ELWATAN-ALHABIB
lundi 30 septembre 2013
 

Djameleddine Benchenouf aux journalistes qui défendent le DRS :

 

 

 

 

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Djameleddine BenchenoufLe journaliste et activiste Djameleddine Benchenouf a mis en ligne une vidéo qu’il a réservée à ses confrères en Algérie qui ont opté pour la défense des officiers du DRS récemment remerciés par le président Bouteflika.
Révolté par leurs plaidoiries emphatiques inattendues, monsieur Benchenouf leur adresse une sévère réprimande et leur rafraîchit la mémoire avec quelques-uns des méfaits du DRS. Loin de défendre le clan présidentiel, il dira en substance que pire corrupteur que les hommes du DRS, il n’y en a pas, malgré la grande corruption qui s’est propagée pendant le règne de Bouteflika. La source du mal c’est eux, laisse-t-il entendre. Il exprima sa déception de trouver parmi ces désinformateurs de grandes plumes et surement des confrères qu’il respectait et qu’il croyait sincères.
Avec le même ton désapprobateur, l’activiste en exil depuis de longue date évoquera la question du 4e mandat. Il considère que cette question est un leurre grossier et une prétexte bidon qui cache des desseins inavoués.




Commentaire:

Amar a dit:

Le DRS : « ORGANISATION CRIMINELLE » et « MAFIA TENTACULAIRE ».
Ceci ressemble à une lapalissade : le serpent demeure un serpent en dépit de ses mues ! Pourtant, c’est une vérité : le Régime militaro-mafieux d’Alger avait procédé à plusieurs reprises à des changements d’appellation pour son « organe répressif » principal. Et ce n’est pas anodin ou sans intérêt, mais plutôt pour brouiller les pistes, et tenter d’atténuer les très mauvaises associations liées à sa nature et son passé amplement criminel et mafieux, comme partout ailleurs dans le monde les officines semblables ont changé de « logo » pour mieux tromper et leurrer. Mais, les observateurs avertis ne se trompent sur la véritable mission de cette « machine à broyer les hommes et les femmes patriotes » de ce pays.
Le DRS : « organisation criminelle » et « mafia tentaculaire »
Le DRS n’est pas le DRS s’il ne sème pas la terreur ! Exactement comme la Gestapo. Cette dernière a été définie et qualifiée « organisation criminelle » par le Tribunal de Nuremberg. Ainsi va du DRS, dont la logique principale, la marque spécifique de la dite Police politique du Régime militaro-mafieux d’Alger est « la violence meurtrière permanente ». Ce « modèle gestapiste » de la violence extrême est celui emprunté par toutes les Polices politiques des Régime militaires post 1945, en Europe (Grèce, Espagne, Portugal…) et en Amérique latine (Chili, Argentine,…). Et c’était en fin connaisseur, de l’intérieur même de la « boîte » que Mécili disait en 1962 déjà : « Le MALG va dévorer l’Algérie ! »…..
Assassinats, massacres, tueries, attentats, rapts, kidnappings, la manipulation massive des extrémistes de tous bords (islamistes, baassistes, séparatistes, régionalistes, etc.), et toutes autres sortes de crimes dans son parcours. Faut-il rappeler aussi qu’à sa naissance, les Généraux français n’avaient ressenti aucune inquiétude : ils savaient que le MALG de Boussouf est conçu pour exercer le contrôle et la surveillance de la société, de la population « indigène ». Et c’était au plus fort de la Guerre d’indépendance que le criminel Boussouf avait commencé ses besognes sanguinaires, ciblant les héros du mouvement libérateur : Abbane, Mellah, Amirouche, Zighout et autres grandes figures de la Résistance contre la barbarie coloniale… La liste est longue de ces Grands Hommes tombés sous les balles et/ou les tortures du MALG, de la SM, puis du DRS. Et combien de mouvements, de protestations ont été cassés, dont la Grève des dockers d’Alger en 1976, le Printemps berbère et ses suites, le Printemps noir 2001et ses 121 victimes, les 250 000 victimes de la Guerre civile, instiguées et planifiée par le Cabinet noir, et mise en pratique par le DRS. Les 20 000 disparus, 40 000 veuves, 300 000 orphelins, 900 000 exilés, xxx 000 milliards de dégâts matériels et logistiques font aussi partie de la comptabilité macabre induite par la » Stratégie de la tension » érigée par les Maitres du DRS (1991-2013)….Cette collection d’horreurs pourra être consignée dans un « Grand Livre noir des Crimes de la Dictature militaire d’Alger ».
La Police politique a toujours été la « cheville ouvrière » des Coups d’Etat successifs depuis 1956, qui consacrent la victoire et l’emprise du Clan fort. Le Pouvoir dictatorial militaire repose sur un « trépied » : primo, le DRS ; secundo : le Commandement militaire (DRS + Etat-major) ; tertio, les Clans rivaux, unis contre la population civile, (bien que) désunis entre eux, en raison de l’immense butin à partager, le Clan fort étant le Clan le plus fortement amarré/arrimé/accroché au DRS… Le Régime militaire forme un « mouvement d’intérêts communs », selon la formule Wébérienne : ses membres, franges et factions sont animés par des réflexes et des sentiments de solidarité clanique, familiale et idéologico-politique construits durant 50 ans….Pour une nette et meilleure précision sur les termes et les notions, il faut dire que ce sont les Maitres du DRS et les Généraux de l’Etat-major ( la Hiérarchie) qui commandent, et non l’Armée (l’Institution militaire, cadre institutionnel).
De nos jours, le DRS s’est mué en « mafia tentaculaire », « ramifié » à tous les domaines d’activité sécuritaire, politique, économique, sociale et associative, et tissé sa « toile d’araignée », son quadrillage partout : institutions, associations, entreprises, sociétés, tous les secteurs, à tous les stades et échelons. Ses agents et correspondants ont pour domaines de prédilection : le commerce extérieur, l’import-export, le trabendo, les trafics en tous genres, le proxénétisme, la prostitution, les hôtels de passes, les lieux de débauche, les bars et restaurants, la drogue, le net, les sites, les blogs, les médias, la presse, les radios, partis, associations, le BTP et autres secteurs où ça rapporte énormément d’argent, l’argent comme autre instrument de domination. Le DRS recrute fortement dans les institutions (facs, lycées, hôpitaux, usines, administrations, entreprises) convoitées quotidiennement par les flux importants de populations, ces populations que le Régime militaire considère comme « l’ennemi intérieur », l’ennemi à abattre, et tient à le surveiller, le contrôler, l’embrigader, le terroriser, le régenter et l’empoisonner par la propagande et l’intox. Son « système concentrationnaire » constitue la « 49° Wilaya » : bagnes, prisons, redoutes, cachots, caves…..où ses sbires assoiffés de sang pratiquent « la torture généralisée », héritée de triste mémoire, celle des sinistres pratiques d’Aussaresses, Le Pen, Godard, Léger et compagnie …
Le DRS est « partout et nulle part » ! Partout, du fait de son quadrillage systématique. Nulle part en raison de son organisation et sa structuration secrètes, invisibles, imperceptibles…mais décelables !
Le DRS est le Pouvoir réel, le Sommet de la « Pyramide du pouvoir », c’est l’Enclave autoritaire principale, la Main de fer des Généraux, leur Bras politique, la Colonne vertébrale et l’Epine dorsale du Régime militaire, son Syndicat du crime, son Fer de lance, son Cœur et son Cerveau, son Centre névralgique, son Mur de soutènement, sa Digue de protection, sa Force d’interposition……contre tout ce qui peut menacer les intérêts de la « caste militaro-mafio-bureaucratique » qui détient le Pouvoir dictatorial, total, intégral, absolu..…

 
 

Le président, le général et... le coq 
 
 
 
 
par M. Saadoune
Moncef Marzouki a clairement laissé le militant supplanter le chef de l'Etat en demandant la libération du président déchu Mohamed Morsi et les prisonniers politiques en Egypte. Les militants des droits humains - il en était - lui reconnaîtront un certain panache en ne laissant pas les contraintes - lourdes - de sa fonction le contraindre à la langue de bois. Il était prévisible que ses propos provoquent l'ire des militaires égyptiens qui tentent de présenter la situation dans leur pays sous l'angle, contestable, d'un combat contre le terrorisme.

