ELWATAN-ALHABIB
lundi 31 décembre 2007
  Qui donc a pu assassiner Mme Benazir Buttho ?




29-12-2007
L’instrument utilisé est presque évident quoique non identifiable avec certitude. Le procédé du kamikaze bien aguerri désigne l’un des groupes militaires ayant été créé, coordonné, financé, entraîné par la CIA et les services secrets pakistanais au moment du Jihad anti-soviétique contre l’Afghanistan, Jihad plus que bilatéral car il avait impliqué l’Égypte et la Chine Populaire. Il peut s’agir aussi d’une milice autonome récemment constituée mimant le modèle précédent, échappant à tout contrôle tribal mais pas aux infiltrations des Agences étrangères et à très forte aspiration sociale.
Le commanditaire du crime abject sera difficile à discerner parmi la foule des candidats qui ont intérêt à précipiter dans le chaos le Pakistan.

Tout d’abord, il faut vite rétablir deux vérités essentielles la concernant. Si elle est l’amie du régime de Washington, c’est qu’elle en a fait le siège et cela pour obtenir le droit de retourner au pays. L’exil de huit années de Mme Buttho est plus un ostracisme et une relégation politique qu’elle doit à une accusation plus que fondée de corruption. Elle aurait dérobé à la nation pakistanaise pas moins d’un milliard de dollars, son mari qui a toujours fait partie de ses gouvernements et auquel elle ne refusait rien est couramment nommé Monsieur 10%. La Suisse a un mandat d’arrêt à son encontre pour blanchiment d’argent, et les Cours pénales britannique et espagnole s’apprêtaient à la poursuivre pour corruption.

Huit années ont paru comme un délai de purgatoire raisonnable aux Maîtres étasuniens pour obtenir de Pervez Musharraf une loi « Ordonnance de Réconciliation Nationale » la graciant de ses actes de corruption aggravée. Ainsi « blanchie », elle pouvait être recyclée dans la grande parodie de la Démocratie à la mode étasunienne pour une partie de la planète, celle qui est gavée et perfusée aux drogues dures Murdocchiennes (Fox News, CNN et leurs avatars en toutes langues). Le peuple concerné a bien été payé en ayant subi deux fois sa gouvernance et ses alliances avec les partis religieux pour savoir qu’elle n’avait accompli aucune réforme qui eût pu être une avancée démocratique, ni sur le plan social, ni sur le plan économique. Ce peuple très mature a toujours exprimé son indifférence au changement des potentats -autorisés par les US(a) qui convoitent le pouvoir pour leurs stricts intérêts personnels- en n’allant pas voter. Le taux d’abstention est éloquent dans les villes.

Pervez Moucharaf est complaisamment désigné par les aboyeurs de Fox News et assimilés comme un ennemi politique de Benazir Buttho. Faux.
Dans les milieux urbains, l’ancien Parti Populaire du Pakistan du père Buttho est surnommé Parti Pervez du Pakistan, tant la frontière entre les deux personnalités politiques est ténue.
L’ambition des décideurs étasuniens pour le monde était de promouvoir les deux pantins, Moucharaf (volontiers et assez justement appelé populairement Busharaf) et Buttho pour maîtriser cette partie du dispositif de l’étau sur la Chine et la Russie.

En soixante ans d’existence, cet État artificiel issu d’une partition fortement suggérée par les Britanniques a connu treize fois l’état d’urgence. Cette dernière prononcée par Moucharaf l’est dans un contexte de difficultés sociales considérables assez banales quand sont appliquées sans discernement les recommandations du FMI et de la Banque Mondiale. Mais elles sont de plus inscrites dans le contexte très particulier d’une mise au chômage technique de toutes les bandes paramilitaires des années 80, de la situation de tension générée par le Cachemire avec l’Inde et de l’affrontement de basse intensité qui en résulte. L’Inde porte régulièrement au pouvoir des intégristes hindous. Enfin, l’occupation militaire par les US(a) de l’Afghanistan modifie la situation sociale, économique et idéologique des provinces frontalières. Elles se ressentent nécessairement dans la déstabilisation des voisins du fait de l’économie informelle du commerce de la drogue, des armes et de l’obligation traditionnelle de porter secours aux replis des Combattants contre l’invasion -vite appelés par l’Occident les Talibans-.


L’enjeu pour les US(a) d’un pied-à-terre dans le pays des Purs -c’est le sens du mot Pakistan- est primordial en ces temps de retraits imminents des troupes d’Irak et de difficultés militaires en Afghanistan. Les négociations avec les Résistants Afghans entreprises depuis longtemps par les Britanniques sont désormais ouvertement appuyées par les US(a).
Les Néocons voudraient imposer un droit de poursuite officiel au Pakistan de la résistance afghane. Moucharaf n’était pas exactement prêt à accepter en tant que dignitaire militaire et porte-parole de l’armée pakistanaise, véritable colonne vertébrale du régime, cette occupation à peine déguisée d’une bonne partie de son pays. Benazir Buttho, elle, l’aurait plus facilement concédé.

Quand la question de la bombe nucléaire pakistanaise sécurisée est posée, le moindre journaliste qui ne s’efforce pas de jouer à l’amnésique pourrait rappeler l’épisode ahurissant des six ogives nucléaires qui ont parcouru ce mois d’août 2007 3000 kilomètres entre deux bases aériennes au-dessus du territoire des US(a) logées sous les ailes d’un avion de combat transporteur sans que les autorités militaires idoines n’aient apparemment été averties.
Ce manquement à la discipline de manipulation d’un jouet plus que hautement destructeur fait pour dissuader, a eu lieu aux US(a) et nulle part ailleurs.
C’est au sein de la démocratie la plus puissante du monde qu’une mutinerie a eu lieu, que les consignes de sécurité ont été abusées et que les US(a) même ont été mis en danger.

Le chaos initié au Pakistan peut donc concerner la fraction du commandement militaire étasunien extrémiste qui voudrait faire main basse discrètement sur le Pakistan et prendre le contrôle des ses bombes nucléaires.

Convergence des Causes
29 décembre 2007
 
vendredi 28 décembre 2007
 
Le congrès américain et Georges Bush proposent leur services aux autorités algériennes








Les USA veulent combattre Al Qaïda avec l'Algérie



Le Congrès américain a demandé au président Georges Bush de fournir l’aide désirée par les autorités algériennes, afin de venir en aide aux victimes des attentats du 11 décembre dernier, comme il a indiqué qu’il était prêt à soutenir les efforts des services de sécurité algériens, afin d’anéantir les groupes terroristes qui planifient et exécutent les attaques kamikazes. La chambre basse du Parlement américain a publié une résolution où elle condamne les explosions kamikazes qui ont ciblé le siège du Conseil constitutionnel et les bureaux du haut commissariat aux réfugiés et le programme des Nations unies pour le développement. Il a été mentionné dans la résolution dont El Khabar a obtenu une copie, que le congrès américain « est prêt à soutenir et à aider les autorités algériennes, dans leurs démarches visant à déférer les responsables des attaques du 11 décembre 2007 devant la justice ». Le congrès a également proposé son aide afin de « débusquer, poursuivre et démanteler les réseaux qui planifient et exécutent de telles opérations ». La proposition des parlementaires américains intervient, quatre jours après la lettre adressée par Georges Bush au président Abdelaziz Bouteflika, et qui assure que son administration est prête à accéder à un niveau supérieur dans la coopération bilatérale dans le domaine de la lutte antiterroriste. Pour rappel, l’Algérie demande aux Etats-Unis depuis les années 90 de lui fournir un équipement militaire infrarouge, et des systèmes de radar développés ainsi que des appareils de communication, entrant dans le cadre de la lutte antiterroriste.




Commentaire: Les Américains jouent un jeu subtil et multiforme dans la région. Ils dotent le Maroc de Phantom 16 pour faire grimper la surenchère armée entre notre voisin et nous, ils entretiennent des rapports très complexes avec les marionnettistes des islamistes armés, le DRS, en l'occurrence, et se proposent en même temps de mener la lutte antiterroriste à nos "côtés". En somme et pour reprendre des termes bien de chez nous, ils sont "mouss djeha, yedhbeh ou yeh'yi" ou bien alors ils sont "h'mida el laab et h'mida errachem". Et dans cette confusion généralisée ou plus personne ne sait qui est qui, eux gardent la tête froide et entreprennent posément de mettre le grappin sur toute la région. Le centre géographique et stratégique du monde. Notamment sur le Sahel, depuis le canal de Suez jusqu'au débouché atlantique, juste en face de chez eux. Voir la carte ci-contre, pour se faire une idée.
D.Benchenouf
 
