir qu’il avait été partiellement élevé par un des principaux chefs de la CIA, Frank Wisner Jr. Non content d’avoir été fabriqué par les États-Unis, il s’était découvert des origines juives et avait cultivé ses relations israéliennes. Sa politique internationale était dictée par Washington, mais comme à l’époque il n’y avait pas de différence entre celle d’Israël et celle des États-Unis, il apparut seulement comme faisant bloc avec eux.
François Hollande avait été désigné durant 10 ans comme secrétaire général de son parti en raison de sa médiocrité : ne dirigeant aucun courant et n’étant vassal d’aucun leader, il pouvait tenir la maison en maintenant un équilibre entre les prétendants à l’Élysée. Il s’attacha à ne jamais avoir d’opinion personnelle, à rester le plus transparent possible. De sorte que durant sa campagne électorale présidentielle chacun crut avoir affaire à un homme modéré qui saurait s’entourer de personnalités éprouvées. Ses électeurs en sont les premiers meurtris.
La réalité de François Hollande ne se révéla qu’une fois parvenu à l’Élysée. Expert en politique intérieure, il ne connaît pas grand-chose aux relations internationales. Dans ce domaine, ses convictions lui viennent d’illustres personnalités socialistes.
Ainsi, a t-il placé son investiture sous les auspices de Jules Ferry, théoricien de la colonisation. Dans Le Figaro, son ami, le président israélien Shimon Pérès l’a comparé élogieusement à Léon Blum et à Guy Mollet, bien que celui-ci ne soit plus populaire en France. En 1936, le premier avait proposé de doubler le Royaume-Uni en créant l’État d’Israël au Liban, qui était alors sous mandat français. En 1956, le second tenta de s’emparer du Canal de Suez avec l’aide de l’armée israélienne.
Durant ses dix années à la tête du Parti socialiste, François Hollande a limité ses interventions sur le Proche-Orient, dont voici un bref florilège :
• En 2000, alors que le Sud du Liban est occupé, il prépare avec Bertrand Delanoe le voyage du Premier ministre Lionel Jospin en Palestine. Son discours comprend une condamnation du Hezbollah qu’il assimile à un groupe terroriste.
• En 2001, il exige la démission du géopoliticien Pascal Boniface, coupable d’avoir critiqué dans une note interne le soutien aveugle du Parti à Israël.
• En 2004, il écrit au Conseil supérieur de l’Audiovisuel pour remettre en cause l’autorisation d’émettre donnée à Al-Manar. Il ne cessera ses pressions qu’une fois la chaîne de la Résistance censurée.
• En 2005, il est reçu à huis clos par le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Selon le compte rendu de la réunion, il aurait apporté son soutien à Ariel Sharon et aurait vivement critiqué la politique arabe gaulliste. Il aurait déclaré : « Il y a une tendance qui remonte à loin, ce que l’on appelle la politique arabe de la France et il n’est pas admissible qu’une administration ait une idéologie. Il y a un problème de recrutement au Quai d’Orsay et à l’ENA et ce recrutement devrait être réorganisé ».
• En 2006, il prend position contre le président Ahmadinejad qui a invité à Téhéran des rabbins et des historiens, dont des négationnistes. Il feint d’ignorer le sens du congrès, qui visait à montrer que les Européens avaient substitué la religion de l’Holocauste à leur culture chrétienne. Et, à contre-sens, il explique que le président iranien entend nier le droit des Israéliens à exister et qu’il s’apprête à poursuivre l’Holocauste.
• Il se mobilise pour la libération du soldat israélien Gilad Shalit, au motif que celui-ci dispose de la double nationalité française. Peu importe que le jeune homme ait été fait prisonnier alors qu’il servait dans une armée d’occupation en guerre contre l’Autorité palestinienne, également alliée de la France.
• En 2010, il publie avec Bertrand Delanoe et Bernard-Henri Lévy, une tribune libre dans Le Monde pour s’opposer au boycott des produits israéliens. Selon lui, le boycott serait une punition collective, infligée aussi aux Israéliens qui œuvrent à la paix avec les Palestiniens. Un raisonnement qu’il n’avait pas tenu lors de la campagne similaire contre l’apartheid en Afrique du Sud.

