ELWATAN-ALHABIB
mercredi 28 mars 2007
  Litterature sevile au secours d'un pouvoir corrompu et debile
Par Abdelkader Dehbi

Le ridicule ne tue pas certes, – et c'est bien dommage -, mais il a le don de nous mettre en boule. Voici donc une pleine page publicitaire – la page 20 - parue en ce samedi 24 Mars 2007 dans le quotidien en langue arabe "Ach-Chourouk" et annonçant la bonne nouvelle, c'est-à-dire la toute prochaine parution d'une biographie consacrée à M. Bouteflika sous ce titre ahurissant: "LE GEANT DE LA POLITIQUE MONDIALE, LE GENIAL PRESIDENT BOUTEFLIKA" sous la plume d'un certain Dhouifi Amar Saïfi, dont on ose espérer - pour la suite des évènements -, qu'il s'agit bien d'un pseudonyme….et surtout pas d'un autobiographe.Selon la présentation qui en a été faite, cette biographie se répartit en 5 volumes de 134 pages chacun. Le sommaire du premier volume à paraître, – on se demande d'ailleurs ce qu'il reste à dire dans les quatre autres -, traite en particulier des points suivants:- Les grandes réalisations de Bouteflika;- le règlement de la dette algérienne;- la liquidation de la mafia politique;- la volonté du peuple algérien d'immortaliser Bouteflika;- Bouteflika sera immortel;- l'amour du peuple pour Bouteflika;- la fidélité du peuple à Bouteflika;- le peuple ne permettra pas à Bouteflika de quitter le pouvoir;- l'amour de Bouteflika pour le peuple;- quelques poèmes célébrant les vertus du Président Abdelaziz Bouteflika.Suit alors, après présentation de cet hallucinant sommaire, un long embrouillamini de phrases absconses sensées être le fruit d'une "recherche approfondie s'étendant sur deux années" où l'auteur de la biographie s'élève tantôt contre "les accusations mensongères émanant de Abdelmoumène Khalifa, mettant en cause l'honorabilité de M. Bouteflika", tantôt contre " les pressions exercées par les forces de l'ombre pour empêcher la révision de la Constitution, révision qui a été ajournée à plusieurs reprises…". Puis, nous voici plongés sans transition dans les arcanes de la "la lutte contre la corruption, le blanchiment d'argent et les différents réseaux terroristes liés à El Quaïda…."….etc…etc…Puis, cet avertissement solennel: "Que les ennemis de l'Algérie, ceux de l'intérieur comme ceux de l'extérieur, sachent que les 33 millions d'Algériens sont tous des Bouteflika et qu'ils sont tous prêts à se sacrifier pour lui. Et que cette fois-ci, le scénario de l'assassinat du Président Boudiaf ne se répètera pas. Et que si El Quaïda , - réseau mondial ou réseau algérien - veut trouver un nouveau Boumaârafi, il lui faudra trouver 33 millions de Boumaârafi…." etc…etc…Enfin, l'auteur de cette biographie termine la présentation de son "ouvrage" par un véritable délire en vers, à l'adresse de Bouteflika, qu'il qualifie de "glorieux" et à qui il "garantit" l'éternité du paradis, en prenant Dieu Lui-Même à témoin, dans une espèce de transe verbale qui semble moins tenir de la spiritualité divine que de l'hystérie démoniaque, en vogue dans certaines zaouïas "ressuscitées" ou carrément réinventées.Je laisse le temps au lecteur de reprendre ses esprits. Nous sommes bien en Algérie hélas ! Et en l'an de grâce 2007. Seul cet infortuné de laudateur apparemment halluciné, semble revivre dans son esprit malade, ce genre inférieur que fut durant si longtemps, la littérature apologétique et servile. Un genre littéraire qui a discrédité les plus talentueux des écrivains, dès lors qu'ils ont mis leurs plumes au service du pouvoir, quand bien même ce pouvoir était symbolisé par d'authentiques Souverains ou de vrais hommes d'Etat. Et on est loin de ce cas de figure-ci, en tout état de cause. Il suffit de relire en effet Al Mutanabbi, flattant Seïf-Ad-Dawla, l'Emir d'Alep, ou bien les harangues de Bossuet, à l'adresse du "Roi Soleil". Sans