jeudi 27 décembre 2007
  L'ALGERIE, LES TAUPES ET LES SOURIS
Droit de Réponse d'un citoyen à l'Editorial du quotidien El Watan du 24 Décembre 2007 et intitulé: "Les Arabes, le terrorisme et nous" --Le mouvement d'indignation soulevé au sein de la population algérienne à la suite du sondage d'opinion irresponsable et imbécile commandé par la Chaîne arabophone Al-Jazeera, est un mouvement légitime. D'autant plus légitime que ledit sondage, conçu sous la forme classique du piège manichéen – "pour" ou "contre" - aura été instrumentalisé pour laisser sournoisement suggérer in fine, que la majorité des individus sondés – 54 % - approuverait les attentats criminels du 11 Décembre à Alger. Un tel genre de sondage constitue indubitablement un acte inamical et provocateur à l'égard de l'ensemble du peuple algérien – et en particulier à l'égard des familles des victimes. Cette lourde faute diplomatique et professionnelle requiert que l'on exige des excuses officielles, assorties d'une sanction concrète, contre les responsables de la Chaîne Al-Jazeera.Cette position de citoyen algérien ordinaire étant ainsi clairement précisée, je voudrais dénoncer ici, une autre forfaiture: Celle pratiquée par cette faune de charognards de la presse nationale – en particulier les tambours traditionnels et stipendiés de "Fafa" – qui tentent aujourd'hui de s'engouffrer honteusement et indignement dans la brèche de la polémique suscitée par le scandaleux sondage, pour inciter le peuple algérien à la haine de nos frères des pays Arabes et Musulmans comme l'Arabie Saoudite ou l'Iran.Je n'en veux pour preuve que cet ignoble éditorial du quotidien El Watan de ce lundi 24 Décembre où M. Ali Bahmane s'est complètement laissé aller à sa haine délirante de l'arabe, du musulman, du Moyen-Orient et que sais-je encore. Faisant dans le mensonge et la mystification, et ne craignant ni ridicule ni démenti, il a l'audace d'écrire: ""Quand ils ne lançaient pas des fetwas assassines, les grands chefs spirituels de la région (Moyen-Orient et Iran) se firent indifférents aux cris des suppliciés du terrorisme…."", en se positionnant comme une veuve éplorée du terrorisme tout en se gardant bien de préciser de quels "suppliciés du terrorisme" il s'agit ici, des suppliciés de Raïs ou de ceux de Bentalha ? A moins qu'il n'ait voulu parler des mères et des veuves de "disparus"…..Puis, changeant de registre, il en vient à démasquer davantage son personnage de "missionné" professionnel en écrivant: ""Enfin, aux yeux des responsables de cette zone, voire d'une frange de la population les Algériens ne peuvent prétendre être des Arabes à part entière, du fait de l'usage élargi qu'ils ont de la langue française. Il est vrai aussi que sur cette question, comme sur d'autres, ils ont des relais en Algérie même."".L'emploi par M. Bahmane du terme "zone", pour dire Moyen-Orient, emploi qui se voudrait hautain et méprisant; constituerait à lui seul, tout un syndrome du terrible complexe dont semble souffrir notre personnage; mais poussons plus loin l'analyse de cette phrase pour constater l'imposture qu'il commet chemin faisant, en laissant entendre entre autres, que tous les algériens seraient – comme lui – des handicapés de la langue Arabe qui continueraient de faire "un usage élargi de la langue française". - belle périphrase pour dire simplement francophones…..mais passons…, pour admirer la suite de la phrase: ""Il est vrai aussi que sur cette question, comme sur d'autres, ils ont des relais en Algérie même.""; de la vraie, de la pure technique sioniste d'inversion des rôles et de "victimisation"….Voilà que ce sont à présent des Etats Arabes et Musulmans qui ont des relais chez nous, pour promouvoir la langue Arabe, quand chacun sait que les relais, les vrais, ceux de "Fafa" se trouvent être précisément certains chevaliers servants archi connus, infiltrés à des postes décisionnels, dans la plupart de nos Institutions et surtout dans une grande partie de la presse dite "indépendante".Non monsieur Bahmane ! vous et vos semblables, - pseudo laïcs ou pseudo démocrates mais à coup sûr faux intellectuels - vous ne pourrez pas continuer indéfiniment à tromper l'opinion intérieure et extérieure en instrumentalisant le phénomène du "terrorisme" qui a décidément bon dos pour couvrir tous les arbitraires, toutes les injustices. Parfois même certains crimes….. Un "terrorisme" qui s'est vu en l'espace d'à peine une décennie, promu au rang de l'argument politico-sécuritaire suprême justifiant toutes les atteintes à la liberté des citoyens.Non monsieur Bahmane ! si durant près d'un siècle et demi la colonisation française, malgré ses tentatives acharnées de dépersonnalisation, n'a pas réussi à faire décrocher l'Algérie de sa sphère civilisationnelle arabo musulmane séculaire, ce ne sont pas des mercenaires en demi solde qui y parviendront. Relayez autant que vous voulez, la bonne parole de vos maîtres du moment, en profitant de la décrépitude d'un Etat Algérien gangrené par un pouvoir corrompu et félon. Mais n'oubliez jamais que les Peuples, - comme les éléphants – ont longue mémoire…..même à l'égard des souris de votre calibre.

Abdelkader DEHBI --
 
 
Le remède imaginaire



26-12-2007
Le porte-parole du FBI a annoncé au Washington Post l’intention du gouvernement des US(a) de consacrer un milliard d’euros pour constituer une base de données concernant les éventuels candidats au terrorisme.Il s’agirait de colliger les données de caractéristiques physiques telles que les empreintes digitales, empreintes iridiennes, photos d’identité, cicatrices, manières de marcher et grâce à des moyens modernes de stockage de données numériques, les emmagasiner dans un centre de Virginie.Cette base de données servirait à repérer les terroristes identifiés préalablement (et non encore sous les verrous ?) et à prévenir leurs actes.Tout arrivant à un aéroport étasunien pourrait bénéficier d’un tel fichage.Les détenus afghans et irakiens sont déjà répertoriés. Mais dans ce cas, étant déjà emprisonnés, l’intérêt d’un fichage préventif paraît bien limité.Comme à l’accoutumée, la quantité de données dans l’esprit des décideurs et de ceux qui attribuent les budgets à leurs copains va remplacer leur qualité.Ficher tous les adultes mâles et femelles de la planète ne peut être d’aucun secours vis-à-vis d’un risque terroriste, surtout quand celui-ci est imaginaire.

Convergence des Causes26 décembre 2007
 
lundi 24 décembre 2007
 

ENCORE UN ECRIT VAIN DE SANSAL

(par Abdelkader DEHBI)

Avec une simultanéité exhalant une forte odeur de manipulation médiatique - en marge des récents attentats d'Alger - le quotidien "Le Monde" et le journal électronique "Le Matin en ligne" viennent de publier en ce vendredi 21 Décembre, le même texte de la même jérémiade signée de M. Boualem Sansal, mais sous des titres différents : "Alger, la mort et les chemins de la liberté" pour le premier et, pour le second: "J'aimerais dire ceci à nos amis français…"
Qu'est-il dit dans cette complainte ? Apparemment pas grand-chose, si l'on excepte des conseils d'indigène à l'adresse de Sarkozy, des accents nostalgiques à l'adresse des Juifs d'Algérie installés en Israël ou des insultes à l'adresse de Kouchener – pardon, je voulais dire à l'adresse du ministre algérien des moudjahidine, - M. Chérif Abbas – coupable aux yeux de Sansal, d'avoir critiqué le lobby juif de France. Bien entendu, M. Sansal joue ici la carte du pro sionisme qui reste en France, le plus précieux des sésames pour qui veut échapper au délit de faciès.
L'épanchement indécent et indigne de M. Sansal pourrait se résumer en fait, dans une seule phrase; et cette phrase a été opportunément mise en exergue par "Le Monde":où il dit: "Il revient d'abord aux Algériens eux-mêmes de combattre leurs vieux démons. Mais rien n'interdit à la France de les y aider".
Voilà qui est dit, l'objet de la "mission" de M. Sansal est lâché, identifié: un appel au secours, émanant d'un intellectuel algérien – écrivain semble-t-il – lancé en direction de la France, pour aider notre pays à combattre ses vieux démons….en renvoyant dos à dos, comme il l'écrit, les ""terroristes de série B, accrochés mordicus à de vieux scénario écrits aux temps archaïques des GIA et des généraux massacreurs""…
Terrible aveu - d'ignorance peut-être - mais sûrement aveu d'une volonté délibérée de manipulation, quand chacun sait et depuis si longtemps, que GIA ou "généraux massacreurs" comme il dit, n'ont jamais fait qu'une seule culotte ! Mieux que cela, vous dirais-je, monsieur Sansal ! l'embrouillamini politico mafieux est tel dans notre miraculeux pays qu'on a vu récemment tel ancien "Emir", de l'acabit d'un Madani Mezrag, converti depuis, aux affaires, oser une indécente oraison funèbre apologétique – apocalyptique serait plus juste… - de tel général "massacreur" comme vous dites. Ce qui a dû donner des idées à tel autre général "massacreur", d'aller lui aussi cette année,"se mettre à jour " du pèlerinage, comme en bruissent ces derniers jours, les rumeurs de la ville…….
Les Temps des miracles semblent bel et bien frapper à nos portes….:En voici quelques uns pour vous distraire M. Sansal:
Miracle de ce pullulement de gigolos de l'imposture intellectuelle s'autoproclamant "spécialistes" ou "experts" bien de chez nous, mais qui écument les différents plateaux de Télévision sitôt qu'un évènement leur donne l'occasion de "casser de l'arabe" ou de dresser des bûchers à l'Islam, pour donner des gages d'assimilation….. J'ai nommé ces experts de la tchatche creuse, genre Sfer ou Basbous , en passant par de petites pointures en demi solde, style Sansal ou Sifaoui. Ces deux derniers, n'éprouvant pas la moindre gêne à aller pleurnicher indignement dans les jupons de la vieille Ninon ou de faire le trottoir des rédactions parisiennes pour s'y faire inviter et parler au nom du peuple algérien qui ne leur a rien demandé.
Miracles d'une France dominée par les médias pro sionistes, enquiquinant son monde avec ses odes à la gloire de la liberté d'expression mais qui n'a aucun scrupule à user des plus infâmes procédés de censure, comme par exemple en "sucrant" purement et simplement la vidéo de l'émission "Débats" sur France 24 daté du 11 décembre 2007 – aujourd'hui introuvable - et consacrée aux attentats d'Alger et où des intervenants extérieurs avaient jeté le discrédit sur les affirmations mensongères de ce pauvre inquisiteur de juge cow-boy Bruguière – régulièrement déjugé pas ses pairs - et l'invité algérien de l'émission, un certain Anis Rahmani, patron de l'organe arabophone "Ech-Chorouk", journal "indépendant des DRS" comme chacun sait…..
Miracle de "l'union qui fait la force", où l'on retrouve côte à côte, le prestigieux quotidien "Le Monde" – si tant est qu'il le soit resté – partageant les misérables lamentations d'un écrivaillon en mal de gloriole, avec un journal en ligne "Le Matin", qui n'en finit pas à longueur d'éditos, de cogner sur son ancien fossoyeur, Yazid Zerhouni, tout en s'alignant au mot à mot, sur les thèses fumeuses du "terrorisme islamiste" de ce baron du système. Union sacrée contre l'Islam oblige
Miracle enfin de ses nouveaux "monstres du Look Ness" baptisés tantôt d'Al-Qaïda, tantôt de GSPC et que sais-je encore, et dont les scénarios ont été réglés comme sur du papier à musique avant même l'attentat Hollywoodien du 11 Septembre, dans les officines de Washington, de Tel-Aviv ou d'autres capitales de l'Occident, pour épouvanter les opinions publiques et couvrir leurs criminelles croisades pour le pétrole et les autres ressources naturelles, pour le plus grand malheur des pays comme l'Irak, l'Afghanistan et d'autres encore à venir, tant qu'il existera encore des imbéciles pour gober la plus fantastique des manipulations criminelles de tous les temps.
Verrions-nous s'accomplir un jour, M. Sansal, le miracle de voir s'ouvrir les médias de France et de Navarre – non pas à ces intellectuels made in Taïwan-Sur-Seine dont vous êtes un précieux spécimen – mais aux milliers de ces authentiques savants, chercheurs, dirigeants de grandes Entreprises, marginalisés dans leur pays ou contraints à l'exil, pour seul délit d'avoir revendiqué d'être et de rester des hommes libres. Libres de leurs convictions religieuses. Libres de leurs opinions politiques ?
Bien entendu, vous n'êtes pas obligé de répondre.

 
  Le rapport du NIE et la situation géopolitique mondiale




Rapport des services de renseignement américains relatif à l’Iran

Importance et contexte

La publication du rapport NIE (National Intelligence Estimate) relatif à l’Iran est une partie du combat larvé qui sévit au sein de l’établissement politique des Etats-Unis. Par cette publication des seize services de renseignement américains, qui a surpris nombre de personnes, la fraction non belliqueuse des forces armées et des services de renseignement a prévenu une attaque prochaine contre l’Iran. Le rapport constate que l’Iran n’a plus réalisé de programme nucléaire militaire depuis 2003 au plus tard. Selon un diplomate de haut rang accrédité auprès de l’UE, ces déclarations «incroyables» des services de renseignement américains ne sont pas encore digérées, mais sont perçues en partie, alors que les contours du reste sont visibles. Ce qui suit est une appréciation provisoire.