Dans un contexte très propagandiste où le général Al-Sissi tente de se donner la stature de Nasser - hier c'était la commémoration de son décès -, l'Egypte a, de manière prévisible, choisi de réagir avec vigueur. Après avoir publié un communiqué accusant Marzouki d'avoir tenu des propos qui vont à l'encontre de la «volonté du peuple égyptien» qui veut un «Etat démocratique et tolérant», chose que l'Egypte «souhaite» à la Tunisie, Le Caire a décidé de rappeler son ambassadeur en Tunisie. Marzouki s'est déjà exprimé au moment du coup d'Etat en Egypte contre «l'ingérence politique de l'armée égyptienne» qui, avait-il souligné, «exacerbera la crise et ouvrira la porte à la violence et renforcera l'extrémisme». Mais à l'évidence, ses propos sonnent de manière plus insupportable aux militaires égyptiens et à leurs soutiens dans la classe politique alors que l'effort, laborieux, est mis pour valider la lecture «terroriste» de la crise dans le pays.

Moncef Marzouki est sans doute approuvé par les défenseurs des droits humains mais il était prévisible que sa sortie soit critiquée en Tunisie. Le climat politique tunisien est tel que ceux qui dénoncent en permanence - et souvent avec mauvaise foi - l'alliance de Marzouki avec les islamistes ne pouvaient rater l'opportunité. Mais il peut aussi être critiqué, de manière plus modérée, par les défenseurs des traditions de la pondération et de la prudence de la diplomatie tunisienne. Les arguments de ces derniers sont, sur le fond, beaucoup plus pertinents aux yeux de beaucoup de Tunisiens que les attaques «idéologiques» que subit le président tunisien. Il est clair qu'être président et conserver un franc-parler de militant ne peut que susciter des ennuis et faire des vagues.

Mais dans cette affaire tuniso-égyptienne et tuniso-tunisienne, le plus étrange a été la sortie des Emirats arabes qui ont décidé de rappeler leur ambassadeur à Tunis pour protester contre l'appel du président tunisien à la libération des détenus politiques égyptiens. Certes, les Emirats et l'Arabie Saoudite ont immédiatement investi dans le coup d'Etat égyptien, mais la sortie des dirigeants émiratis est pour le moins grotesque et incongrue. A plus forte raison quand la presse des émirats fixe à «tous» le devoir de «soutenir la nouvelle direction égyptienne arrivée au pouvoir par une forte volonté populaire». C'est tellement grandiloquent que la seule réaction qui vient est celle de la version de la fameuse boutade : «quand la poule pond, le coq a mal à la tête».
 
dimanche 29 septembre 2013
 
C’est en Syrie que se dessine la carte du nouvel ordre mondial…Celle des peuples 

Nul doute que l'entité sioniste tire un grand profit de l'état de dislocation et des conflits qui se déroulent dans le monde arabe, surtout à l’ombre de ce qu'on appelle le «Printemps arabe». Pourtant, cela ne cache pas la réalité selon laquelle «depuis 1948, le monde arabe n'en était pas moins favorable aux exigences du projet sioniste».

Il est vrai que l'attitude arabe vis-à-vis de la question palestinienne a bénéficié des avancées réalisées, dès le début des années cinquante, par la tendance nationaliste et du grand attachement à l'idée de la libération de la Palestine par ce qu'on appelait les «EtatsL'entité sioniste tire un grand profit des conflits qui se déroulent dans le monde arabe. progressistes», au niveau de la mobilisation massive des masses arabes et avec l'éclatement de la révolution palestinienne à la fin des années soixante.

Néanmoins, la défaite du juin 1967 suivie par la Guerre d'octobre 1973 a préparé le terrain, que l'on considère cette dernière comme étant une victoire ou une défaite, à l'état de capitulation arabe quasiment totale devant l'entité sioniste, et ce à travers la signature de traités de paix par l'Egypte, la Jordanie et l'OLP et l'établissement par la plupart des Etats arabes de relations directes ou indirectes avec l'entité sioniste. On est même arrivé à s'allier avec elle d'une manière plus ou moins affichée contre les forces de libération dans la région et, plus précisément, contre l'axe de la résistance comprenant l'Iran, la Syrie et les deux Résistances au Liban et en Palestine.

Toutefois, et en dépit de tout le progrès réalisé -grâce à l'aide et à la compromission arabes- par le projet sioniste sur les plans de l'expansion, de la colonisation et de la judaïsation, et en dépit de la gigantesque force de frappe dont dispose l'alliance israélo-arabe soutenue par l'Occident, aussi bien que les situations catastrophiques qui prévalent dans les pays des «révolutions arabes», la même conjoncture actuelle permet de dire que les rapports de forces commencent à être nettement favorables à l'axe de la résistance dans la région.

Il va de soi que l'émergence de cette situation est due à la fermeté de la Syrie, seul pays arabe qui n'a pas été souillé par les traités de paix unilatéraux et la normalisation avec l'entité sioniste, et qui est, pour cette seule raison, soumis à cette «correction» qu'est la guerre mondiale destructrice qui s'y déroule depuis trente mois.

Il va de soi également que la fermeté de la Syrie a tiré profit du soutien actif fourni par la République Islamique d'Iran, l'Union russe, la Chine populaire ainsi que de la contribution limitée de la part de la Résistance libanaise et certaines factions de la Résistance palestinienne. C'est grâce à cette fermeté, qu'il est devenu possible de dire avec assurance que la version israélo-étasunienne du plan dit du Grand ou du Nouveau Moyen-Orient, commence à céder la place à l’émergence d'un Grand et nouveau Moyen-Orient susceptible d'avoir des répercussions sur le plan international et ce en parfaite concordance avec les aspirations et les intérêts des peuples de la région et du monde entier.

Trente mois après le début de la guerre mondiale multiforme et multinationale soutenue par ce qu'on appelle les «Amis de la Syrie» sur tous les plans de l'entraînement, de l'équipement, des renseignements, de la propagande et de la diplomatie, sans oublier l'envoi de 180 milleLes rapports de forces sont favorables à l'axe de la résistance dans la région. combattants, mercenaires et takfiris, pour se battre sur le sol syrien, les Etats-Unis ont tenté une ultime intervention visant à anticiper la défaite dont les prémisses commencent à s'apercevoir au niveau de toutes les parties locales régionales et internationales impliquées dans cette guerre. C'est dans ce contexte qu'ils ont déployé leurs flottes et annoncé leur intention d'adresser à la Syrie des «frappes limitées».


Abstraction faite des causes qui sont à l'origine du recul étasunien en ce qui concerne l'agression contre la Syrie, cet événement a constitué une défaite majeure subie par les ennemis de la Syrie. Cette défaite a eu pour conséquences des bouleversements, des subversions et des confrontations au niveau de tous les alliés dans la guerre contre la Syrie, et ce à partir des bouchers qui sèment l'horreur, avec une barbarie sans pareille dans l'histoire, dans les villes et villages syriens, des arrivistes qui végètent dans les hôtels d'Istanbul, de la chute -assumée- de Morsi et de Hamad et -attendue- d'Erdogan, et à finir par les régimes au pouvoir qui perdent la boussole dans les pays du Golfe et en Occident.

La défaite subie par les Etats-Unis, leurs alliés et suppôts rien qu'en renonçant à l'idée de frapper la Syrie donne une idée de l'ampleur de la défaite qu'ils auraient subie au cas où ils avaient osé de mettre leurs menaces en application. Et il est normal que les conséquences de cette défaite continuent d'entraîner davantage d'affaissement au niveau de toutes les parties de l'alliance anti-syrienne.

Pour s'en rendre compte, il suffit de se rappeler les enquêtes et les rapports de la commission Winograd suite à la défaite israélienne lors de la guerre contre le Liban en 2006 qui a enfoncé profondément un gros clou dans le cercueil de l'entité sioniste, et de le confronter aux polémiques, accusations et contre-accusations qui secouent toutes les parties impliquées dans la guerre contre la Syrie, à commencer par «Tel-Aviv» et à finir par Washington, en passant par les autres capitales arabes, régionales et européennes. Sans bien sûr oublier les gangs de «révolutionnaires syriens» et leurs guerres ouvertes les uns contre les autres.