oublier, plus près de nous, Staline le sanguinaire, baptisé "petit père des peuples" par les chantres littéraires du "réalisme socialiste"; ni le sinistre Ceuscescu, le "génie des Carpates" finissant pitoyablement ses jours dans un hangar de banlieue, sous les balles expéditives de la justice populaire. C'est assez dire dans quelles abysses nous a entraînés ce mal – j'allais dire cette malédiction – qui ronge notre pays et ses institutions et qui s'appelle: le culte du pouvoir pour le pouvoir. Un pouvoir illégitime et liberticide, avec son inévitable cortège d'autoritarisme et d'arbitraire, de corruption morale et de dégradation des mœurs sociales. Un culte du pouvoir – puisque c'est d'actualité -, qui amène des dizaines pour ne pas dire des centaines de candidats à la "députation" aux prochaines élections législatives, tous partis politiques confondus, à aller chercher partout, à travers le territoire national, des "parrainages de poids", souvent moyennant de grosses enveloppes, pour se faire élire à l'Assemblée Populaire Nationale. Une Assemblée pourtant totalement asservie aux décisions et orientations du Pouvoir Exécutif, à travers ses deux composantes, formelle et informelle. Mais une Assemblée devenue synonyme de sinécure et d'engraissement de ses membres, aux frais du Trésor Public, en même temps que de lieu de relations d'affaires douteuses, liées aux grands marchés publics. Il suffit d'aller demander au Président sortant, combien de milliards il a pu ramasser, tout au long de sa magistrature, à la tête de cette Institution nationale, par exemple en faisant "travailler" ses entreprises auprès des gros chantiers publics. Un culte du pouvoir qui a abouti à des situations de "scandale dans le scandale" comme dans l'affaire de la banqueroute criminelle de Khalifa Bank où des dizaines de personnalités de premier rang, impliquées ont été honteusement "exfiltrées" du dossier, avant la saisine de la Justice pour échapper aux poursuites. Sans parler de l'implication de six ministres du gouvernement actuel et d'autres gros poissons comme le Secrétaire Général actuel de l'UGTA qui a publiquement reconnu assumer ses fautes devant la Cour de Blida, comme s'il se savait protégé par une invisible immunité.Non, Monsieur Dhouïfi Amar Saïfi ! Qui que vous soyez, vous ne pouvez pas parler comme çà, au nom de "33 millions d'Algériens" qui seraient prêts à se sacrifier pour votre M. Bouteflika. C'est une escroquerie inacceptable qui risque de vous coûter cher, très cher, non seulement au plan moral, mais aussi au plan pénal, si d'aventure, des citoyens Algériens, indignés devant votre propre indignité, s'avisaient demain, de se constituer en Association pour la défense de leurs droits civiques et vous faire poursuivre par devant les Tribunaux, pour atteinte à leur dignité de citoyens libres, en parlant en leur nom. Agenouillez-vous jusqu'à plat-ventre devant votre petit Dieu si bon vous semble, mais fichez la paix aux 33 millions d'Algériens debout, parce que telle est leur nature, malgré le pullulement des asticots de votre espèce.-----(Abdelkader DEHBI)-----
 
mardi 27 mars 2007
  Les Rothschild et l'apparente opposition entre capitalisme,nazisme et communisme


Les Rothschild conduisent la "Symphonie Rouge" par Henry Makow Ph.D., rédigé le 9 novembre 2003. Aussi incroyable et bizarre que cela puisse paraître, l'humanité est vraiment victime d'une conspiration diabolique. Les guerres, les dépressions et les génocides du siècle passé n'étaient pas accidentels ou inévitables mais le résultat d'un dessein malveillant. Une preuve choquante est l'interrogatoire en 1938 par la police staliniste (le NKVD) d'un des fondateurs de l'Internationale Communiste, Christian G. Rakovsky, 65 ans, qui était menacé d'exécution pour un complot visant à renverser