La publication a eu lieu alors que des problèmes cardiaques clouaient une fois de plus le vice-président Cheney sur un lit d’hôpital. Dans la coulisse, un combat acharné a opposé les «réalistes» et le noyau néo-consevateur qui, avec le Likoud, a effectué une escalade belliqueuse, espérant profiter d’un nouvel ordre au Proche-Orient.

Quels sont les protagonistes américains?

Parmi les auteurs figurent des membres de l’Iraq Study Group qui gravitent autour de l’ancien ministre des affaires étrangères, James Baker, et du père de l’actuel président, George Bush. Ce sont non pas des apôtres du droit des gens, mais des hommes de pouvoir, non fixés sur une idéologie néo-conservatrice à la Strauss, donc plutôt pragmatiques et dépourvus de liens amicaux avec Tel-Aviv.
Robert Gates
, ministre de la défense, en fait partie. L’ancien deuxième homme de la CIA – qui était par exemple à Genève le jour de l’assassinat de Barschel – était secrétaire de l’Iraq Study Group et a remplacé Donald Rumsfeld après son éviction par le groupe Baker. Y participe aussi l’amiral William J. Fallon, qui dirige actuellement l’US-Central Command, couvrant le Proche et le Moyen-Orient, l’Irak et l’Afghanistan. Il avait annoncé que lui et son état-major se retireraient si on leur commandait d’entrer en guerre ­contre l’Iran. Le général d’aviation Michael V. Hayden, directeur actuel de la CIA, fait aussi partie de ceux qui veulent à tout prix empêcher une guerre contre l’Iran.

Accepter les accords secrets avec l’Iran et la Russie

Selon des sources russes dignes de foi, Gates, ministre de la défense des Etats-Unis, a rencontré à Katar Mahmud Ahmadinejad, président de l’Iran, lors de la récente conférence des chefs d’Etat du Golfe. Un traité de non-agression aurait été signé entre les gardes de la révolution et les forces armées des Etats-Unis. Fait intéressant, les va-t-en-guerre américains avaient taxé ces dernières semaines les gardes iraniennes de la révolution, formation militaire complétant l’armée régulière, d’«organisation terroriste».
Quelques heures seulement après la conclusion de cet accord secret, le Pentagone et la CIA auraient transmis aux médias le rapport NIE sur le programme nucléaire iranien, considéré jusqu’alors comme «top secret», le vice-amiral John Michael McConnell, directeur de «National Intelligence», ayant déclaré lors de sa comparution récente devant le Sénat que les conclusions ne seraient pas rendues publiques.
Et le spécialiste français de stratégie François Heisbourg de constater que l’option militaire était non seulement radiée de l’ordre du jour, mais jetée par la fenêtre.
Fidèle à sa rhétorique, le président iranien a parlé d’un «tir politique à bout portant» contre la fraction belliciste des Etats-Unis.
Constatant que «l’Iran n’a pas l’intention de se forger des armes nucléaires», les ser­vices de renseignement entravent tous les efforts de la propagande israélo-américaine. En 2003, des informations inventées par des services de renseignement avaient précipité le monde dans la guerre d’Irak. On se souvient des mensonges du ministre des ­affaires étrangères des Etats-Unis, Powell, devant le Conseil de sécurité à propos des armes de destruction massive et des laboratoires biologiques sur camion de Saddam. Contrit, il a parlé ultérieurement de la plus grande faute de sa carrière. Les auteurs du rapport NIE ont donc prévenu une nouvelle instrumentalisation de leurs services.

Aucun arrêt de l’alarme, profiter de la pause nucléaire

Si la publication n’arrête pas le signal d’alarme, elle permet au monde de respirer encore.
Ni la situation économique ni la situation militaire ne tolèrent de nouvelle guerre. Le temps d’arrêt pourrait durer environ un an et ne portera ses fruits que si les néo-conservateurs sont contenus et que le droit international public se confirme comme cadre des relations entre pays.

Créer de concert une situation empêchant la guerre

La situation des Etats-Unis est lamentable. En Irak, l’évolution désespérée est maquillée. La troupe menace de se soulever, le matériel est usé. Les Britanniques de Basorah se sont retirés dans une citadelle de véhicules à l’aérodrome; à Bagdad, les Américains ont tant soudoyé les chefs de clans que ceux-ci ne savent pas où acheter assez d’armes qu’ils utiliseraient ultérieurement contre leurs donateurs.
En Afghanistan aussi – où les troupes de l’OTAN mènent leurs premiers combats au sol – elles contrôlent de moins en moins la situation. Les Afghans font ce qu’ils ont toujours fait lors d’un envahissement de leur pays: ils se battent et ils le font bien. Il est bon que la Suisse ait retiré récemment les officiers qui s’y trouvaient dans le cadre de l’Isaf, leur action «ne conduisant plus à la paix, mais se transformant de plus en plus en combats imposant la paix». Le Pakistan, corridor assurant le ravitaillement de l’OTAN, est ­proche de l’insurrection. S’il se ferme, l’OTAN est quasiment prise au piège. Un pont aérien permettrait-il aux Etats-Unis de se procurer assez de ravitaillement? A Stalingrad, Göring avait trop promis à Hitler.

La Russie, la Chine et la SCO

Les Russes ont souvent insisté – en dernier lieu lors de la visite historique de Poutine à Téhéran – sur le droit inaliénable de l’Iran, en vertu du droit international, à l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire. Poutine n’a pas non plus laissé de doute sur le fait que l’expansion de l’OTAN dans les anciens satel­lites du Pacte de Varsovie ne serait pas tolérée, tout comme le stationnement d’armes anti-­missiles en Pologne et en République tchèque ainsi que l’indépendance du Kosovo conformément au plan Atthisari. La Russie a joué des muscles de manière impressionnante. La flotte a pris de nouveau position dans l’Atlantique et la Méditerranée, où un point de soutien a été bâti dans le port syrien de Tartous. La reprise des vols de patrouille des bombardiers atomiques dans toutes les régions du monde – suspendus depuis 1992 – a constitué aussi un signal: depuis le mois d’août, 70 vols de longue distance ont eu lieu, trois jets de bombes atomiques d’exercice ayant lieu par trajet, soit 217 au total.
L’équipage d’un porte-avions des Etats-Unis a pris une douche froide lors de son survol récent par plusieurs de ces bombardiers russes de longue distance. Les Russes ont eu le toupet d’envoyer immédiatement une photo du survol au télécopieur de la cabine de commandement du porte-avions avec la remarque narquoise que «si nous interprétons bien la présence des poules effrayées massées sur votre pont, notre survol vous a surpris.» L’embarras s’est encore accru lorsque deux sous-marins chinois ultra-silencieux sont apparus, à la mi-octobre, au milieu du groupement de combat du porte-avions américain USS «Kitty Hawk», à distance de torpille du porte-avions. L’escadre se livrait à des exercices au sud du Japon. Les porte-­avions figurent parmi les objets les mieux protégés sur et sous l’eau, par bouclier aérien et navires de sécurité. Les Américains ébahis n’avaient pas décelé l’approche silencieuse de ces sous-marins. Or il s’agissait de la deuxième alarme chinoise. En janvier déjà, les Chinois avaient fait sortir un de leurs satellites de son orbite, défiant ainsi la suprématie américaine dans l’espace.
Il semble que Russes et Chinois ont une avance technique et peuvent surprendre leurs adversaires. Comme les Iraniens ont également mis en service des sous-marins particulièrement silencieux, la réception ­d’images d’un porte-avions américain envoyé par le fond paraît proche. Dès lors, on comprend pourquoi la fraction américaine non belliqueuse veut empêcher une guerre d’éclater.

Incapacité des Etats-Unis de vendre complètement leur crise hypothécaire à l’Asie et à l’Europe

S’y ajoute le désastre économique que connaissent les Etats-Unis: déficit de l’Etat, endettement de la population et crise hypothécaire s’accroissant à un rythme vertigineux. Selon le banquier Raymond Baer, «nous ne sommes pas encore arrivés au milieu du film.» Heureusement que la crise a éclaté avant que les banques des Etats-Unis aient vendu à des banques asiatiques et euro­péennes tous les prêts hypothécaires pourvus d’un triple A des agences de notation américaines, mais totalement dépourvus de valeur. Tel aurait été le plan stratégique sournois. Une partie des pertes reste donc dans la haute finance américaine et le plan d’après lequel «ce sont nos prêts hypothécaires, mais votre problème» a échoué partiellement.
Autour du monde, divers pays, gouvernements et groupements se sont unis pour signaler aux Américains qu’une guerre contre l’Iran serait le début d’une guerre mondiale. Aux Etats-Unis, les milieux pragmatiques ont visiblement compris qu’ils subiraient de tels revers que la guerre ne constituait pas d’option pour le moment.

Circonspection frappante

Le groupe Baker-Gates avait mis au courant les principaux acteurs que sont la Russie et l’Iran de la publication du rapport. (Celui-ci contient des informations qui s’étendent jusqu’au 31 octobre). Quand Poutine a visité ­Téhéran, à la mi-octobre, il aurait fait une proposition importante lors d’un entretien avec l’Ayatollah Ali Khamenei. Ali ­Larijani, le négociateur en chef de l’époque sur les questions atomiques, a déclaré que Poutine avait remis une proposition spéciale qui n’a pas été traitée publiquement. Pour empêcher cette visite, la nouvelle selon laquelle un commando de tueurs attendait Poutine à Téhéran a fait le tour du globe. Il ne peut pas encore être prouvé que l’entourage de Cheney a tenté d’empêcher le messager de remettre son message. L’aspect psychologique de l’opération était en tous cas frappant. Tout aussi notables ont été l’offre faite par Gates aux Russes de s’entretenir à propos du bouclier anti-missiles et le séjour officieux de généraux russes de haut rang aux Etats-Unis, qui a eu lieu au début de décembre. Par ailleurs, on a appris hier qu’une conférence sur ce thème devait se tenir en février à Bucarest. Le changement du fusil d’épaule prend forme.

Retenue russe

On constatera aussi avec intérêt que la Russie a réagi très modérément au rapport NIE et ne s’est pas livrée à des sarcasmes ni n’a triomphé. On laisse les Américains résoudre eux-mêmes leurs problèmes internes. Poutine s’est borné à communiquer que «les autorités iraniennes étaient priées de coopérer honnêtement et sans réserves avec l’AIEA afin que tout ce qui intéresse celle-ci à Vienne soit transparent.» Il a ainsi signalé doucement qui devait prendre maintenant la direction.

Revalorisation de Moscou

Parmi les conventions annexes pourrait figurer que la conférence d’Annapolis sur le ­Proche-Orient se poursuivra en janvier à Moscou, à l’inclusion de la question syrienne et libanaise. Moscou devient leader à propos du Proche-Orient. Finalement, la question de la Géorgie pourrait aussi être réglée. Par avance, les Etats-Unis avaient retiré leur protection de leur marionnette antérieure. Il faudra observer l’évolution relative à d’autres problèmes, tel celui de l’Ukraine.

Et les alliés en Europe et à Tel-Aviv?