Source: French.alahednews
 
 
Un quart d'heure… en attendant l'histoire 
 
 
 
 
 
 
par M. Saadoune
Le qualificatif «d'historique» accolé à la discussion téléphonique d'un quart d'heure vendredi 27 septembre entre les présidents américain Barack Obama et iranien Hassan Rouhani n'est pas usurpé. Cela fait trente-quatre ans que les chefs d'Etat de ces deux pays n'ont pas eu de contact. Et l'histoire de leurs relations est marquée du sceau de la méfiance depuis le coup d'Etat contre Mohamed Mossadegh, le 18 août 1953, organisé par la CIA en réaction à la nationalisation de l'Anglo-Iranian Oil Company qui deviendra BP par la suite. La vassalité du Chah pour les Etats-Unis n'a fait que renforcer un ressentiment nationaliste iranien contre l'empire.

L'Iran souffre aujourd'hui de l'embargo économique imposé par les Occidentaux. La raison, là aussi, tient encore à la volonté des Iraniens d'être indépendants et de ne pas se soumettre au diktat d'Israël, seule puissance nucléaire au Proche-Orient, qui veut interdire à l'Iran de maîtriser le nucléaire à des fins civiles. Toute la vision occidentale sur l'Iran est marquée par ce tropisme israélien, appuyé sur un matraquage permanent sur la prétendue course de l'Iran à la bombe. La diplomatie active et pondérée - ce qui ne lui enlève rien de sa fermeté - du président Hassan Rouhani perturbe cette propagande. Elle rétablit les choses : l'Iran ne veut pas la bombe mais ne renonce pas à la maîtrise du nucléaire à des fins civiles. Cela permet d'évacuer la rhétorique inutile et contre-productive d'Ahmadinejad et de montrer au monde entier le vrai enjeu.

Les Iraniens ne peuvent renoncer à l'enrichissement de l'uranium uniquement parce qu'Israël «l'exige». Et parce que les Etats-Unis et les autres pays occidentaux ont adopté cette «exigence» qui ne figure pas dans le Traité de non-prolifération (TNP). Le coup de téléphone d'Obama à Rouhani a été marqué par la courtoisie et, peut-être, une volonté d'explorer les possibilités de solution. Qui ont toujours existé. L'Iran, qui est membre du TNP, peut être encore plus transparent dans l'accès à ses sites, mais la contrepartie est que les puissances occidentales ne lui contestent pas les droits qui lui sont reconnus au nucléaire. Ces éléments de la solution ont été constamment évacués en raison du poids des lobbys israéliens dans les capitales occidentales. Et on peut s'attendre, après l'effort de Rouhani et le «geste» d'Obama, à ce que les pressions israéliennes redoublent d'intensité. Car, on le sait depuis longtemps, cette crise tient au fait qu'Israël veut conserver le monopole du nucléaire dans la région.

Les assassinats de scientifiques iraniens par le Mossad situent l'enjeu dans sa vraie nature : c'est la tête des scientifiques iraniens qui est leur problème, pas une bombe dont l'Iran n'en veut pas. C'est pour cela que beaucoup d'Iraniens ne s'emballent pas trop après le «coup de fil historique» d'Obama à Rouhani. Le droit des Iraniens au nucléaire y compris celui de l'enrichissement n'est toujours pas reconnu par les Occidentaux. Et l'Iran ne compte pas transiger sur le sujet. Barack Obama a fait un geste calculé en appelant le président iranien. Il a pris la peine d'avertir au préalable le Congrès et… Israël. Et tout comme sur le dossier palestinien, il est très improbable que le président américain veuille - ou puisse - déplaire aux Israéliens. C'est pour cela que le quart d'heure historique de vendredi risque de ne pas trop changer l'histoire…
 
samedi 28 septembre 2013
 

Syrie / ONU : Qu’est-ce qui a changé ?

 

 

 

 

2013-09-25T213132Z_1_APAE98O1NSM00_RTROPTP_3_OFRWR-ONU-SYRIE-RUSSIE-20130925Par Nasser Kandil
Cette nuit, nous avons assisté à une avancée soudaine et rapide des négociations sur le dossier nucléaire iranien doublée de la validation, par les USA, de la « version originale » du projet de résolution russe concernant les armes chimiques de la Syrie.
Alors… qu’est-ce qui a changé ?
  • Washington attendait de la Russie, de l’Iran, et de la Chine, une réponse tournant autour des facilités du retrait US d’Afghanistan. Washington a reçu une réponse positive, à condition qu’il mette fin au conflit tournant autour de la Syrie !
  • S’agissant de l’Afghanistan, Washington avait parié sur le temps ; un temps dont il ne disposait plus… Il lui restait quelques mois qu’il a mis à profit, jusqu’au dernier instant, pour obtenir le maximum possible en maintenant une ambiance d’escalade des hostilités.
  • Entretemps, les différentes formations des prétendues oppositions syriennes s’effondrent l’une après l’autre ; Al-Qaïda se maintient militairement sur le terrain ; la Coalition des prétendus révolutionnaires syriens censée servir d’atout à la Conférence de Genève II n’est travaillée que par les ambitions électorales ; l’exécution du projet de résolution russe concernant l’élimination de l’arsenal  chimique syrien demande du temps et exige le maintien des institutions militaire et sécuritaire syriennes sous la direction du Président Bachar al-Assad… Il n’est donc plus question de tergiverser et de continuer à négocier le départ du Président syrien par le dialogue ou les pressions.
  • Les pressions turques et saoudiennes et l’inutile arrogance française ne sont plus de mise, et il est indispensable de faire comprendre à Israël qu’il sera confronté aux mêmes exigences pressantes de signature des traités internationaux sur les armes chimiques et nucléaires.
  • Washington s’empresse de conclure les accords qui servent ses intérêts et laisse à chacun le soin d’extraire l’écharde plantée dans sa main !
Nasser kandil
27/09/2013
Texte traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal
Texte original : Top News Syria
http://www.topnews-nasserkandil.com/topnews/share.php?art_id=2216
Monsieur Nasser Kandil est libanais, ancien député et directeur de Top News-nasser-kandil

 
 

Les activistes du « printemps » arabe et le lobby pro-israélien

 

 

 

 