En définitive, avant le rapprochement franco-saoudien, et même avant d’être président, François Hollande avait déjà exprimé son soutien à l’État colonial israélien. Et il avait déjà condamné l’Axe de la Résistance (Iran, Syrie, Hezbollah). La vérité est donc inverse : appliquant l’Accord du Quincy, l’Arabie saoudite s’est rapprochée de la France en raison de sa politique pro-israélienne.
La politique du Parti socialiste en général et de François Hollande en particulier trouve ses racines dans le colonialisme du XIXe siècle, dont Jules Ferry fut un héraut et Theodor Herzl un promoteur. Aujourd’hui, les sionistes du parti se sont regroupés à l’initiative de Dominique Strauss-Kahn au sein du discret et puissant Cercle Léon Blum… dont le président d’honneur, Jean-Marc Ayrault, est devenu Premier ministre de François Hollande.
Thierry Meyssan
Source Al-Watan (Syrie)

 
 
TEL-AVIV - RYAD: LA CONVERGENCE DES MECONTENTS 
 
 
 
 
par M. Saadoune
Personne n'est surpris de voir Israël, seule puissance nucléaire dans la région, réagir en hurlant au loup après l'accord intérimaire sur le nucléaire iranien conclu à Genève. Dans les commentaires des lecteurs sur les sites des médias internationaux, on rencontre la même formule, à la virgule près : si Israël dénonce l'accord, c'est qu'il a du bon. Même si les médias occidentaux sont très pro-israéliens, les lecteurs, eux, ne sont pas dupes. Israël ne voulait pas d'un accord mais d'une guerre.

Le forcing français du précédent round n'aura pas réussi à entraver l'action diplomatique et la quête d'une solution acceptable. Il y avait - et il y a toujours - un terrain d'entente car l'Iran a constamment affirmé que la bombe n'est pas son objectif. Mais les Iraniens ont constamment répété que les Occidentaux ne peuvent, pour complaire à Israël, exiger d'eux un renoncement aux droits reconnus par le Traité de non-prolifération (TNP). Dans certains médias occidentaux, on a pu lire l'argutie que le TNP ne mentionne pas le «droit à l'enrichissement». C'est un renversement absurde sur lequel s'est fondée la diplomatie occidentale. Absurde car le TNP étant par nature fondé sur un engagement volontaire pour la non-prolifération assorti à un droit reconnu et affirmé au nucléaire civil. Le droit à l'enrichissement de l'uranium en fait partie.

Une interdiction de l'enrichissement ne serait valable que si elle est expressément mentionnée dans le traité. Ce n'est pas le cas. L'Iran a accepté de se limiter à un niveau de 5% mais n'a pas renoncé à continuer à faire de l'enrichissement et sur son territoire. C'est une reconnaissance d'un droit qui était injustement contesté. Et il faut le dire, en refusant d'accepter une interdiction absolue de l'enrichissement, l'Iran sauve la mise pour les autres signataires du TNP. Que les garanties de transparence et de surveillance par l'AEIA soient affirmées est une bonne chose. Mais qu'une interdiction de l'enrichissement soit décrétée en dehors du TNP était exorbitant. L'Iran ne l'a pas accepté et a empêché de créer un fâcheux précédent. Tous les signataires du TNP ne feront pas dans l'enrichissement, cela est certain. Mais l'interdiction, décrétée par un «club» fermé, ne fera pas force de loi.

L'IRAN A PAYE CHER EN TERMES DE SANCTIONS MAIS A SAUVE L'ESPRIT ET LA LETTRE DU TNP. LE COMPROMIS NEGOCIE COMPORTE DE VRAIES CONCESSIONS MAIS IL N'A RIEN D'HUMILIANT. ET SURTOUT IL NE TRANSIGE PAS SUR LE DROIT AU NUCLEAIRE ET AU SAVOIR TECHNOLOGIQUE DONT ON VOULAIT LE PRIVER. LA DIPLOMATIE IRANIENNE - IL EST VRAI DEBARRASSEE DU BOULET DE L'INTEMPESTIF AHMADINEJAD - A REUSSI, MALGRE UNE PROPAGANDE HOSTILE ET FEROCE, A CLARIFIER LES ENJEUX. UN MEMBRE DE LA CHOURA EN ARABIE SAOUDITE, ABDULLAH AL-ASKAR, EST DANS LE MEME ETAT D'ESPRIT QUE NETANYAHU. SELON LUI, LES GENS DU MOYEN-ORIENT VONT «PERDRE LE SOMMEIL» APRES L'ACCORD SUR LE NUCLEAIRE IRANIEN. IL NE SEMBLE POURTANT PAS PARTICULIEREMENT INQUIET SUR LE FAIT QU'ISRAËL DISPOSE «EFFECTIVEMENT» D'AU MOINS DEUX CENTS TETES NUCLEAIRES. LA HAINE ANTI-CHIITE FAIT PERDRE LA RAISON A «L'ANALYSTE» SAOUDIEN. CERTES, IL NE S'AGIT PAS D'UN OFFICIEL, MAIS IL EXPRIME BIEN LA TENDANCE DU REGIME A VOIR DANS L'IRAN UNE MENACE ET DANS ISRAËL UN QUASI-ALLIE. QUI SONT DEJA EN CAMPAGNE CONTRE UN ACCORD DEFINITIF.