Aussi peu avertis officiellement que les Européens et les Chinois, les Israéliens ont été surpris et consternés. En raison du rapport NIE, Condoleezza Rice a dû passer toute une nuit à téléphoner au ministre des affaires étran­gères chinois en rage. Punition par privation de sommeil.

Des ombres à l’horizon?

Cette estimation provisoire doit être contrôlée et actualisée par l’observation de l’évolution future. Un champ d’observations sera les Etats-Unis, où les restes des néo-conservateurs et l’AIPAC, lobby israélien à Washington, ont déclenché la contre-attaque. Bolton, ambassadeur auprès de l’ONU déposé, veut partir en guerre contre les services de renseignement et contre ceux qui considèrent le monde autrement que le président et s’y tiennent. Rumsfeld, Libby, Cheney, Wolfowitz et Perle sont encore là. Il faut mettre la pause à profit.

 
jeudi 20 décembre 2007
  Algérie attentats suicides du 11 décembre: Le détail qui trouble les enquêteurs



De sources proches de l'enquête du dossier de l'attentat du 11 décembre, les portières des véhicules à bord desquels se trouvaient les deux kamikazes étaient soudées à l'aide de plusieurs barres de fer entrecroisées, empêchant ainsi les deux kamikazes de quitter les véhicules au cas où ils se seraient résignés à la dernière minute à mener à terme leur macabre opération.



Algérie attentats suicides du 11 décembre: Le détail qui trouble les enquêteurs
Ainsi, les commanditaires qui n'avaient, semble-t-il, aucune confiance ni assurance en leurs kamikazes ont décidé carrément de les emprisonner à l'intérieur de leurs véhicules bourrés d'explosifs. Cela dénote, si besoin est, que l'ex-GSPC qui ne cesse de vanter “la motivation et l'enthousiasme” qui animent ses recrues aux opérations kamikazes n'est finalement que pures élucubrations et fantaisies, voire un leurre destiné à tromper aussi bien l'opinion nationale et internationale que ses maîtres penseurs d'Al-Qaïda. Le choix porté sur un sexagénaire diminué psychologiquement où un dealer multirécidiviste ne peut que confirmer cette vérité qui sonne comme un démenti aux allégations de Droukdel et compagnie. Les deux kamikazes n'étaient d'ailleurs nullement préparés à ce genre d'opérations puisqu'ils n'ont fait aucun effort pour éviter le bus de transport des étudiants ni les nombreux passants dont de nombreux enfants. Ceci prouve que l'ex-GSPC, contrairement à ce qu'il avance, éprouve de nombreuses difficultés à recruter des jeunes pour perpétrer ses massacres. La plupart des kamikazes utilisés déjà dans les attentats ont été recrutés au nom de “la cause irakienne”. C'est au nom de “la libération de l'Irak” que l'ex-GSPC, par le biais de ses filières de recrutement, arrive à recruter des jeunes désœuvrés qu'il n'hésite pas à détourner pour commettre des attentats ici en Algérie. Par ailleurs, le camion de marque JAC utilisé pour l'attentat de Hydra, et qui appartenait à un bijoutier résidant à Rouiba, aurait été acheté à Tidjellabine pour une somme de 59 millions. Et c'est le kamikaze Bechla Rabah et un de ses acolytes, qu'il a présenté comme son fils, qui se sont occupés de la transaction avec en plus de faux papiers. Quant à la somme utilisée pour l'achat du véhicule, elle devait provenir de l'argent qui aurait été versé, il y a un peu plus de cinq jours, par un commerçant de Bordj Ménaïel à un groupe terroriste activant dans la même localité. Ce groupe qui avait enlevé un des frères de ce commerçant aurait exigé deux milliards de centimes pour sa libération. Les ravisseurs se contenteront finalement de 800 millions de centimes. L'on s'interroge si ce groupe n'était pas en contact avec le vieux terroriste Bechla Rabah dont on sait qu'il est lui aussi originaire de Bordj Ménaïel. Ainsi, il semble de plus en plus probable que les deux attentats auraient été préparés par des katibate activant au niveau des wilayas de Boumerdès et d'Alger.

M. T.



http://www.algeria-watch.org/fr/article/mil/sale_guerre/detail_trouble.htm http://www.algeria-watch.org/fr/article/mil/sale_guerre/detail_trouble.htm

 
mardi 18 décembre 2007
  Un Moyen-Orient nucléaire-free





Gregory Shulte, l’ambassadeur des US(a) pour l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique, vient d’annoncer que son pays est en faveur d’une dénucléarisation du Moyen-Orient.

Israël accrédité de deux cents têtes nucléaires n’a jamais signé le Traité de Non Prolifération des armes nucléaires.
Les US(a) et l’Allemagne semblent vouloir presser l’artefact de rejoindre la communauté des pays qui ont renoncé à la prolifération et qui doivent se soumettre à des contrôles réguliers des inspections de l’ONU. Un ancien ministre de la Défense russe, spécialiste des questions nucléaires et des militants de Greenpeace ont révélé que les structures de Dimona sont sénescentes. Les ogives nucléaires israéliennes ne sont pas entretenues et les risques de dissémination depuis le réacteur selon un scénario à la Tchernobyl sont loin d’être négligeables.
Israël ne peut plus jouer sur l’ambiguïté dont elle a toujours entouré son programme militaire nucléaire acquis par le don de la France dès les années cinquante et qui a été à la base de sa politique de dissuasion envers les pays arabes mais également des grandes puissances qu’il a utilisé comme tuteurs.

Le gouvernement militaro-ethnique a toujours fait valoir qu’il fallait le laisser pratiquer son agression permanente contre les Palestiniens et ses autres voisins pour ne pas recourir à la catastrophe nucléaire au cours de laquelle Israël lui-même périrait. Un chantage au suicide collectif en somme.
C’est bien la première fois que l’Occident fait mine de suggérer que le nucléaire israélien n’est plus un sujet tabou, comme si quelques faiseurs de politique internationale réalisaient que dans moins d’une décennie ce seront tous les pays du Moyen-Orient qui seront dotés d’une manière ou d’une autre de ces armes.
Tant qu’elle demeurait un monopole incontesté de l’artefact sioniste, la bombe était une dissuasion efficace. Maintenant que cette technologie est à la portée y compris de la Corée du Nord, la donne a bien changé et l’arrogance sioniste doit rengainer son faible avantage.

Tout le tapage indécent fait autour du nucléaire militaire iranien supposé (et démenti par le NIE) a permis de mettre en lumière cette anomalie d’une menace nucléaire israélienne sur tous les pays de la région bien réelle celle-là.

Les demandes réitérées et récemment groupées des pays arabes auprès de l’AIEA d’exercer un contrôle sur Israël vont-elles être entendues ?
Le lâchage par les US(a) et bientôt par l’Europe de l’entité sioniste est commandé par des raisons objectives liées à la survie de la machinerie industrielle et commerciale. La France en particulier n’a plus à vendre que son savoir-faire nucléaire. Le pic pétrolier est dépassé.
La Turquie, l’Égypte, la Libye vont sous peu avoir des centrales nucléaires pour produire de l’énergie civile.
L’Algérie s’est vue offrir la même proposition lors de la récente visite de Sarkozy qui s’est fendu d’un galimatias de boutiquier besogneux de bas étage devant la jeunesse de Constantine. L’impératif de survie économique français est devenu dans un jargon condescendant un cadeau de l’Occident au « monde musulman » de l’atome fissible. L’Etat-major de la communication de Sarkozy a feint d’omettre deux petits détails. Les Russes sont capables de déployer leur technologie civile en Afrique et les Pakistanais, tiens des Musulmans
aussi.

La menace d’une attaque nucléaire sur l’Iran prouve encore une fois le danger nucléaire qui plane sur le monde. De tous nos voeux, nous appelons donc à un monde nucléaire-free.

Convergence des Causes
15 décembre 2007
 
lundi 17 décembre 2007
  ALGER ENTRE TERRORISME ET CAPHARNAÜM


Comme si le million de victimes des crimes coloniaux n'étaient plus qu'un souvenir qui refuse obstinément de quitter nos mémoires......
Comme si les centaines de poitrines d'adolescents perforées par la mitraille des chars d'Octobre 88 n'étaient plus qu'une vieille histoire……
Comme si les 200.000 victimes de la décennie noire - blessés, disparus et morts, fauchés par les violences des uns et la répression des autres -, n'auront été qu'un détail accessoire......
Comme si les criminels voulaient signifier à tout peuple meurtri qu'il n'a d'autre alternative que de courber l'échine face à un régime félon et corrompu ou de subir la loi aveugle de la mort et du sang répandus par un ennemi invisible et dit-on collusoire……
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Voilà qu'"ils" viennent de frapper de nouveau, le peuple innocent:; le peuple des étudiants descendant d'un bus de l'Université à Ben Aknoun ou celui des travailleurs algériens et étrangers, de l'immeuble de l'ONU à Hydra. .Voire de simples passants, comme tout au long de cette maudite année 2007 où plus de 200 citoyens innocents auront payé pour d'autres, le tribut d'une lutte qui n'est pas la leur; d'une lutte où ils ne sont ni arbitres ni partie prenante; une lutte d'où ils sont exclus du jeu même s'ils sont les seuls à trinquer à ce jour….Une lutte qui semble même se dérouler au-delà des frontières nationales.
Il y a comme une marche inexorable en effet, orchestrée par un ennemi extérieur invisible - mais dont les contours commencent par se préciser peu à peu, d'autant que les méthodes et les moyens utilisés donnent à penser que cet ennemi bénéficie incontestablement de places fortes et de solides positions de complicité au cœur même du pays….Un ennemi qui cherche manifestement à plonger l'Algérie dans le chaos d'une vraie guerre civile, en jouant – outre les complicités dont il dispose – sur trois atouts majeurs qu'il a pour lui:
1°) – Le pourrissement d'un régime politique corrompu et mafieux, arrivé en bout de course à tous points de vue, et dont les principaux tenants - Chef de l'Etat et différents "faiseurs" et artisans politiques de la hiérarchie militaire – sont des septuagénaires physiquement et psychiquement épuisés sinon malades;
2°) – la quasi déliquescence des Institutions politiques et des Administrations publiques à tous les niveaux de la vie nationale, profondément gangrenées par l'affairisme, l'incompétence et le clanisme politique ou régionaliste;
3°) – l'absence de réactivité citoyenne d'un peuple accablé, largement quadrillé par une pléthore de services de "sécurité" plus prompts à défendre le régime que les intérêts du pays et plus obéissants aux ordres du régime qu'aux commandements de la Loi ou aux règles de la morale. Un peuple livré à lui-même donc et pliant lourdement sous le poids du chômage, de la pauvreté et des difficultés quotidiennes de la vie dans le pays, quand il n'est pas harcelé et persécuté par une administration souvent arbitraire, à travers une bureaucratie procédurière et corrompue, qu'on dirait payée pour le pousser au désespoir….