 
Lorsqu’Israa Abdel Fattah sortit de la prison d’El Kanater, cette soirée du 23 avril 2008, elle n’en croyait pas ses yeux. Elle était finalement libre après 18 jours d’emprisonnement. Vêtue de la version féminine de l’uniforme des prisonniers égyptiens, une sorte de drap blanc couvrant le corps et les cheveux, la mine défaite et les yeux hagards derrière ses lunettes métalliques, elle chercha avidement un visage familier. Elle traversa la grille de métal et, apercevant sa mère, se mit à courir en sa direction. Elle se jeta à son cou et la serra si fort dans ses bras qu’on eût dit que les deux corps n’en formaient plus qu’un. La ferme accolade déclencha une longue crise de sanglots chez la fille que la mère chercha, non sans peine, à endiguer avec de pathétiques consolations.
Retransmise à la télévision nationale, cette scène a ému toute l’Égypte et le mythe de la « Facebook Girl » était né.
Il faut dire que la mère avait remué ciel et terre pour la libération de sa fille. En effet, deux jours plus tôt, elle avait payé une annonce publiée par le quotidien Al-Masry Al-Youm implorant « le cœur de monsieur le Président de la république, monsieur Hosni Moubarak, le cœur de madame Suzanne Moubarak et le cœur de monsieur le Ministre de l’intérieur, M. Habib El Adli » de libérer sa fille [1]. Elle déclara elle-même à la caméra, entre deux hoquètements, que si elle avait su que son action la mènerait dans une geôle, elle n’aurait rien entrepris.
Mais qu’avait-elle fait de si répréhensible pour avoir mérité l’emprisonnement, attiré l’attention des médias et provoqué une levée de boucliers de la part d’organisations de défense des libertés ?
Les activistes égyptiens et le financement américain
Israa Abdel Fattah est une cyberactiviste qui a milité dans plusieurs organismes pro-démocratie. Deux ans avant son arrestation, elle rencontra Ahmed Maher alors qu’ils étaient tous deux militants dans le parti El-Ghad d’Ayman Nour. Le 23 mars 2008, ils fondèrent ensemble le « Mouvement du 6 avril » afin de soutenir les travailleurs de la ville industrielle d’El-Mahalla el-Kobra (à 150 km au nord du Caire) qui avaient planifié de déclencher une grève le 6 avril 2008 pour protester contre leurs mauvaises conditions de travail et la flambée des prix alimentaires [2]. Ahmed et Israa utilisèrent Facebook pour créer leur groupe et rallier le plus grand nombre de personnes à la protestation. Le succès fut inespéré : des milliers de personnes se joignirent à eux. Les réseaux sociaux et les nouvelles technologies ont été fortement sollicités ; les appels de soutien à la grève émis par le groupe furent entendus et suivis par de nombreuses formations politiques telles que le mouvement Kifaya [3]. Bien qu’officiellement interdite, la manifestation du 6 avril 2008 vit la participation de milliers de personnes. L’événement a été suivi par des centaines d’arrestations et il y eut des dizaines de blessés et au moins trois morts [4].
Le grand succès de l’utilisation des médias sociaux par le « Mouvement du 6 avril » a attiré l’attention des forces de sécurité qui ont repéré les leaders de l’organisation. Et c’est ainsi qu’Israa Abdel Fattah, la « Facebook Girl », s’est retrouvée en prison.
Comme en témoigne plusieurs câbles Wikileaks, Israa Abdel Fattah ainsi que de nombreux cyberactivistes égyptiens étaient bien connus de l’ambassade américaine du Caire. On peut s’en rendre compte en consultant, par exemple, les câbles 10CAIRO99 et 10CAIRO215 où, respectivement, Israa Abdel Fattah et Ahmed Maher y sont nommément cités.
Le document 10CAIRO99 traite de l’arrestation (le 15 janvier 2010) d’une trentaine d’activistes politiques qui voyageaient ensemble pour aller présenter leurs condoléances aux familles de six chrétiens coptes, victimes d’une fusillade meurtrière qui a eu lieu le 6 janvier 2010. Parmi les 17 cyberactivistes qui faisaient partie du groupe, on peut citer Israa Abdel Fattah, Bassem Fathy, Ahmed Badawi et Bassem Samir. Tous les quatre sont membres de l’« Egyptian Democratic Academy » (EDA), une ONG subventionnée par la National Endowment for Democracy (NED) [5].
Avant d’aller plus loin, mentionnons que la NED fait partie d’un ensemble d’organismes américains dédiés à l’« exportation de la démocratie » financés par le gouvernement américain comme, entre autres, l’USAID (United States Agency for International Development) et Freedom House [6]. Ces organismes, qui ont aussi financé les activistes des « Révolutions colorées » [7], ont subventionné et subventionnent encore les cyberactivistes arabes pour mener à bien ce qui est communément appelé le « printemps » arabe.
En juin 2010, Israa Abdel Fattah reçut le prix « New Generation » décerné par Freedom House [8], ce qui confirme une fois de plus la relation entre le « Mouvement du 6 avril » et cet organisme. En effet, Sherif Mansour, responsable des programmes de Freedom House de la région MENA (Middle East and North Africa) avait déjà cité Ahmed Maher dans un article publié en 2008 dans les colonnes du Los Angeles Times [9] et, en 2011, David Wolman mentionna leur relation en écrivant que Sherif Mansour « avait été en contact étroit avec Maher et son groupe depuis des années » [10]. Ajoutons à cela que Mohamed Adel, un membre influent du « Mouvement du 6 avril », a suivi, en 2009, une formation à la résistance individuelle non violente théorisée par le philosophe américain Gene Sharp. Cette formation a été dispensée par le « Center for Applied Non Violent Action and Strategies » (CANVAS) [11], un centre financé par, entre autres, Freedom House [12]. Mohamed Adel et d’autres activistes égyptiens et arabes ont été encadrés, en Serbie, par les activistes d’Otpor, ceux-là même qui ont réussi la première révolution colorée en 2000 en renversant le président Slobodan Miloševic.
En ce qui concerne le party El-Ghad (« Demain », en arabe), auquel étaient affiliés Israa Abdel Fattah et Ahmed Maher, et dont Ahmed Badawi est un membre fondateur, il est largement financé par la NED, l’International Republican Institute (IRI — Parti républicain), le National Democratic Institute for International Affairs (NDI — Parti démocrate), ainsi que d’autres organisations américaines, comme l’a ouvertement avoué Wael Nawara, secrétaire général de ce parti [13]. Précisons que le NDI et l’IRI sont deux des quatre organismes par le biais desquels la NED octroie des subventions.
De son côté, le mouvement Kifaya (« C’est assez ! », en arabe) est un groupe d’opposition soutenu par une organisation américaine nommée « International Center on Nonviolent Conflict », centre qui travaille en étroite collaboration avec Freedom House et CANVAS [14].
Bien que le tableau qui vient d’être dressé pour les activistes égyptiens soit loin d’être exhaustif, tous les cyberactivistes cités précédemment ainsi que les organismes auxquels ils sont affiliés ont joué un rôle important dans l’organisation des révoltes du « printemps » égyptien qui ont mis fin au « règne » du président Moubarak, le 11 février 2011.
D’autre part, il est possible d’établir une liste analogue pour chacun des pays arabes, tout spécialement pour ceux qui ont été « printanisés » [15]. Cette collusion entre le cyberactivisme arabe et les « intérêts » américains a été longuement disserté par le blogueur tunisien Sami Ben Gharbia dans un article très intéressant intitulé « Les cyberactivistes arabes face à la liberté sur Internet made in USA » [16] et ce, avant même le départ du président Zine el-Abidine Ben Ali.
Fikra : une idée du lobby américain pro-israélien
La formation et le financement des cyberactivistes arabes par les mêmes organismes d’« exportation de la démocratie » a permis la création d’une véritable « ligue arabe du Net » [17] dont les membres se côtoient et s’entraident tel que relaté par David D. Kirkpatrick et David E. Sanger dans un article du New York Times [18] et aussi reconnu par le célèbre cyberactiviste tunisien Slim Amamou lors d’une entrevue en juin 2011 [19].
La connivence entre l’activisme politique arabe et les officines étasuniennes peut cependant aller plus loin que ce que l’on pourrait penser, plaçant souvent les cyberactivistes en contradiction avec les principes idéologiques officiellement prônés par les organisations politiques auxquelles ils appartiennent. En ce sens, la création du « Forum Fikra » (Fikra : idée, en arabe) et la participation des activistes arabes à cette plateforme représente un cas d’école.
Selon les renseignements publiés sur son site, le « Forum Fikra est une communauté en ligne qui vise à générer des idées pour soutenir les démocrates arabes dans leur lutte contre l’autoritarisme et les extrémistes ». Et d’ajouter, un peu plus loin : « Nous croyons que la promotion du dialogue de cette façon accordera en temps opportun, un accès direct et mutuel à un échange d’idées entre les personnes sur le terrain et ceux de Washington car ils considèrent ensemble l’avenir de leurs pays respectifs et les relations américaines avec le monde arabe » [20].
Ces formules dont suinte un excès de philanthropie mielleuse ne sont accompagnées d’aucune information sur le financement ou l’appartenance de ce forum. Seule la phrase suivante est ajoutée : « Le Forum Fikra est reconnaissant à la fondation de la famille Nathan et Esther K. Wagner pour leur contribution au lancement du Forum Fikra à la mémoire de Steven Croft, qui au cours de sa vie, croyait passionnément en la puissance des idées pour transformer des vies ».