 
dimanche 24 novembre 2013
 

Le bluff médiatique israélien sur le nucléaire iranien

 

 

 

PHO5e547f9a-292a-11e3-a9a7-380e15aa9404-805x453Voici des semaines que Netanyahou se démène pour faire échouer tout accord avec l’Iran. Son argumentation, toujours la même depuis des années et reprise, non seulement par tous les média, mais aussi par les analystes géopolitiques, est essentiellement, uniquement et exclusivement la crainte de voir l’Iran se doter de l’arme nucléaire.
Selon lui, l’Iran dispose du savoir-faire, des matériaux, de l’infrastructure et, surtout de la volonté de fabriquer sa bombe nucléaire ‘’dans quelques mois’’, et ce depuis une bonne décennie. Israël n’a pas lésiné sur les faux rapports, les indiscrétions de ‘’services de renseignement’’, les ‘’fuites’’ de l’AIEA, pour nous prouver que hier c’est ‘’dans six mois’’, que demain c’est aujourd’hui et qu’aujourd’hui c’est hier ou… demain, bref, que le temps ne fait rien à l’affaire. Seul ce que dit Israël compte ici et maintenant : l’Iran peut et veut sa bombe ‘’dans six mois’’. La réalité est ce qu’Israël dit être la réalité. Ce qui s’est passé dans le temps ou ce qui se passe aujourd’hui n’est pas la réalité. Dans ce cas précis, comme dans d’autres, aucune réalité ne peut être acceptée si Israël ne l’a pas validée comme telle.
Dans le cas de l’Iran, que veulent les israéliens ? Netanyahou est plutôt transparent là-dessus. Il fait tout pour maintenir artificiellement un état permanent de tension. L’Iran est un ennemi dangereux contre les attaques duquel il faut sans cesse se mobiliser. Des attaques ? Quelles attaques ? Le catalogue israélien est relativement fourni : Argentine, Bulgarie, en Israël même, toutes les actions du Hamas et du Hezbollah en général. Mais la plus grosse attaque de sa courte Histoire à laquelle Israël a eu à faire face est cette déclaration de Mahmoud Ahmadinejad dans laquelle les israéliens ont voulu lire que l’Iran s’apprête à ‘’rayer Israël de la carte’’. C’était faux, mais la réalité n’est-elle pas ce qu’Israël décrète comme telle ? Devant cette terrible ‘’réalité’’ nous avons assisté à une guerre redoublée contre l’Iran pour éviter l’annihilation de l’état hébreux. Guerre médiatique d’abord, où Israël faisait les questions et les réponses, c’est-à-dire menait lui-même les attaques et les ripostes de l’ennemi, maintenant une atmosphère d’apocalypse. Parallèlement à l’offensive médiatique, le premier ministre israélien conduisait une guerre économique consistant à asphyxier l’économie iranienne par des embargos successifs qui ne pouvaient laisser les autorités iraniennes sans réactions qui, elles-mêmes, servaient à alimenter et renforcer la hasbara.
On est bien loin du nucléaire. Si l’on tient compte des objectifs réels de Netanyahou, on se rend compte que, même si l’Iran renonçait entièrement au nucléaire, même civil, et démantelait toutes ses centrales, Israël se hâterait de trouver quelque chose pour maintenir la situation de conflit. Pour ce faire, quel meilleur moyen que l’embargo qui, en lui-même, est une sorte de déclaration de guerre, et qui a l’avantage d’obliger l’Iran, quelles que soient ses dispositions pour la paix, à réagir comme tout pays attaqué. Et Israël, avec la complicité des médias internationaux, est passé maître dans l’art de faire passer une défense comme une agression.