G.I.A.....puis G.S.P.C.…..puis Al-Qaïda Maghreb…..Que faut-il lire derrière cette litanie d'enseignes de la mort violente ? A voir ce qui se passe au grand jour en Irak et en Afghanistan, voire en Palestine et au Liban, pourquoi nous faudra-t-il feindre d'ignorer l'existence de liens plus que probables entre ces "succursales" du terrorisme régional de leurs "maisons mères" - ayant pignon sur rue à Washington, Tel-Aviv ou Paris – et qui ont noms de C.I.A, de Mossad ou autres D.G.S.E, solidement adossés à des complicités intérieures félonnes, puissantes et efficaces ? On n'en voudrait pour preuve que cette promptitude suspecte chez certains de nos propres médias, à réfuter pareille hypothèse. Des médias dits "indépendants" mais ouvertement acquis à toutes sortes de "collaborationnismes" intérieurs ou extérieurs et dont certains font carrément dans le mercenariat journalistique, en relayant sans complexe, la propagande de l'islamophobie, si en vogue depuis quelques années, dans les médias occidentaux.
Alors pourquoi pas donc, cette piste de "Services étrangers" instrumentalisant sans état d'âme – chacun pour soi ou en "association" - ces cohortes d' "illuminés de l'Islamisme" ou de "harragas" désespérés, tous pur produit, à la fois d'une Ecole Algérienne de l'échec et du chômage, d'un Etat corrompu et en faillite morale et d'une société disloquée. Une société disloquée, appauvrie matériellement comme on peut le constater au petit matin dans les marchés des grandes villes, avec ces files entières de braves mères de famille gênées, fouillant les décharges à la recherche de nourriture. Une société appauvrie intellectuellement aussi, voire sciemment abrutie comme on peut en avoir une idée quand on a le courage de zapper sur cette misérable Télévision dite "publique"….
Bien sûr qu'il ne faut pas avoir l'obsession de voir partout "la main de l'étranger" et qu'il nous faut admettre que nos déboires et nos malheurs sont d'abord imputables à nous-mêmes pour peu qu'il existe une volonté politique réelle de neutraliser les actions étrangères hostiles ou potentielles. Il n'en demeure pas moins en revanche, que le fait d'écarter systématiquement l'intervention de "la main de l'étranger" constitue en soi, une attitude suspecte. Car c'est dans l'ordre des choses que notre pays, de par sa position stratégique, de par son étendue territoriale et de par ses ressources en particulier, constitue une cible de choix pour certaines ambitions étrangères. Particulièrement dans la conjoncture actuelle, nationale et internationale qui voit le retour sans complexes de la politique des canonnières du XVIIIème siècle qui a fait basculer une grande partie du monde dans les ténèbres du colonialisme criminel et exploiteur. Des signes inquiètants commencent à se faire jour, y compris dans les situations les plus banales.
Il suffira de citer l'exemple de ces citoyens algériens ordinaires qui ont eu l'occasion de circuler ces derniers temps aux alentours des zones d'exploitation ou de prospection pétrolières ou gazières dans les régions du Sahara, et qui se sont vus sommés à tout bout de champ d'exciper d'une "Autorisation". Certains de ces citoyens racontent qu'ils ont eu la terrible impression de revivre les restrictions à circuler du colonialisme vécu par leurs parents ou de vivre les prémices d'une future occupation – n'ayons pas peur des mots….
Si l'on est tous d'accord pour dire que les "kamikazes", les poseurs de bombes ou ceux qui les télécommandent, sont de vrais criminels, il est nécessaire d'élargir autant que possible le cercle des hypothèses sur les commanditaires étrangers potentiels et leurs intermédiaires en place, quel que soit leur statut ou leur position dans notre société. Nous ne sommes pas dans un monde de bons samaritains – si tant est qu'il le fut jamais – mais il n'y a aucune raison pour que les étrangers, spécialement les citoyens des pays occidentaux, soient considérés dans ce pays depuis ces dernières années comme étant des gens "au-dessus de tout soupçon". Le phénomène de flagornerie ou de génuflexion n'a jamais fait partie de la culture de nos ancêtres, pas même durant la période coloniale, et c'est précisément pourquoi il faudra s'inquiéter de cette soudaine obséquiosité que certains témoignent systématiquement aux occidentaux en particulier; même au niveau de certains hauts dignitaires du régime – si on peut dire.
Par ailleurs, et à moins qu'il ne se soit agi d'une vulgaire manipulation, les récents vivats à la France et la profusion de drapeaux français déployés lors de la visite de Sarkozy à Constantine constituent un autre signe inquiétant. Une poignée de main, çà se donne debout. Pas couché.
La nécessaire obligation politique et morale pour notre pays, de garantir la sécurité des étrangers – en particulier en période trouble – ne doit pas forcément se muer en obsession sécuritaire indécente, où l'on assiste souvent au déploiement d'un luxe de moyens quasiment insultant à l'égard du citoyen ordinaire; un citoyen qui a le droit après tout, de se dire que c'est lui qui "paie la facture" en dernier ressort. On a vu récemment par exemple, la mobilisation d'une douzaine de gendarmes à bord de 4 "Toyota" tous terrains, pour accompagner un consul et son épouse, en visite privée dans une paisible bourgade perdue dans le Sud. On n'évoquera que pour l'exemple, ce wali de la même région, qui se déplace régulièrement avec une dizaine de véhicules administratifs tous terrains, trois véhicules de Gendarmerie et deux véhicules de Police, avec en prime une ambulance fermant le cortège et traversant telle commune, toutes sirènes hurlantes, dans un nuage de poussière.
Ces pratiques aussi, constituent une forme de "terrorisme psychologique" qui génère le rejet, la haine et le mépris de l'autorité publique; une autorité publique qui, au lieu d'être perçue comme un recours moral, est regardée au mieux, comme le tyran local corrompu, venu s'enrichir et enrichir les siens, à coup de gros marchés publics accordés de gré à gré, en violation des Lois et Règlements, les Institutions et Services préposées au contrôle étant elles-mêmes profondément contaminées…

.Tout se tient donc: l'absence de vraie légitimité de l'Etat, entraîne fatalement la déliquescence de celui-ci.
Au regard de l'extérieur, cette déliquescence encourage les ambitions, au mieux, exploiteuses de l'étranger. Au regard de l'intérieur, cette déliquescence se manifeste par l'arbitraire et l'injustice, la corruption et l'impunité des puissants, le népotisme et le clanisme clientéliste ou tribal. Elle se manifeste aussi, cette déliquescence, par l'enrichissement effréné des plus riches et son corollaire la paupérisation sociale, avec son cortège de maladies, de dégradation des mœurs, de la morale, voire du sens du patriotisme. L'Etat, ses hommes et ses symboles deviennent alors les catalyseurs de la haine et du désespoir, notamment au sein de la population marginalisée des jeunes qui se transforment en terreau de recrutement, pour toutes sortes de "recruteurs".

Pour ce qui est des réactions officielles, ni le silence d'un Chef de l'Etat - probablement encore épuisé "lui aussi" par son propre discours à la gloire de son "ami" Sarkozy – ni encore moins les déclarations confuses de son ministre de l'intérieur, M. Zerhouni, dans une sorte d'arabe "problématique" n'auront éclairé en quoi que ce soit l'opinion nationale. Quant aux phrases prononcées par ce pauvre sous-chef de Gouvernement on ne s'en souvient même plus. C'est dire comment l'Algérie est gouvernée. Un vrai capharnaüm.
Pas pour tout le monde il est vrai.
– Abdelkader Dehbi.

 
jeudi 13 décembre 2007
  ALGERIE: L'URGENCE DU CHANGEMENT.

  
  Les monstrueuses attaques d'Alger du 11 décembre 2007 viennent une nouvelle fois
endeuillé toute l'Algérie et son peuple, qui plonge chaque jour un peu plus dans
un véritable enfer terrestre.
  En plus d'une situation très dégradée sur de nombreux plans notamment
socio-économiques et sanitaires, les algériens ne vivent plus en sécurité dans
leur propre pays depuis de nombreuses années. Malgré certaines apparences,
l'Algérie continue de s'enfoncer dans un gouffre de misère et d' insécurité qui
risque non seulement de durer mais aussi de s'amplifier.
  Le pays vit probablement les heures les plus sombres, les plus graves de son
histoire. Le contexte est dramatique.
 
 Les attentats qui ont été commis à Hydra et Ben Aknoun ressemblent étrangement à
ceux du 11 avril 2007 qui avaient fait au moins 30 morts. Le mode opératoire est
identique puisque des voitures chargés de plusieurs centaines d'explosifs visent
des lieux précis et provoquent un maximum de victimes dans la population. Les
images des sites visés du 11 décembre2007 témoignent de l'extrême violence des
explosions. Le bilan humain affiché actuellement est contradictoire puisque les
hôpitaux font état de près de 70 morts alors que le ministère de l'intérieur
communiquait le chiffre de 30 morts et 28 blessées.
  Il demeure là un sérieux problème au regard des chiffres et de l'écart constaté.
Il faut toutefois se rendre à l'évidence. Dans n'importe quel pays au monde, les
victimes sont toujours soignés dans les hôpitaux. Ces structures sont donc les
mieux placées pour soigner, sauver des personnes et rendre compte de leurs
activités à travers des chiffres on ne peut plus proches de la réalité, qu'ils
communiqueront par la suite aux ministères concernés et notamment celui de
l'intérieur.
Mais en Algérie la réalité est tout autre. Les victimes ont certes été pris en
charge dans les hôpitaux mais c'est le ministre de l'intérieur qui détient la «
vérité suprême » comme s'il avait personnellement accueilli les blessés et
constaté les décès. Dans un exercice de conférence de presse improvisé, le
ministre Zerhouni Yazid rendait compte avec une certaine autorité de l'état de la
situation. Mêlant un arabe hésitant et un français rudimentaire, il répondait aux
journalistes présents, louant une grande efficacité aux services de sécurité, à la
force de la nation, évoquant une Algérie debout....bref le langage de bois
habituel, mensonger qu'aucun algérien ne veut plus entendre.
 