Dans un article consacré au Forum Fikra, Maidhc Ó Cathail nous donne un peu plus d’information sur les « croyances passionnées » de feu Steven Croft en citant un extrait de son avis de décès publié dans le Chicago Tribune en février 2009 : « Il [Steven Croft] a également été philanthropiquement impliqué dans des organisations locales, nationales et internationales, y compris la « Arthritis Foundation », l’AIPAC, les Obligations d’Israël (Israel Bonds) et le « Washington Institute for Near East Policy » (Institut de Washington pour la politique au Proche-Orient)  » [21].
Ainsi, il ressort de ce texte que Steven Croft était très lié aux causes humanitaires mais aussi (et surtout) à bon nombre d’institutions gravitant autour d’Israël. Est-il nécessaire de rappeler que l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee) est le lobby américain pro-israélien le plus influent des États-Unis ? Son influence disproportionnée sur la politique étrangère américaine (en particulier celle concernant le Moyen-Orient) a été exhaustivement documentée par les professeurs américains Stephen Walt (Université Harvard) et John Mearsheimer (Université de Chicago) dans leur article intitulé « The Israel Lobby » [22]. On peut y lire l’anecdote selon laquelle Ariel Sharon aurait dit à un auditoire américain : « Quand les gens me demandent comment ils peuvent aider Israël, je leur dis : "Aidez l’AIPAC" ».
Comme le site du Forum Fikra mentionne qu’il est très reconnaissant à la Fondation de la famille Nathan et Esther K. Wagner, il serait donc intéressant d’avoir une idée sur les organismes financés par cette fondation. À ce sujet, sa déclaration d’impôts de 2011 s’avère très instructive. Parmi les organismes qu’elle subventionne, on trouve la « Jewish Child Care Association », le « Chicagoland Jewish High School », « The Israel Project », la « Jewish Student Union » et le « Washington Institute for Near East Policy » (WINEP) [23]. Mais le plus intéressant dans ce document se trouve dans la colonne « Objet de la subvention » où on apprend que la fondation finance le projet Fikra par l’intermédiaire de WINEP. Tout cela semble étrange dans la mesure où ce think tank n’est mentionné nulle part dans le site du Forum Fikra. La raison de cet « oubli » volontaire est compréhensible si on connait la nature des activités de cet organisme et l’origine de sa création. Voici ce qu’en disent Walt et Mearsheimer dans leur article cité précédemment : « Le Lobby [pro-israélien] a créé son propre think tank en 1985, quand Martin Indyk a aidé à fonder WINEP. Bien que WINEP minimise ses liens avec Israël, affirmant plutôt fournir une perspective "équilibrée et réaliste" sur les questions du Moyen-Orient, il est financé et dirigé par des individus profondément engagés à faire progresser l’agenda d’Israël ». Si on y ajoute que Martin Indyk, est un ancien directeur adjoint de la recherche à l’AIPAC, le lien entre WINEP et l’AIPAC est solidement établi. Et ce, sans oublier que M. Indyk a été à deux reprises ambassadeur des États-Unis en Israël (de 1995 à 1997 puis de 2000 à 2001).
Selon l’historien américain Juan Cole, WINEP « a été mis en place par l’AIPAC comme think tank afin de promouvoir les intérêts israéliens à Washington » [24]. En fait, l’AIPAC et WINEP ont des rôles complémentaires : « quand l’influence de l’AIPAC s’exerce principalement sur le Congrès, à travers d’énormes contributions de campagne, celle de WINEP se concentre sur les médias et sur le pouvoir exécutif  » [25].
Contrairement au site de Fikra, celui de WINEP indique l’existence du forum dans sa rubrique « Projets de recherche » avec la mention « Projet Fikra est un effort audacieux pour contrer la propagation de l’extrémisme radical au Moyen-Orient ».
Le Forum Fikra est dirigé par David Pollock dont le nom figure dans la liste des experts de WINEP et qui a œuvré comme conseiller principal pour le Grand Moyen-Orient au Département d’État américain. Son nom est aussi apparu dans la liste des faucons néoconservateurs qui ont récemment envoyé une lettre au président Obama, l’exhortant à attaquer la Syrie [26].
Parmi les « contributeurs » au Forum Fikra provenant de WINEP, signalons la présence de Joshua Muravchik, un néoconservateur qui avait recommandé, en 2006, de « bombarder l’Iran » [27]. Peut-être trouvera-t-il le temps d’expliciter sa pensée aux activistes arabes qui le côtoient dans le forum ?
En plus des membres de WINEP, un nom attire l’attention dans la liste des contributeurs : celui du Dr. Josef Olmert. Ce dernier n’est autre que le frère de l’ancien Premier ministre israélien Ehud Olmert, information « volontairement » oubliée sur le site de Fikra. Josef Olmert a été directeur du Bureau de presse du gouvernement israélien et conseiller du Premier ministre Yitzhak Shamir ainsi que de l’ancien ministre de la défense, Moshe Arens [27].
Ainsi, Fikra, forum qui est censé « soutenir les démocrates arabes dans leur lutte contre l’autoritarisme et les extrémistes » est une création du lobby américain pro-israélien, géré et financé par ses soins.
Fikra et les activistes arabes
Plusieurs dizaines d’activistes arabes font partie du Forum Fikra. Certains d’entre eux sont des « vedettes » du « printemps » arabe. L’Égypte est bien représentée dans ce forum avec approximativement le quart du nombre total. À côté de la « Facebook Girl », Israa Abdel Fattah, on trouve Bassem Fathy, Ahmed Badawi et Bassem Samir. On peut y ajouter les noms de Dalia Ziada, célèbre cyberactiviste, membre de l’« Ibn Khaldoun Center for Development Studies », ONG très généreusement subventionnée par la NED [28]. Dalia poursuit actuellement une maîtrise en relations internationales dans une université américaine. L’histoire ne dit pas qui finance ses études.
Saad Eddin Ibrahim, fondateur de centre Ibn Khaldoun, fait partie du forum. Honoré par Freedom House [29], cet ancien professeur de l’université américaine du Caire a déjà été membre du conseil consultatif du « Project on Middle East Democracy » (POMED), un organisme qui travaille de concert avec Freedom House et qui est financièrement soutenu par la NED [30].
Ajoutons à cette liste le nom d’Ahmed Samih, directeur du « Andalous Institute for Tolerance and Anti-violence Studies » et celui de Mozn Hassan, fondatrice de « Nazra for Feminist Studies ». Ces deux ONG ont reçu des subventions de la NED [31].
Il serait trop fastidieux de citer tous les activistes égyptiens faisant partie du forum, mais soulignons la présence du secrétaire général du parti El-Ghad, Wael Nawara.
Il est quand même étonnant de voir tous ces activistes égyptiens frayer avec des faucons pro-israéliens alors qu’ils ont été (ou le sont encore) militants d’organisations telles que le « Mouvement du 6 avril », Kifaya ou El-Ghad qui sympathisent avec la cause palestinienne et qui, dans leurs déclarations officielles, traitent Israël d’« état sioniste raciste » ou d’« ennemi sioniste ».
Le Forum Fikra compte dans ses rangs des activistes syriens pro-américains tels qu’Ammar Abdulhamid ou les illustres membres du Conseil national syrien (CNS) Radwan Ziadeh et Ausama Monajed. Les relations entre les deux premiers et l’administration américaine ont été discutées dans un précédent article [32]. Ausama, quant à lui, est un très grand admirateur de Gene Sharp qu’il a rencontré à quelques reprises, et ce bien avant le « printemps » arabe [33]. Dans un article fouillé sur l’opposition syrienne, Charlie Skelton nous explique les liens qui existent entre Ausama Monajed et le Département d’État américain [34].
Les autres pays arabes représentés dans le Forum Fikra sont : l’Arabie Saoudite, le Yémen, la Jordanie, le Liban, l’Irak, l’Algérie, la Tunisie, le Maroc, le Koweit et le Bahreïn.
Deux hauts fonctionnaires de la NED sont des contributeurs du forum : Abdulwahab Alkebsi (Yémen) est l’ancien directeur de la région MENA alors que Rahman Aljebouri (Irak) en est agent de programme principal.
En conclusion, force est d’admettre qu’un grand nombre d’activistes arabes, après avoir été formés et financés par des organismes étasuniens d’« exportation de la démocratie », s’acoquinent avec le lobby américain pro-israélien. Si on tient compte de la politique belliqueuse et arrogante de l’état hébreu dans le monde arabe et du sentiment anti-israélien dans la population arabe en général, il est permis de se poser de sérieuses questions sur le but recherché par les activistes arabes en participant à un tel forum.
En Égypte, la situation des cyberactivistes est très précaire. Le mois dernier, des plaintes ont été déposées contre Ahmed Maher et Israa Abdel Fattah « pour avoir perçu de l’argent de l’étranger pour provoquer des troubles en Égypte » [35]. Bien que ces plaintes n’aient pas abouti, les réseaux sociaux et les émissions télévisées s’en donnent à cœur joie contre ces « héros » du début du « printemps » arabe.
Mais si ses accointances avec le lobby pro-israélien venaient à prendre une mauvaise tournure, la « Facebook Girl » pourra-t-elle encore dire que si elle avait su, elle n’aurait rien entrepris ?
Ahmed Bensaada
http://www.ahmedbensaada.com
Montréal, le 25 septembre 2013
 