Mais la RII ne renoncera pas à son nucléaire civil auquel il a droit. S’il voulait une bombe, il y a longtemps qu’il l’aurait eu. L’Iran nous a montré qu’il n’était pas un manchot en matière de technologies. Quand la France et l’Allemagne vont acheter leurs drones aux Etats-Unis ou en Israël, l’Iran fabrique les siens. Quand beaucoup de pays développés vont à Kourou, à Cap Canaveral ou à Baïkonour pour lancer leurs satellites, qu’ils font souvent construire par d’autres, l’Iran lance ses propres satellites par ses propres fusées. Ce n’est donc pas la capacité qui lui manque pour fabriquer la bombe atomique. La réalité c’est que les iraniens n’en veulent pas. Et même s’ils en voulaient, ils sont liés par une fatwa qui les empêche même de l’envisager.
Est-ce vraiment si difficile à comprendre ? L’attitude de l’occident vis-à-vis des fatwas est plutôt bizarre. Quand il s’agit d’une fatwa d’un petit chefaillon religieux frère musulman, takfiriste ou wahabite, tous les médias s’empressent d’en souligner le caractère sacré, incontournable par tout musulman qui se respecte, lui conférant une nature universelle dans le monde islamique. Mais la Fatwa de l’imam Khomeiny, elle, n’a aucune signification, même pas auprès des iraniens. Quelle différence entre ces deux types de fatwas ? Celle qui est universalisée, et crue par tout le monde, est celle qui fait peur ou qui est complètement farfelue. La fatwa de paix, celle qui prône l’entente et la concorde, ne peut être recevable. Ne nous a-t-on pas présenté les fatwas, depuis Salman Rushdie (avec le concours massif d’un certain BHL), que comme une arme maléfique aux mains d’obscurs ennemis de la civilisation ?
Et pourtant, la fatwa interdisant la nucléarisation existe bel et bien et est prise très au sérieux par les iraniens, tout comme les catholiques d’antan prenaient au sérieux les Bulles du Pape, autre forme de fatwas. Malgré cela, Netanyahou persiste à nous faire croire que la seule obsession de l’Iran est d’obtenir l’arme nucléaire.
Admettons. Supposons que les dirigeants iraniens soient tous des cinglés sans foi ni loi (ce qui est déjà loufoque), et qu’ils veuillent fabriquer leur bombe. On a déjà vu qu’ils en ont les moyens techniques, scientifiques et financiers depuis bien longtemps. Qu’est-ce qui fait qu’ils ne l’ont pas encore ? Ce ne sont certainement pas les sanctions qui les en empêchent, ni la peur d’une hypothétique attaque d’Israël qui ne peut se traduire que par quelques malheureux raids aériens extrêmement risqués qui, de toute façon, seront sans commune mesure avec les 8 ans de guerre intensives contre l’Irak armé et soutenu par l’Occident et les pays du Golfe. Ce serait à peine un mini remake vite réglé. Dans cette hypothèse donc, avec les moyens dont ils disposent, la bombe serait déjà en leur possession et ils l’auraient fait savoir haut et clair pour que l’arme prenne sa valeur dissuasive.
Paradoxalement, c’est parce qu’ils ne veulent pas du nucléaire militaire que Netanyahou peut nager dans le bonheur et reconstruire la réalité à sa manière. Malheureusement, les pays occidentaux décrochent les uns après les autres. Pour des raisons qui nous échappent, les Etats-Unis ont décidé de passer outre les ‘’réalités’’ israéliennes, ou d’en ignorer les conséquences supposées, et d’avancer vers la normalisation des relations avec l’Iran. Que peut faire Netanyahou contre ce virage ? Rien. Il pourra tout juste en ralentir le processus, mais ne pourra rien empêcher si Washington est vraiment décidé.
Que deviendra Israël sans sa guerre virtuelle contre l’Iran ? Avec le règlement du conflit syrien qui se profile à l’horizon, il n’aura plus de réels ennemis dans la région. Sans ennemis du ‘’monde libre’’ au Moyen-Orient, Israël ne sert plus à grand-chose et pourrait être appelé à disparaître. C’est peut-être de ça dont Netanyahou a peur.
Avic