Il reconnaît toutefois « une faille » dans le système de sécurité. A ce stade le
terme de « faille »n'est pas adapté, il est même déplacé par respect pour toutes
les victimes. Il est plus convenable de parler d'un énorme désastre avec un
système « totalement à la dérive », un État qui ne fonctionne plus et surtout qui
n'a jamais assuré sa prérogative première : celle de garantir la sécurité de ses
citoyens.
  Et lorsqu' une journaliste demande à Monsieur le ministre s'il ne craint pas le
départ des étrangers, il ne trouve rien d'autre comme réponse que d'exposer à
l'auditoire, une anecdote de son passé d'ambassadeur dans laquelle il évoque le
cas d'un grand patron étranger qui lui garantit de rester en Algérie si les
affaires restent juteuses. Notre ministre de l'intérieur semble plus préoccupé par
les dollars que par la sécurité sur le sol algérien.
  Le pays traverse une crise sans précédent, qui puise ses origines au coeur d'un
système, d'une caste mafieuse, qui a fait de la corruption sa raison d'être
s'accaparant ainsi le pays et ses richesses. 
  Au regard de la situation socio-économique, il est aisé de comprendre
l'incompréhensible à savoir comment un pays riche peut-il regorger de pauvres qui
représentent près de 90 % de la population. Les couches moyennes disparaissent
progressivement pour se paupériser davantage. Le pays subit une thérapie de choc
de la part de ses dirigeants qui bradent toutes les richesses du pays aux
investisseurs. Les sociétés étrangères fleurissent sur le territoire, BNP
Parisbas, Speedy, Société Générale, Carrefour...ou encore EMAAR, une firme du
golfe qui voudrait investir et surtout s'approprier la capitale en y investissant
20 milliards de dollars. Le régime se contente de sauver les apparences en
installant des firmes reconnus dans l'imaginaire des algériens, mais
malheureusement inaccessibles pour eux.
  La réalité est tout autre puisque la situation socio-économique est alarmante et
l'écrasante majorité des algériens souffrent, et survivent dans un pays sans
avenir. Le chômage frappe plus de 40 % de la population active, la crise du
logement s'est définitivement installé en Algérie et les produits de première
nécessité connaissent une inflation foudroyante comme l'huile à 750 dinars le
litre, la pomme de terre à 40 dinars ou encore le lait qui s'achète désormais en
poudre en raison de son prix élevé. Il faut rappeler que le salaire moyen en
Algérie se situe autour de 7000 dinars soit à peu près 70 euros. Cela contraste
avec les bénéfices colossaux engrangés par les exportations d'hydrocarbure, et les
réserves de change du pays qui sont estimés à plus de 100 milliards de dollars 
 
  En fait, il s'agit de la suite logique d'un pays qui ne possède aucune économie
digne de ce nom et qui ne se contente uniquement d'importer et donc de subir de
plein fouet certaines inflations internationale relatives à certains produits. 
  Et le plus dur reste à venir puisque l'Algérie ne s'est pas encore penché sur
l'après pétrole.
  Dans le contexte actuel, le pays ne possède aucun avenir et si des visas devaient
être délivrés il ne resterait pas grand monde sur le territoire. Les algériens ont
perdu tout espoir et ont fini par comprendre que leur pays était l'otage d'un
régime mafieux qui a fait de la corruption une religion d'état. Ce système
criminelle, tentaculaire, initié par un clan de généraux, trouve ses relais dans
toutes les sphères du pouvoir et les institutions de l'Etat. 
  Aujourd'hui les dégâts occasionnés sont monumentaux puisque le pays est dans une
situation de délabrement général. Plus aucune institution ne fonctionne en
Algérie. Le pays est à l'arrêt, et malheureusement son peuple en plus de vivre une
situation-économique chaotique, il doit également faire face à un contexte
sécuritaire désastreux.
  L'Algérie est un pays violenté par ses dirigeants depuis de trop nombreuses
années. Les chiffres sont éloquents: plusieurs centaines de milliers de morts, des
dizaines de milliers de disparus et des millions de pauvres algériens qui
survivent dans l'horreur du quotidien. Le régime qui perdure depuis longtemps sous
des facettes diverses a échoué. Pire encore, certains portent la responsabilité de
la situation dramatique que traverse le pays. Ils devront tot ou tard ans un Etat
de droit répondre de leurs actes devant la justice inexistente actuellment.
  Il est important que chaque algérien prenne conscience que l'heure est grave. Le
pire est à venir. Aucune évolution à tous les niveaux n'est envisageable dans ce
pays, tant qu'il subsistera la corruption. Une véritable rupture est nécessaire
avec un système qui sert ses intérêts avant tout.
  Un changement radical en profondeur s'impose dans toutes les sphères
institutionnelles du pays. Le pouvoir politique doit être rétabli, en installant
des personnalités d'exception intègres au gouvernement, ce qui est loin d'être le
cas actuellement, y compris au sommet de l'Etat. Les vrais problèmes doivent être
abordés: la sécurité,la situation socio-économique, l'éducation, la santé, la
justice et la corruption. 
  Chacun de nous doit faire preuve de courage et dénoncer publiquement ceux qui ont
plongé le pays dans le crime,la misère et la dépravation. Une prise de conscience
collective est nécessaire afin de construire une République nouvelle avec des
hommes nouveaux qui permettrait réellement au peuple de devenir souverain 
 Ben Ali
Le 12 décembre 2007
 
mercredi 12 décembre 2007
  Les bombes continuent à déchiqueter les Algériens... A quoi serviront les condamnations?
Alger a été ébranlée encore une fois par des attentats meurtriers. Des Algériens et des Algériennes, ainsi que des étrangers, ont payé de leurs vies pour des conflits qui les dépassent mais qui bafouent leur droit à la vie et à l’intégrité physique et morale. Ce n'est pas la première fois, hélas, qu'une telle hécatombe s'abat sur un peuple meurtri. Sera-t-elle la dernière ? Apparemment pas, selon ce que nous déclare aujourd'hui celui qui est censé tout mettre en œuvre pour protéger les citoyens contre de telles horreurs. Ainsi, Nouredine Zerhouni ne trouve rien de mieux à nous dire que : "Nous ne sommes pas à l'abri d'attentats de ce genre" !
Bien évidemment il faut affirmer d'abord avec force et clarté le refus de tout acte, quelles qu'en soient les motivations, visant à semer la mort, la terreur et la dévastation. Que des citoyens et des officiels du monde entier dénoncent et condamnent de tels attentats, c’est nécessaire. Que des Algériens se contentent d'en faire de même, ce n'est pas suffisant. Allons-nous nous contenter de vivre indéfiniment le cercle vicieux attentats-condamnations ? Ou bien tout simplement fustiger Al-Qaida et le "terrorisme islamiste", termes en vogue, pour empêcher toute analyse sérieuse et rigoureuse d'une situation qui risque de décimer l'Algérie en tant que peuple et Etat ?
Les va-t-en guerre vont nous promettre que cette fois, ils vont "tuer pour de bon la bête immonde", que les "derniers éléments d'Al-Qaida sont en train d'être mis hors d'état de nuire"... en omettant bien entendu de nous dire quand et ou aura lieu la prochaine boucherie !
Il faudrait être malhonnête, inconscient ou aveugle pour ne pas se rendre compte que la situation actuelle n'est que le résultat logique de la dérive d'un pouvoir dictatorial et corrompu. Il faudrait être borné et mégalomane pour ne pas se rendre compte que la dite réconciliation de ce pouvoir n'a fait qu'aggraver la situation. L'injustice, la « mal vie », la corruption, un pouvoir sclérosé considérant le pays comme son bien privé, tout ceci a fait que des jeunes Algériens et Algériennes préfèrent se faire sauter ou prendre le large dans des embarcations de fortune, souvent vers une mort certaine.
Une autre dérive de ce pouvoir et de ses relais est de considérer que l'on se doit simplement de "condamner l'attentat commis par Al-Qaida et réaffirmer qu'il n'y a que le pouvoir et sa réconciliation comme réponse adéquate à la barbarie". Or cette approche maladive et criminelle ne fait que perpétuer le malheur et l'horreur. Elle évacue aussi une question de fond, à savoir comment faire confiance à un régime dont l'implication dans de graves crimes et atteintes aux droits humains n'est plus à démontrer. N'est-il pas aussi curieux de constater que des bâtiments des Nations Unies à Alger aient été visés quelques semaines après qu'un rapport des plus accablants pour le régime algérien ait été rendu publique par le Comité des droits de l'Homme ?
Il ne fait nul doute que dans quelques jours, le pouvoir et ses relais folkloriques nous rappelleront qu'il y a "plus important" que de discuter de ces horreurs qui hantent la vie des Algériens : il y a urgence à préparer le 3ème mandat pour Bouteflika. C'est cela qui compte le plus pour ce pouvoir. On oubliera encore les morts du 11 décembre 2007 comme on veut imposer d'oublier les 200 000 morts depuis le coup d'Etat de janvier 1992 ainsi que les dizaines de milliers de disparus. Y a-t-il dans cette optique d'autre issue que d'œuvrer inlassablement pour mettre fin à ce régime incompétent et dictatorial. Le peuple algérien doit dire non au terrorisme et aussi non à un régime qui l'a enfanté et qui s'en nourrit !

Dr. M. Dhina
secrétariat de Rachad
 
lundi 10 décembre 2007
  Le “Nouveau Moyen-Orient”, c’est la continuation du passé colonial avec de nouveaux “managers”



Le “Nouveau Moyen-Orient”, c’est la continuation du passé colonial avec de nouveaux “managers”

Professeur à l’université de Californie à Berkeley (UC Berkeley – aux départements d’études du Proche-Orient et d’études ethniques ), Hatem Bazian revient dans cet entretien sur la conférence d’Annapolis sur le Moyen-Orient organisée par l’administration Bush.

Quel est votre opinion sur la conférence sur le Proche-Orient qui a été organisée par Condoleeza Rice le 27 novembre à Annapolis.

Cette conférence d’une journée a montré qu’il n’y avait pas grand-chose à en attendre. Les Palestiniens et les Israéliens se sont déjà rencontrés au moins sept fois pour essayer se mettre d’accord sur un langage à tenir, sans que rien de substantiel ne se matérialise pour l’instant. Condoleeza Rice a fait la navette pour essayer de rapprocher les deux parties supposées, les Israéliens et les Palestiniens.

Pourquoi une telle urgence à ces heures étranges de l’administration Bush, alors qu’il ne lui reste qu’un an à peine en fonctions ? Pourquoi cette urgence alors qu’au cours des sept dernières années, l’administration Bush a traité les Palestiniens plutôt à la légère et ne les a placés au centre d’aucune initiative d’importance au Moyen-Orient. Si on se souvient, après le 9 septembre 2001, l’administration Bush a considéré que la paix au Moyen-Orient, et en particulier en Palestine, passait par Bagdad. C’était le grand sujet des néo-conservateurs tels que l’American Entreprise Institute, Dick Cheney, Scura Libby, Donald Rumfeld ou encore Paul Wolfowitz.

Toutes ces personnalités étaient convaincues que pour avoir une paix israélo-palestinienne, il fallait aller en Irak et éliminer la menace Saddam Hussein. Pourquoi était-il tout à coup crucial de l’éliminer pour obtenir la paix israélo-palestinienne ? Parce qu’avec Saddam Hussein sorti de la scène, les Palestiniens n’auraient plus de parrain. Ils n’auraient plus cette base de soutien, que leur offraient les derniers vestiges du nationalisme arabe, même déformé comme celui de Saddam Hussein, très dilué. Ainsi les Palestiniens seraient forcés d’accepter la pax americana américano-israélienne pour le Moyen-Orient, d’accepter de vivre dans un territoire palestinien qui ressemble à un bantoustan tel qu’il a pu exister au Pakistan ou en Afrique du Sud. On voit où cette idée nous a menés : à un échec lamentable pour ce qui est d’amener quelque paix que ce soit aux Palestiniens ou au « Grand Moyen-Orient ».