vendredi 27 septembre 2013
 

Risque de paix, ou la dernière chance d’Obama

 

 

 

Tribune libre Byblos

86254512global-peace-jpgL’échec essuyé par les Occidentaux sur le front syrien pourrait paradoxalement offrir à Glamour-Obama une possibilité de sortie par le haut. L’impasse pousse en effet aujourd’hui des Etats-Unis en déclin à chercher une solution du côté de Téhéran, dont la diabolisation reste le principal ressort du plan délirant de remodelage à coups de flingue du Moyen-Orient initié par le clan Bush. A l’ONU, les ministres des Affaires étrangères américain et iranien ont ainsi convenu d’une rencontre et les rumeurs de possibles contacts bilatéraux entre Obama et le Président iranien Rohani vont bon train. Du jamais vu depuis l’avènement de la République islamique en 1979. Seulement voilà, la pègre israélienne et le gang des néoconservateurs US sont d’ores et déjà montés aux barricades pour torpiller toute possibilité d’apaisement dans ce dossier, tant il constitue leur fonds de commerce. Et il est peu probable que BHO ait les épaules pour leur faire face. Mais sait-on jamais…
Deux missiles pour une guerre
Le déclin de l’hyper-puissance US est inéluctable, et son effondrement n’est qu’une question de temps. Grâce notamment à l’intransigeance des Russes et des Chinois sur le dossier syrien, il semble que l’empire lui-même ait enfin commencé à intégrer la chose. D’où sa débandade au plus fort de la crise de la vraie-fausse attaque chimique, précisément au moment où, dans la logique d’une politique historiquement fondée sur la force brutale, les USA auraient  au contraire dû frapper pour (ré)affirmer leur puissance. Où à tout le moins faire le minimum syndical en pulvérisant quelques palais présidentiels damascènes à coups de Tomahawks. Là, rien.
Il faut dire que sur le terrain, la suprématie militaire du Pentagone a du plomb dans l’aile.  Pour l’anecdote, on se souvient en effet que le 3 septembre dernier, au plus fort de la crise, les Etasuniens avaient tiré deux missiles en direction des côtes syriennes. Officiellement, il s’agissait d’un exercice conjoint des USA et d’Israël. En réalité, c’était une première salve afin de tester les défenses syriennes avant l’attaque.  Or selon des informations du journal libanais As-Safir, les deux missiles en question ont tout bonnement été abattus par les Russes.
Mais Moscou, soucieux d’éviter l’escalade en permettant à US-raël de sauver la face, ne s’est pas officiellement vanté de la chose.
Les US-raéliens ont ainsi fortuitement découvert que la Syrie n’était ni l’Irak ni la Libye, et que prendre Damas ne serait pas une aventure courte et joyeuse. Tout au contraire, la Syrie apparaissait soudain parfaitement capable d’infliger de lourdes pertes à ses assaillants, notamment grâce à des moyens de défenses sol-air russes très performants.

L’Alpha et l’Omega
Face à la perspective d’une guerre manifestement au-dessus de ses moyens actuels, la Maison-Blanche semble donc avoir réexaminé l’ensemble du dossier, étant entendu que la cible syrienne n’a jamais été qu’une étape sur la route de Téhéran.
D’où la soudaine amorce de dégel avec l’Iran.
Mais là, on touche au noyau, au combustible qui constitue l’Alpha et l’Omega de tout l’écheveau paranoïaque patiemment construit tant par les néocons US que par la pègre israélienne pour leur politique respective durant les deux dernières décennies.
Sans l’épouvantail iranien, c’en est fini de la politique belliciste du Bloc atlantiste et du lucratif chaos moyen-oriental pour les industries d’armement du Complexe militaro-industriel US ; et c’en est fini aussi de la posture paranoïaque de l’entité sioniste avec, à terme, la fin de «l’exception» israélienne et l’obligation qui pourrait lui être faite de se défaire de ses stocks d’armes chimiques et nucléaires.
D’où la mobilisation générale décrétée par les néocons US et l’Etat-voyou israélien pour combattre tout rapprochement entre Washington et de Téhéran.

Deux approches
Aujourd’hui, tout dépend donc de l’approche américaine sur ce dossier. Car si BHO s’est engagé dans la manœuvre avec l’arrogance habituel du Bloc atlantiste, alors il pensera que le simple fait d’avoir effectué un geste de rapprochement avec Téhéran suppose une abdication totale de l’Iran sur le dossier nucléaire. Nous serions alors dans la communication pure et là, c’est le retour immédiat à l’impasse. Car Téhéran n’abdiquera jamais de son droit légitime à développer une énergie nucléaire pacifique que lui autorise le TNP dont il est signataire, contrairement à Israël d’ailleurs.
Deuxième approche, BHO a intégré le reflux de la puissance américaine dans la région et tente de sauver les meubles en composant avec l’Iran pour mettre fin à une guerre froide qui dure depuis 30 ans. Et là, c’est la perspective d’un coup d’arrêt au plan de remodelage du Moyen-Orient, avec partage d’influence entre Washington, Moscou et Pékin.
Mais pour réussir ce coup historique, BHO devrait avoir la poigne nécessaire à mater parano-Netanyahou et ses lobbies, ainsi que la hargne inépuisable des néocons US.
A-t-il l’étoffe pour un tel bras de fer ? Peut-il finalement être cet american-Gorbatchev qu’il prétendait incarner avec son Yes we can ?
L’Histoire lui offre généreusement une dernière chance d’être autre chose que le premier président noir des Etats-Unis.
Mais à ce jour, et malgré son dérisoire Prix Nobel de la Paix, BHO s’est hélas montré le digne successeur de W. Bush en poursuivant sur la voie de la force brute en faisant de la guerre et de l’assassinat, par drone interposé, la composante essentielle de sa politique étrangère.
En presque deux mandats, l’homme s’est aussi révélé médiocre, fuyant, indécis et sans grandeur, hormis celle d’être une parfaite speakerine du Système.
Cet homme-là saurait-il nous étonner et incarner, enfin, sa fonction ?
On en doute.
Mais on aimerait tellement être surpris.
Rien qu’une fois.

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mercredi 25 septembre 2013
 
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Les armes chimiques et les donneurs de leçons : Petite pédagogie de l’horreur

 

 

 

 