 
 
Accord à Genève: l’enrichissement de l’Iran reconnu, les sanctions allégées
L’équipe du site
Accord à Genève: le Après quatre jours de négociations marathon sur le programme nucléaire de Téhéran, les 5+1 et l'Iran sont parvenus à un accord au milieu de la nuit de samedi à dimanche à Genève.
Après plusieurs heures de blocage sur le "droit'" à l'enrichissement de l'uranium pour l'Iran, un accord a été finalement annoncé.
"Nous sommes parvenus à un accord" a écrit sur le réseau social Twitter Michael Mann, le porte-parole de la diplomate en chef de l'Union Européenne Catherine Ashton, qui menait les négociations, mandatée par l'ONU et les 5+1. Michael Mann n'a pas donné de détails.
Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, a pour sa part annoncé sur Twitter : "Nous sommes parvenus à un accord", a-t-il écrit.
Le "programme d'enrichissement reconnu"
Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad ZarifS'exprimant devant les journalistes, à l'issue des négociations, M. Zarif a expliqué que cet accord est "un résultat important  mais c'est seulement un premier pas".
"Nous avons mis en place une commission conjointe pour surveiller la mise en place de notre accord. J'espère que les deux parties pourront avancer d'une façon qui permettra de restaurer la confiance", a-t-il dit.
Accord à Genève: le M.Zarif a en outre précisé que l'accord contient une "référence claire selon laquelle l'enrichissement va continuer" en Iran, une question qui a été considérée longtemps comme la principale pierre d'achoppement des négociations.
"Nous estimons que c'est notre droit", a ajouté le ministre iranien, qui a été applaudi à son entrée dans la salle de presse par les nombreux journalistes iraniens venus à Genève pour ces négociations.
"Notre objectif a été de résoudre cette question nucléaire", car c'était "un problème qui n'était pas nécessaire", a-t-il poursuivi.
Le ministre a encore indiqué qu'il espérait que "la confiance du peuple iranien envers les pays occidentaux" allait être restaurée suite à cet accord.
"Le droit à la technologie nucléaire est un droit inaliénable", a encore indiqué le ministre, en ajoutant que le "combat que nous avons mené depuis plusieurs années avait pour but que la communauté internationale reconnaisse" que l'Iran exerce ce droit.
"Nous pensons que cet accord et le plan d'action" signifie que "le programme nucléaire iranien va continuer", a-t-il conclu.
S'exprimant plus tard devant la presse iranienne, il a salué "l'immense
succès de notre pays" car selon lui le document "reconnait le droit de l'Iran à
l'enrichissement". Celui-ci est selon lui "compris dans le TNP qui reconnait le
droit à la technologie nucléaire civile d'une manière générale".

"Les activités d'enrichissement à Natanz et Fordo vont se poursuivre. Le
nombre des centrifugeuses (dans les deux sites) ne va pas changer. Le stock
(d'uranium enrichi) à 5% sera préservé et le stock à 20% va être transformé en
combustible pour le réacteur de Téhéran, selon nos besoins et nos plans", a
souligné M.Zarif.

Le texte de l’accord
Le document de l'accord, publié par le site d'information iranien Irib, comporte quatre pages dont une consacrée aux sanctions.
Selon le texte, les 5 + 1 n'adopteront pas de nouvelles sanctions contre l’Iran. Les sanctions pétrolières contre l'Iran seront suspendues, le niveau de vente du pétrole actuel de l'Iran sera maintenu et les revenus pétroliers seront débloqués.
Les sanctions pétrochimiques seront entièrement levées et le secteur automobile iranien sortira également du régime des sanctions.
Le boycott sur l'or et les métaux précieux ainsi que les sanctions sur le secteur d'assurance lié au pétrole seront également éliminées.
Le droit iranien à l'enrichissement de l'uranium iranien figure à deux reprises dans le texte.
Les sites nucléaires iraniens seront maintenus, et les réacteurs de Fordo et d'Arak continueront leurs activités.
Mais, que va faire l'Iran ?  Pendant six mois, les activités nucléaires iraniennes à Arak, Natanz et Fordo ne s'amplifieront pas , mais l'enrichissement se fera à moins de 5%. Par contre, les travaux de recherche nucléaire se poursuivront.
L’enrichissement de l'uranium à 20% sera suspendu pendant six mois, mais l'Iran conservera la totalité de ses réserves en uranium enrichi sur son territoire sans en exporter un iota à l'étranger.
Rappelons que les 5+1, les Etats unis, la Russie, la Chine, la France, la Grande Bretagne et l'Allemagne ont négocié depuis mercredi à Genève avec l'Iran à la recherche d'un accord intérimaire de six mois, qui apporterait des garanties sur le caractère pacifique du programme nucléaire iranien avec en contrepartie un allégement "limité" de sanctions imposées contre l’Iran.
Les ministres des 5+1 ont rejoint samedi les négociateurs.
Dans les dernières heures les discussions ont été bloquées sur la question du "droit" à l'enrichissement de l'uranium pour l'Iran.
L'Iran veut une référence explicite à son droit à l'enrichissement d'uranium dans l'accord en discussion avec les grandes puissances à Genève, a affirmé dans la nuit le négociateur en chef iranien Abbas Araghchi.
 
"Si vous n’y prenez pas garde, les journaux finiront par vous faire haïr les opprimés et adorer les oppresseurs." Malcom X

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