A présent, le nouveau projet est le « containment » de l’Iran. Souvenons-nous de l’administration Reagan et de sa politique de double « containment » : il fallait « contenir » le nationalisme arabe d’un côté et de l’autre, le fondamentalisme islamique dans sa forme iranienne, le fondamentalisme chiite. Ces deux objectifs de politique étrangère de l’administration Reagan, Bush senior et l’administration Clinton en ont hérité. Il y avait donc un effort constant de contenir ces deux aspects : le nationalisme arabe et le fondamentalisme islamique, l’insurrection islamique au Moyen-Orient, représenté par l’Iran.

Aujourd’hui, le programme irakien est à terre et les néoconservateurs font un « come back » sur le thème : « les vrais hommes » vont à Téhéran. Ils s’agitent pour obtenir une attaque sur l’Iran. Cibler l’Iran, continuer le deuxième objectif, à savoir le “containment” du fondamentalisme islamique à la tête du chiisme.

A une époque, les Etats-Unis soutenaient les talibans. Au début, ils voulaient que les talibans réussissent pour créer un conflit entre les sunnites et les chiites. Le fondamentalisme sunnite contre le fondamentalisme chiite afin de les neutraliser, de les « contenir » tous les deux. Cela fait partie de ce qu’on appelle la stratégie du « containment », qui consiste à dévier systématiquement les ressources de votre ennemi dans des conflits secondaires. Si le fondamentalisme sunnite affronte le fondamentalisme chiite, leurs ressources pourront être épuisées. A présent que la campagne d’Irak a échoué, il faut contenir l’Iran.

Pour cela, il faut constituer une nouvelle coalition sunnite. Et donc convaincre des éléments du monde sunnite que l’Iran est une menace pour eux afin qu’ils propagent l’idée que « l’Iran est notre principal ennemi ». Mais pour cela, il faut s’occuper de la question palestinienne. Les Etats-Unis doivent trouver le moyen que l’Iran et les forces progressives au Moyen-Orient ne puissent pas rallier la cause palestinienne ni dénoncer le fait que les projets américains dans la région sont basés sur l’échec et sur une entreprise coloniale qui continue à se dérouler en Palestine. Alors pourquoi tant d’urgence à propos de cette conférence du 27 novembre ?

Parce qu’il doivent rassembler cette coalition et qu’un des éléments nécessaires pour les Saoudiens, les Egyptiens, les Marocains et les Jordaniens qui veulent en faire partie, c’est de se débrouiller pour que la question palestinienne soit remplacée à la Une des journaux par le « containment » de l’Iran. Alors seulement ils pourront faire basculer l’opinion publique arabe et les convaincre de soutenir l’invasion de l’Iran. C’est leur hypothèse, la stratégie qu’ils suivent. Cette conférence est venu à un moment critique pour faire avancer le projet israélo américain pour la région, qui est aussi celui des élites arabes.

A propos du conflit entre le Hamas et le Fatah, comment avez-vous analysé ce sommet sur le Moyen-Orient et le soutien affiché à Abbas contre le Hamas ? Comment Abbas peut-il négocier la question palestinienne alors qu’il ne contrôle pas la moitié des territoires et ne dispose pas de la légitimité requise ? Comment s’est joué ce conflit au milieu de cette conférence ?

Cette conférenc a contenu beaucoup d’éléments. Un des objectifs est de donner de la crédibilité à Abbas. Les Américains veulent qu’il ait l’air présidentiable. Pour cela, il faut l’entourer d’un groupe de gens importants et prendre des photos. Tout l’aspect cérémonial est là. C’est pourquoi ils ont souhaité que les principaux Etats soient présents, comme l’Arabie saoudite. Donc ce que j’ai vu, c’est qu’ils essaient de construire une image d’Abbas et en même temps ils mettent le Hamas sous pression dans la bande de Gaza. Comment mettre la pression ?

En réduisant les ressources qui entrent. Mais sans couper tout à fait les vivres, parce que sinon les gens vont finir par mourir de faim. Simultanément, il ne faut pas que l’Iran puisse en profiter pour augmenter son aide aux Palestiniens, parce qu’alors il n’y a plus de moyen de pression dans les Territoires. En bref, les objectifs de la conférence étaient :

1) Rendre Abbas présidentiable, créer sa crédibilité, donner l’impression que la communauté internationale, cette chose nouvelle que l’on appelle « communauté internationale », croit en Abbas.

2) Assurer des ressources pour l’Autorité Palestinienne. Les membres du G8 et les 10 pays industrialisés seront présents afin de s’engager à fournir des ressources. Le pari israélo-américain, c’est que les Palestiniens voteront en fonction de leurs intérêts et c’est pourquoi de plus en plus de ressources vont à l’Autorité palestinienne d’Abbas pendant qu’on affame l’Autorité palestinienne du Hamas dans la Bande de Gaza.

Après le sommet, quand Abas est rentré , on lui donnera les clés de la société palestinienne avec les ressources et la crédibilité. Alors on resserrera encore l’étau sur les Palestiniens de Gaza pour qu’ils comprennent qui est le chef et comment ils doivent se conduire. Mais voilà, tout cela fonctionnerait magnifiquement s’il n’existait pas une communauté de colons israéliens avec leurs propres idées et leurs propres projets.

Pour les colons, même Abbas, avec tout ce qu’il représente, est inacceptable, parce qu’ils n’ont pas renoncé au « Grand Israël », c’est-à-dire une terre sans peuple au sens littéral du terme. C’est pour cela qu’Abigail Lieberman, le vice premier ministre israélien, pense que les Palestiniens doivent tous être « transférés » des Territoires occupés et qu’il existe déjà un Etat palestinien qui s’appelle la Jordanie. Il est le numéro deux du gouvernement d’Olmert. Israël n’est donc pas prêt à affronter ses colons. Et même si demain Abbas vendait les droits de sa propre mère ils répondraient : « Ce n’est pas suffisant. Ce que nous voulons c’est que vous et vos cousins, oncles, sœurs, frères et tout le monde preniez vos valises et que vous partiez de l’autre côté du Jourdain. Alors, nous aurons une solution acceptable. »

Il y a 530 000 colons dans les Territoires occupés et ils sont lourdement armés. Beaucoup font partie des patrouilles frontalières, c’est-à-dire de l’élite militaire israélienne. La société israélienne en général, et encore moins le gouvernement, ne peuvent s’opposer à eux parce que ce serait nier l’idée historique du sionisme, du retour sur la terre donnée par Dieu. C’est un aspect majeur de la société israélienne, et même si les Palestiniens se débarrassaient du Hamas et renonçaient à tous leurs droits, il resterait ce problème au centre de la scène.

A propos de la récente manifestation organisée en mémoire de Yasser Arafat à Gaza, les médias désignaient le Hamas comme responsable des violences et rapportaient que des membres du Fatah criaient à des militants du Hamas « Chiites ! Vous êtes des chiites ! » N’est-ce pas une façon de transposer dans la politique locale le conflit sunnites-chiites que l’empire essaie de créer dans la région ?

Avant de répondre à cette question, je veux préciser ceci : dans le monde sunnite, en Egypte par exemple qui est sunnite à 99 %, ainsi qu’en Jordanie, en Arabie Saoudite, au Yemen, au Maroc, en Algérie, en Tunisie et même en Malaisie et en Indonésie, la personnalité la plus populaire est Hassan Nasrallah, le dirigeant du Hezbollah, le groupe chiite libanais. Il est suivi, en termes de popularité, par le président d’Iran. Dans le monde sunnite ! Dans les milieux populaires s’entend, pas parmi les dirigeants politiques. Mis à part le langage problématique qu’utilise d’Ahmadinejad, ses propos sur l’Holocauste par exemple sont inacceptables.

S’il voulait vraiment en parler, alors il aurait dû organiser une cérémonie à la mémoire des victimes et inviter les ambassadeurs européens à présenter leurs condoléances et aussi à commencer à s’excuser pour les croisades. Je pense qu’en niant des éléments historiques de l’holocauste, il a joué en faveur des Européens au lieu de les mettre au défi et de distinguer le monde musulman de l’histoire européenne. Je pense que c’est très problématique et que c’est une erreur stratégique de sa part. Mais après avoir dit ça, Hassan Nasrallah et Mahmoud Ahmadinejad sont les plus populaires pour une raison : ils ont été capables d’articuler le sentiment populaire, de la rue, du monde musulman et arabe.

Ils dénoncent les contradictions dans lesquelles se trouvent les Etats-Unis et l’Europe, ils rappellent à chaque fois qu’on parle de liberté qu’il y a un ensemble qui s’appelle Israël qui repose sur l’occupation des Palestiniens. Ils refusent d’accéder aux demandes des Etats-Unis d’appeler à la reconnaissance du droit d’Israël à avoir un pouvoir incontesté dans la région. Ils dénoncent le fait que, tout en poursuivant leurs programmes nucléaires, les Etats-Unis et les Européens demandent à l’Iran de stopper le sien sous prétexte qu’Israël est tout proche, et pourtant personne ne parle de ce que prépare Israël. De plus, Nasrallah a gagné la guerre l’été dernier.

Sauf peut-être aux yeux de quelques-uns à Washington et de quelques commentateurs de Fox News incapables de reconnaître la réalité quand ils la voient, le Hezbollah a infligé une défaite au Sud-Liban, dont les effets psychologiques sont bien plus importants que la défaite limitée sur le terrain. Israël n’est plus incontesté dans sa capacité à infliger la douleur. Le pouvoir d’Israël était incontesté avant l’été 2006 dans le sens où l’armée israélienne pouvait attaquer n’importe où avec ses avions sans avoir à souffrir de perte sur son propre territoire. Le développement des missiles à courte et moyenne portée par le Hezbollah lui a permis de faire jeu égal en termes de capacité à infliger la douleur.

En un mot, la gravité des dégâts psychologiques de cette bataille a transformé le Hezbollah en une force majeure, un symbole du défi à Israël dans le monde arabe et musulman. Hassan Nasrallah est donc la personne la plus populaire du monde arabe et musulman, sunnites et chiites confondus. Pour ce qui est des relations entre le Fatah et le Hamas, il est intéressant de noter qu’il représente à petite échelle la dynamique dans le Moyen-Orient et au niveau mondial. D’un côté, le Fatah représente l’ancien régime pour les Palestiniens.

Les anciens dirigeants, corrompus qui fonctionnent à l’intérieur du cadre des élites du monde arabe. Ils ont pris des engagements à l’intérieur du cadre israélo-américano-arabe sur les conflits et sur la façon dont la région doit être gouvernée et administrée. Ils sont prêts à accepter toute aide financière pour maintenir le status quo.

En face, vous avez le Hamas, qui doit aussi être considéré en terme de classes. La force du Hamas est dans les camps de réfugiés, dans les plus basses couches de la société. Les dirigeants du Hamas viennent majoritairement de la Bande de Gaza qui ne possède aucune ressource. Ils font partie de la jeune génération qui vit sous occupation, pas des dirigeants de Tunisie comme ceux du Fatah. Ils ont grandi en appelant de leurs vœux un changement dans le paysage stratégique.

Que pensez-vous du « Nouveau Moyen-Orient » que propose l’administration Bush et quel effet cela a-il sur le conflit entre le Hamas et le Fatah ?