 
«  Je ne comprends pas ces réticences à l’emploi du gaz. Je suis fortement en faveur de l’utilisation du gaz toxique contre les tribus barbares... L’effet moral sera bon. On diffusera une terreur vivace... » Sir Winston Churchill à propos des rebelles kurdes
Le mérite de Winston Churchill c’est d’avoir été franc. Il n’a aucun état d’âme à gazer des populations, et il s’insurge contre ceux qui sont contre. Il leur explique qu’il n’y a pas de quoi puisque ce sont des tribus barbares que l’on doit démoraliser par la terreur. Au passage, Winston Churchill sans état d’âme sait qu’il parle de la terreur mais malgré cela il persiste et il signe. Dans cette contribution pour décrire les faits, nous allons parler des justiciers actuels imposant une doxa occidentale qui repose comme au bon vieux temps sur le fait du prince - des princes pourrait-on dire - et la lettre de cachet pour les manants version actuelle de l’expédition punitive qu’affectionnent particulièrement les socialistes au point d’en user et d’en abuser. Ceci, depuis une certaine France de Guy Mollet partie guerroyer avec son complice de toujours, la perfide Albion et avec l’incontournable Israël, quand il s’agit de mettre au pas les Arabes, jusqu’à la « punition » promise à la Syrie par Hollande, le chevalier sans peur et sans reproche, frustré de ne pas en découdre sans la protection du parapluie américain.
L’histoire de l’utilisation des armes chimiques
Nous avons dans une contribution précédente décrit l’histoire de l’utilisation des armes chimiques en consommant par les feux grégeois qu’un certain Calllinicus avait mis au point. Le feu grégeois était basé sur l’association d’un comburant, le salpêtre, avec les substances combustibles, comme le goudron. Bien plus tard, c’est l’Allemagne qui utilisa la première les armes chimiques en 1915-17 : chlore liquide et phosgène, puis gaz vésicatoire et asphyxiant moutarde (ou ypérite). En riposte, la Grande-Bretagne et la France produisirent elles aussi ce gaz létal. Le gaz nervin Tabun, qui provoque la mort par asphyxie, fut découvert en 1936 par des chercheurs de la société allemande I.G. Farben En 1930, l’Italie utilisa des armes chimiques en Libye et en Éthiopie en 1936.
Les pays occidentaux qui poussent des cris d’orfraie, doivent se souvenir que ce sont eux les inventeurs et les vendeurs de ces armes de la mort tragique. Camus écrit à ce propos dans Agoravox : « (...) Pour ce qui est de la tragédie du gazage du village Kurde d’Halabja en 1988, sans doute conviendrait-il de faire remonter à la surface de l’oubli ce qu’écrivait Barry Lando, ancien de la chaîne américaine CBS, dans Le Monde du 17 octobre 2005 à savoir qu’il eut fallu se souvenir « que les armes chimiques irakiennes étaient fournies principalement par des sociétés françaises, belges et allemandes, dont les ingénieurs et chimistes savaient exactement ce que Saddam préparait. Ni que les États-Unis avaient précédemment fourni à Saddam des images satellite lui permettant d’attaquer les troupes iraniennes avec des armes chimiques ». (1)
Quand Winston Churchill approuvait les gaz de combat
Avant de devenir l’icône de la résistance au nazisme, lit-on sur une contribution parue dans le Guardian, Winston Churchill a d’abord été un fervent défenseur de l’Empire britannique et un antibolchevique convaincu. Au point de préconiser le recours aux gaz qui avaient été la terreur des tranchées. (...) Winston Churchill, alors secrétaire d’Etat à la Guerre, balaie leurs scrupules d’un revers de la main. Depuis longtemps partisan de la guerre chimique, il est décidé à s’en servir contre les bolcheviques en Russie. Durant l’été 1919, quatre-vingt-quatorze ans avant l’attaque dévastatrice en Syrie, Churchill prépare et fait lancer une attaque chimique d’envergure. Ce n’est pas la première fois que les Britanniques ont recours aux gaz de combat. Au cours de la troisième bataille de Gaza [contre les Ottomans] en 1917, le général Edmund Allenby a fait tirer 10.000 obus à gaz asphyxiants sur les positions ennemies. Cependant, la mise au point de l’’engin M’, un gaz extrêmement toxique, le diphénylaminechloroarsine décrit comme « l’arme chimique la plus efficace jamais conçue. » (2)
En 1919 Winston Churchill alors Secrétaire d’État à la Guerre décide d’utiliser les grands moyens Nous lisons sous la plume de Camus : « Un programme exécuté à la lettre par le lieutenant-colonel Arthur Harris qui lui s’en vantait en ces termes : « Les Arabes et les Kurdes savent maintenant ce que signifie un véritable bombardement... En 45 minutes nous sommes capables de raser un village et de tuer ou blesser un tiers de sa population. » Vingt-cinq ans plus tard, Winston Churchill, fidèle à lui-même, professait des idées à peu près identiques à propos du Reich national-socialiste (...) Ajoutons par honnêteté que l’usage britannique des attaques aériennes au gaz moutarde - Ypérite - notamment au Kurdistan à Souleimaniyé sur la frontière irano-irakienne en 1925 - un an après la signature du Protocole de Genève prohibant "l’emploi à la guerre de gaz asphyxiants, toxiques ou similaires et de moyens bactériologiques" - n’a pas été une pratique totalement isolée, les Espagnols dans le Rif marocain [1921-1927], les Japonais en Chine ne s’étant pas privés d’y recourir. » (1)

La France et « son savoir-faire » dans les armes chimiques

La France comme toutes les nations occidentales a développé d’une façon intensive les gaz de combat, notamment dès la Première Guerre mondiale. Son savoir-faire a été exporté dans plusieurs pays. Malgré toutes les conventions signées, elle a gardé en Algérie une base d’expérimentation. Fabrice Nicolino écrit à ce sujet : « La France gaulliste a oublié les armes chimiques de B2 Namous. La France socialo a oublié les 5000 morts d’Halabja. Le 16 mars 1988, des Mirage made in France larguent sur la ville kurde - irakienne - d’Halabja des roquettes pleines d’un cocktail de gaz sarin, tabun et moutarde. 5000 morts. (...) L’urgence est de soutenir Saddam Hussein, raïs d’Irak, contre les mollahs de Téhéran. Et que l’on sache, pas un mot de Hollande, en ce temps l’un des experts du Parti Socialiste. Il est vrai que ce n’est pas demain la veille qu’ils devront s’expliquer sur la base secrète B2 Namous. ancienne base d’expérimentation d’armes chimiques & bactériologiques (...) De Gaulle a l’obsession qu’on sait : la grandeur, par la puissance. La première bombe atomique de chez nous explose le 13 février 1960 dans la région de Reggane, au coeur d’un Sahara alors français. Ce qu’on sait moins, c’est que le pouvoir gaulliste deale ensuite avec l’Algérie d’Ahmed Ben Bella pour conserver au Sahara des bases militaires secrètes. Les essais nucléaires français, devenus souterrains, continuèrent dans le Hoggar, près d’In Ecker, jusqu’en 1966. La France a signé en 1925 une convention internationale interdisant l’utilisation d’armes chimiques, mais que valent les chiffons de papier ? Entre 1921 et 1927, l’armée espagnole mène une guerre d’épouvante chimique contre les insurgés marocains du Rif. Et l’on sait maintenant que la France vertueuse avait formé les « techniciens » et vendu phosgène et ypérite à Madrid ».(3)
Fabrice Nicolino nous parle ensuite des accords d’Evian qui permettent à la France de garder des bases militaires qu’ils ont restituées dans leur état naturel « Outre Reggane et In Ecker, B2 Namous, un polygone de 60 kilomètres par 10 au sud de Béni Ounif, non loin de la frontière marocaine. Dans une note de l’état-major français, on peut lire : « Les installations de B2-Namous ont été réalisées dans le but d’effectuer des tirs réels d’obus d’artillerie ou d’armes de saturation avec toxiques chimiques persistants ; des essais de bombes d’aviation et d’épandages d’agressifs chimiques et des essais biologiques. » En 1997, le ministre de la Défense Alain Richard déclare : « L’installation de B2 Namous a été détruite en 1978 et rendue à l’état naturel ». En février 2013, le journaliste de Marianne Jean-Dominique Merchet révèle qu’un accord secret a été conclu entre la France et l’Algérie. Il porte sur la dépollution de B2 Namous, « rendue à l’état naturel » trente ans plus tôt ».(3)
L’utilisation des armes chimiques par les Etats-Unis
Il est impossible dé décrire les nombreuses circonstances dans lesquelles les armes chimiques ont été utilisées. Qu’il nous suffise de rapporter la philosophie du plus grand chantre de l’utilisation de ces armes de l’horreur. « Décidément, lit-on sur Agoravox sous la plume de Camus, comme s’il fallait établir des distinguos abscons entre morts déchiquetés sous des bombes conventionnelles ou asphyxiés au gaz innervant. Et puis les Anglo-Américains devraient commencer par balayer devant leurs malpropres portes au lieu de jouer aux offusqués et aux saints innocents. (...) N’est-ce pas en effet Washington qui a livré une impitoyable guerre chimique au Vietnam entre 1961 et 1971 avec des épandages massifs - 80 millions de litres - d’Agent Orange, un défoliant comportant de la dioxine ? Ce sont de 2,1 à 4,8 millions de Vietnamiens qui ont été touchés par ce composé hautement mutagène dont les effets se font sentir encore aujourd’hui. » (1)
Massimo Fini s’interroge à son tour,sur l’autorité morale des Etats -Unis : « (...) Mais ce que j’aimerais comprendre, c’est d’où vient exactement cette autorité morale des États-Unis qui se permettent de tracer des « lignes rouges » sur l’utilisation d’armes chimiques. Ce sont pourtant eux qui, en 1985, en fournirent à Saddam alors au pouvoir dans sa lutte contre les Iraniens, et par la suite contre les Kurdes. (...) Lors de la guerre contre la Serbie, les USA utilisèrent des bombes à l’uranium appauvri. (...) On imagine facilement l’effet de cet « uranium appauvri » sur les civils serbes et surtout sur les enfants qui évoluent à 1 m du sol et sont habitués à toucher à tout. En 2001, pour capturer Ben Laden, les Américains noyèrent les montagnes d’Afghanistan sous les bombes à l’uranium et le ministre de la Défense Donald Rumsfeld avait déclaré que « pour chasser les terroristes, nous utiliserons aussi des gaz toxiques et des armes chimiques ». On en voit les résultats aujourd’hui. Un paysan afghan, dénommé Sadizay, raconte : « Un raid de l’Otan a détruit ma maison, tué ma femme et trois de mes fils. Mais quand j’ai vu naitre mon neveu sans bras et sans jambes, alors j’ai compris que les Américains nous avaient volé jusqu’à notre futur. » (4)
Le secret des gaz israéliens
« Ce sont, écrit Thierry Meyssan, les recherches israéliennes sur les armes chimiques et biologiques qui ont poussé historiquement la Syrie à rejeter la Convention interdisant les armes chimiques. C’est pourquoi la signature par Damas de ce document risque de mettre en lumière l’existence, et éventuellement la poursuite, de recherches sur des armes sélectives destinées à tuer les seules populations arabes. (...) Un document de la CIA récemment découvert révèle qu’Israël a mis aussi en place son propre arsenal d’armes chimiques. Des responsables du renseignement à Washington estiment que l’Etat hébreu a secrètement fabriqué et stocké des armes chimiques et biologiques depuis des décennies pour compléter son arsenal nucléaire présumé. Dans un rapport secret de la CIA en 1983. Des satellites espions américains ont repéré en 1982 « une usine de production de gaz chimique et une unité de stockage dans le désert du Néguev ». (5)
Pour Jean Shaoul, la condamnation par les États-Unis de l’usage des armes chimiques ne s’applique pas à Israël. Il écrit : « (...) Aucune obligation morale de cette sorte n’est cependant invoquée à l’égard d’Israël, pays qui détient le plus important stock d’armes chimiques biologiques et nucléaires au Moyen-Orient, et qui est le seul Etat à ne pas avoir signé le traité de non-prolifération nucléaire. Comme l’a relevé le site Web Foreign Policy le lundi 9 septembre, non seulement les États-Unis connaissent depuis des dizaines d’années l’existence des armes chimiques israéliennes, mais ils ont maintenu le silence à leur propos. Ce n’est pas simplement qu’Israël possède un important arsenal d’armes chimiques. Il s’en est servi contre les Palestiniens en Cisjordanie et à Ghaza, contre le Liban et Ghaza durant les assauts militaires de 2006, et durant l’opération Plomb durci à Gaza en 2008-2009. (...) Un protocole de la convention de 1980 sur les armes conventionnelles interdit l’usage du phosphore blanc en tant qu’arme incendiaire (...) Le rapport d’enquête de l’ONU, le rapport Goldstone, a réaffirmé les conclusions de nombreuses enquêtes internationales respectées, confirmant l’usage disproportionné par Israël de la force contre les Palestiniens, et les accusations de crime de guerre contre Israël et le Hamas ainsi que de « probables crimes contre l’humanité » comprenant l’usage du phosphore blanc par Israël. Il y est dit que les forces israéliennes se sont comportées de façon « systématiquement irresponsable » dans leur usage de phosphore blanc dans les zones construites, citant l’attaque israélienne contre le bâtiment de l’Agence de soins et de travaux de l’ONU dans la ville de Ghaza, l’attaque de l’hôpital Al Quds et celle de l’hôpital Al Wafa. (6)
On parle souvent de la « Pax Americana » pour dénommer l’ordre résultant de l’hégémonie des Etats-Unis. Cette position de force n’est pas un gage d’équilibre et de paix à l’échelle mondiale. C’est ainsi que les États-Unis interviennent de façon chronique pour leurs intérêts stratégiques. Pour l’histoire, cela a commencé en 1846 : Guerre américano-mexicaine, les États-Unis d’Amérique annexent La Californie. Ce fut aussi, sans être exhaustif, la Guerre de Corée (1950-1953), du Viêt Nam (1968-1975). Cela a continué pour la période récente avec la guerre du Vietnam où des centaines de tonnes d’agents chimiques orange ont été déversées créant la mort et la désolation pour des dizaines d’années, ce sera ensuite le ou la Guerre en Irak (2003), le feuilleton irakien de la démocratie aéroportée à raison de dizaines de morts tous les jours ne s’est pas clôturé avec la pendaison inhumaine de Saddam Hussein.
En 2011 ce fut la mise à sac de la Libye et le lynchage abjecte de Kadhafi. Au total soixante-six interventions extérieures pour la plupart sanglantes »