Le « nouveau Moyen-Orient » des Etats-Unis est essentiellement une continuation du passé colonial avec de nouveaux « managers ». Au contraire, le Hamas représente une identité politique particulière. Il est parfois problématique, mais il affirme que nous avons une façon différente, une attitude différente, une notion différente du Moyen-Orient qui devrait appartenir à son propre peuple. Ce qui s’est passé lors de la récente manifestation à la mémoire d’Arafat à Gaza est toujours sujet à différentes interprétations.

Ce qui est sûr, c’est qu’il y a eu tentative de retourner le cours des choses. La prise du pouvoir par le Hamas dans la Bande de Gaza été ressentie comme un échec par le Fatah qui voulait ramener la Bande de Gaza sous sa bannière. Mais cela ne suffisait pas : il fallait aussi que l’échec du Hamas soit total, pour ne pas laisser l’ennemi enregistrer un succès. Et ce besoin de voir le Hamas échouer dans son gouvernement a une dimension plus large au Moyen-Orient. L’Egypte fait face à un puissant mouvement musulman. Tout indique que s’il y avait des élections aujourd’hui en Egypte, les Frères Musulmans gagneraient sans même avoir à descendre dans la rue pour faire campagne. En Jordanie, des élections se tiendront l’année prochaine et toutes sortes de magouilles ont déjà été faites pour s’assurer que le choix des gens ne sera pas respecté.

En Afrique du Nord, presque tous ces régimes font face à une forte identité musulmane et si des élections libres avaient lieu, l’islam politique gagnerait. Le Hamas représente la possibilité de réussir. Sans parler de leur programme social ou économique, ils ont réussi à se faire élire lors d’élections libres et démocratiques. Aucune violence, pas un seul mort pendant les élections. Et s’ils avaient la possibilité de gouverner, ils rompraient avec les a priori eurocentriques : tout à coup, ils pourraient prier et gouverner. Dans la pensée européenne depuis le 17e siècle, le problème dans le monde musulman est qu’ils continuent à être musulmans et qu’ils s’agrippent à un texte, le Coran, qui n’a aucune valeur.

Donc ils doivent abandonner leur pensée islamique et rattraper leur retard par rapport à la pensée européenne. Le problème, c’est qu’on ne peut jamais rattraper, parce tout ce qu’on fait dans ce cas là, c’est se transformer en une mauvaise imitation du maître. Et créer un sentiment d’infériorité dans le monde musulman.

Le conflit entre le Hamas et le Fatah montre ce qu’il pourrait se passer dans le Moyen-Orient à l’avenir. Même l’usage du terme Moyen-Orient est très problématique. C’est un terme fabriqué. Aucun habitant du Moyen-Orient dit qu’il est du Moyen-Orient. Le terme est apparu dans la littérature dans les années cinquante et soixante. Avant, on pouvait faire partie du monde musulman, de ce qu’on appelle la péninsule syrienne ou de l’Afrique-du-Nord. Même l’identité qui découle d’un terme politique est sujet à contestation entre le Hamas et le Fatah.

Le Fatah a choisi la définition des Américains, des Israéliens et des dirigeants politiques arabes. Le Hamas essaie de s’affirmer ou de se reconfigurer, en résonance avec la rue, contre le colonialisme, conte le « Nouveau Moyen-Orient », contre les projets américains dans la région. Et quand le Fatah utilise le terme « chiites » ou « Iraniens » contre le Hamas, c’est pour essayer de priver le Hamas de sa légitimité en affirmant qu’ils sont les agents de pouvoirs extérieurs. Mais il est aussi intéressant de noter qu’en disant que les membres du Hamas sont « chiites », ce qui n’est pas péjoratif – les chiites font partie des 1400 ans de traditions islamiques – ils essaient d’utiliser une fois de plus les Iraniens contre les Arabes. Il y a une ancienne rivalité entre les Arabes et les Perses.

Donc ils disent « vous êtes les agents des Iraniens », les agents de ceux qui sont considérés comme Hawari, ce qui dans la terminologie historique islamique signifie « ceux qui se rebellent contre l’autorité religieuse ». Dire « vous êtes Chiite », c’est dire « vous faites partie de ceux qui se sont révoltés contre les dirigeants légitimes du troisième califat d’Oman, comme le quatrième calife Ali. Donc ils essaient de mélanger le contexte politique actuel avec des commentaires historiques, théologiques et religieux afin d’enlever au Hamas ses références religieuses.

Le Hamas est un mouvement sunnite et non chiite et ce que le Fatah essaie de faire c’est de le délégitimer totalement en disant qu’ils ne sont plus les gardiens de la révolution mais seulement les agents de l’Iran dans la région. Ce qui pose la question : au Moyen-Orient, de qui vaut-il mieux être l’agent, des Etats-Unis et d’Israël ou de l’Iran ? Le Fatah devra y répondre

À propos de la rivalité entre le Hamas et le Fatah, on voit des milliers de personnes dans la rue pour honorer la mémoire d’Arafat dans un lieu où le Hamas a gagné les élections. Comment peuvent-elles à la fois manifester leur attachement à Arafat et reconnaître le Hamas comme la nouvelle force politique ?

Je pense que Yasser Arafat est un symbole national. Il traverse les frontières politiques. Peu de gens savent qu’il a fait ses premières armes auprès des Frères Musulmans en Palestine. Il en a été membre de 1947 jusqu’à la fondation de son propre mouvement, en 1956 (certains le situe en 1958). L’essentiel du support qu’il a reçu au début provenait de al-Lkhwan, le mouvement des Frères Musulmans. Plus tard, il a pris ses distances. Mais il conservait un lien historique avec les Frères Musulmans et c’est peut-être ce qui lui permettait de jouer sur les deux côtés simultanément. Il était un maître de l’équilibre des pouvoirs.

Il est une figure nationale. On peut dire qu’il est le père de la société politique palestinienne, avec les problèmes qu’il pose, et il y aurait de quoi en parler. Des gens de toutes affiliations politiques sont sortis pour honorer sa mémoire parce qu’il représente cette identité nationale et qu’il a travaillé dur pour elle. Il aurait pu devenir un des individus riches du Golfe. Il était ingénieur, il travaillait dans le Golfe à une époque où personne n’avait de travail. Cela marchait déjà bien pour lui. Il a quitté cela pour lancer le mouvement révolutionnaire palestinien. Il a lutté pendant une cinquantaine d’années. Il n’est pas étonnant qu’un grand nombre de gens soient sortis pour lui rendre hommage. Abbas et le Fatah veulent utiliser sa mémoire à leur crédit en disant : « nous défendons sa mémoire et sa révolution ».

Je pense qu’Abbas va se trouver dans une situation très difficile parce qu’Arafat a dit « non » à Camp David. Donc la mémoire d’Arafat est aussi une mémoire politique parce qu’en disant « non », il a établit un plafond minimum. Abbas ne peut pas accepter moins que ce qu’Arafat a refusé sans avoir l’air de vendre sa mémoire. Je pense qu’Abbas est prêt à signer n’importe quel type d’accord qui lui garantisse le sauvetage politique dont lui et ceux qui l’entourent ont besoin. Le Fatah essaie de se reconstituer en utilisant Yasser Arafat comme point de ralliement.

Mahmoud Abbas ne peut même pas rassembler 10 membres de sa famille autour de lui, mais s’il utilise Yasser Arafat, il pourrait peut-être y parvenir. La réalité politique à laquelle doit faire face le Fatah en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza, c’est que le changement politique dans la société palestinienne a déjà eu lieu. Si l’on se penche sur toutes les élections dans les Territoires occupés depuis 1991 et peut-être même avant 1988, avec le début des élections, (il s’agissait d’élection étudiantes et locales), ce qu’on découvre c’est un mouvement régulier qui va de l’OLP vers le Hamas. Parfois, le Hamas était en coalition avec le FPLP et le FDLP contre le Fatah.

Ce changement dans le corps politique palestinien a déjà eu lieu. Ce que le Fatah essaie de faire, c’est d’empêcher la transformation complète. Mais c’est une bataille perdue, parce qu’ils ont accroché leur wagon aux Etats-Unis et à Israël. Or les Etats-Unis les trahiront à la première occasion. Quant aux Israéliens, la seule chose qui les intéresse, c’est un chef de plantation, et non le membre d’un mouvement de libération. Enfin, ils ont aussi accroché leur wagon aux Jordaniens, aux Egyptiens et aux Saoudiens. Et ainsi ils s’installent dans une structure au niveau local et international qui est déjà discréditée. Je dirais que si les Etats-Unis sont incapables de leur proposer le 27 novembre une solution sensée, les jours politiques du Fatah sont comptés.

S’ils ne proposent rien sur le droit au retour, sur les 11 000 prisonniers politiques, sur Jérusalem pour les Palestiniens et sur les frontières de 1967, ils ne pourront pas revenir vers les Palestiniens et leur dire « vous savez quoi, nous avons signé un accord et cela ressemble à une plantation. Vous pouvez avoir des permis de taxi, vous avez le droit de ramasser vos poubelles, et rien de plus. » Je parie que les Israéliens et les Américains ne sont prêts à céder sur rien.

Les Israéliens ne vont certainement pas faire des concessions pour George Bush. Il est un canard boiteux qui va partir dans 11 ou 12 mois. Pourquoi parieraient-ils sur lui ? Ce que Bush veut peut-être, étant donné ses échecs, c’est entrer dans l’Histoire avec un succès, quel qu’il soit. Et s’il veut attaquer l’Iran, il a besoin de cela. Je ne pense pas que les Israéliens aient l’intention de lui offrir une stratégie de sortie, même dans la question israélo-palestinienne.

Notes

Interview realisée par Claire Liénart (journaliste indépendante) et Ramon Grosfoguel (professeur à UC-Berkeley)

Hatem Bazian est un universitaire palestino-américain. Il est professeur dans les départements d’études du Proche-Orient et d’études ethniques à l’université de Californie à Berkeley (UC Berkeley). Il enseigne à la Boalt Hall School of Law, également à UC Berkeley. Il instruit des cours sur la loi et la société islamiques, l’islam aux Etats-Unis, les études religieuses et les études du Moyen-Orient. En plus de Berkeley, le professeur Bazian enseigne aussi les études religieuses au Saint Mary’s College de Californie et il est conseiller au centre de religion, politique et mondialisation à UC Berkeley et au Zaytuna Institute.

Originaire de Naplouse, dans la Palestine historique, il a immigré aux Etats-Unis pour y poursuivre des études supérieures après avoir terminé le lycée à Amman, en Jordanie. Il a obtenu une double licence en relations internationales et en communication à l’Université de l’Etat de San Francisco (San Francisco State University) tout en préparant une maîtrise en relations internationales avant de s’installer à UC Berkeley pour y achever un doctorat en philosophie et études islamiques.

L’éditorialiste conservateur David Horowitz considère le professeur Hatem Bazian comme l’un des professeurs les plus dangereux des Etats-Unis à cause de ce qu’il estime être des opinions antiaméricaines

 
"Si vous n’y prenez pas garde, les journaux finiront par vous faire haïr les opprimés et adorer les oppresseurs." Malcom X

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