Charles de Gaulle écrivait en son temps, que « les armes ont torturé mais aussi façonné le monde. Elles ont accompli le meilleur et le pire, enfanté l’infâme aussi bien que le plus grand, tour à tour rampé dans l’horreur ou rayonné dans la gloire. Honteuse et magnifique, leur histoire est celle des hommes ». La guerre de tous conte tous n’est jamais propre, c’est de fait l’échec de la parole désarmée qui est l’empathie envers la détresse des faibles. Assurément, l’humanité court à sa perte.
Chems Eddine CHITOUR
 
mardi 24 septembre 2013
 
Le général-président arrive
 
 
 
 
 
par M. Saadoune
La justice politisée et répressive a de nouveau frappé en Egypte. Un tribunal des référés dont la compétence est fortement contestée par les juristes a décidé, hier, de la dissolution des Frères musulmans, de l'association des Frères musulmans et de toute organisation qui en émane. Dans la longue histoire de la confrérie, cette dissolution est la troisième en 85 ans d'existence clandestine ou semi-clandestine. Le jugement prononcé ne comporte pas d'attendus juridiques mais des énoncés politiques sur les Frères musulmans, sur le peuple «qui a cherché protection chez l'armée» et sur Al-Azhar «citadelle du juste milieu».

Pour beaucoup de juristes, ce jugement est au plan du droit intenable. Mais personne ne s'attend, non plus, à ce que la justice égyptienne, qui depuis la destitution de Mohamed Morsi donne une couverture « juridique» à toutes les mesures de répression, se contente de faire du droit. Dans le climat actuel, l'appareil judiciaire comme les médias font dans l'excès de zèle contre les Frères musulmans tandis que les services de sécurité arrêtent à tour de bras, juste en raison du port de barbes ou d'appartenance présumée aux Frères musulmans. Ce jugement - susceptible d'appel, mais qui peut faire appel quand les responsables de ce mouvement sont en prison ou traqués ? - va servir d'alibi à un durcissement de la répression. Il couvre pratiquement toutes les mesures que prendront la police et l'armée contre l'organisation mais également contre les individus et leurs biens.

Depuis la destitution de Morsi et malgré une féroce répression, les Frères musulmans, et pas seulement eux, manifestent régulièrement contre le coup d'Etat. Ce ne sont plus les sit-in massifs de Rabaa Al-Adawiya mais le fait que des manifestants continuent à sortir malgré la répression et l'état d'urgence traduit le fait indéniable de leur enracinement dans la société. L'histoire de la longue confrontation entre le régime militaire égyptien et les Frères musulmans montre que les décisions de dissolution ne font pas disparaître ces derniers. Les militaires le savent. Mais la répression qu'ils mènent contre les Frères musulmans leur permet de reprendre, avec le soutien d'une partie de la population, le peu de terrain qu'ils ont concédé à la société. Elle permet de mettre entre parenthèses et sans doute pour longtemps la question de la démocratisation du pays.

Les Frères musulmans ne disparaîtront pas du fait de cette décision de justice politisée. Ceux qui se disent démocrates, libéraux ou de gauche qui l'approuvent bruyamment sont et seront inévitablement perdants. Ils devront se contenter, peu importe la forme que cela prendra, de la «place» que leur concèdera le régime. Les accusations portées contre les Frères musulmans reposent sur des fondements politiques et idéologiques et non judiciaires. Les attendus même du jugement prononcé, hier, le confirment avec une grossièreté remarquable. Cette dissolution est contre-productive. Elle affaiblira les Frères musulmans au profit de groupes radicaux. Elle crée une obsession sécuritaire pour justifier l'avènement du général-président Sissi. Les médias zélés font déjà campagne.
 
"Si vous n’y prenez pas garde, les journaux finiront par vous faire haïr les opprimés et adorer les oppresseurs." Malcom X

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