Staline. La transcription des 50 pages de son interrogatoire, surnommée « The Red Symphony (la symphonie rouge) » n'était pas censée devenir publique. Elle confirme que les Rothschild (Illuminati) planifiaient d'utiliser le communisme pour établir une dictature mondiale au profit des élites richissimes. C'est peut-être le document politique le plus explosif de l'histoire moderne. Il révèle pourquoi les Illuminati ont créé Hitler et ensuite pourquoi ils ont cherché à le détruire, et pourquoi Staline fit un pacte avec Hitler en 1939. Christian Rakovsky était un ancien initié communiste. Né Chaim Rakeover en 1873, il étudia la médecine en France avant de devenir un révolutionnaire. Il était le leader d'un groupe terroriste qui attaquait les officiels gouvernementaux. En 1919, Lénine le mit en charge du gouvernement soviet de l'Ukraine. Il défendit avec succès la zone pour les bolcheviks pendant la guerre civile. Staline le nomma ambassadeur de Russie à Paris en 1925. Rakovsky appartenait à la puissante faction Trotskyste qui prenait ses ordres auprès des Rothschild. Beaucoup de membres de cette faction furent tués lors de la purge par Staline du parti communiste en 1937. INTERROGATOIRE NOCTURNE Les circonstances de son interrogatoire dans la nuit du 26 janvier 1938 furent très dramatiques. Que pouvait bien dire Rakovsky pour sauver sa vie ? Rakovsky semble utiliser la tactique qui consiste à « tromper en disant la vérité. » Il gagne la confiance en révélant la vérité mais il en omet quelques aspects. Il essaye d'impressionner son interrogateur en disant que lui et Trotsky représentent une puissance invincible qu'il appelle « L'Internationale Financière Capitalo-Communiste. » Il confirme que le « mouvement révolutionnaire » était conçu pour gagner du soutien en prétendant servir la morale de l'humanité et les idéaux collectifs. Toutefois, le but réel était de donner un pouvoir mondial total aux banquiers en divisant la société et en sapant l'autorité établie. « Révolution » signifiait réellement « renversement » de la civilisation occidentale. « La chrétienté est notre seul vrai ennemi puisque les phénomènes politiques et économiques des états bourgeois n'en sont que ses conséquences » dit Rakovsky (Griffin, page 264). La paix est « contre-révolutionnaire » puisque c'est la guerre qui trace la route pour la révolution. Rakovsky, dont la langue était déliée grâce à une drogue douce mise dans son vin, se réfère aux Illuminati par « ils » ou « eux » Il en était un membre mais il ne faisait pas partie du premier cercle. Il explique que l'Ordre des « Illuminati » est une société secrète maçonnique dédiée au communisme. De manière significative, son fondateur Adam Weishaupt prit le nom de « la seconde conspiration anti-chrétienne de cette ère, le gnosticisme » (page 249). COMMENT CE RECIT PASSIONNANT FIT SURFACE L'interrogateur était un des agents stalinistes parmi les plus intelligents, Gavriil Kus'min connu sous le nom de « Gabriel. » A part lui et un technicien fiable caché, le docteur Jose Landowsky était la seule autre personne présente. Enrôlé par le NKVD pour aider « à délier les langues des détenus », le docteur Landowsky était écoeuré par les nombreuses tortures dont il fut témoin. Toutefois, l'interrogatoire de Rakovsky fut cordial. Le docteur Landowsky doutait que le doux euphorisant qu'il versa dans le verre de Rakovsky eut beaucoup d'effet. L'interrogatoire de Rakovsky, conduit en français, dura de minuit jusqu'à 7 heures du matin. Ensuite, Kus'min ordonna à Landowsky de traduire l'entrevue en russe et d'en faire deux copies. Le contenu laissait tellement rêveur que Landowsky mit un carbone de plus pour lui-même. « Je ne suis pas désolé d'avoir eu le courage de faire ça » écrivit-il (page 279). (Les Bolcheviks avaient tués le père de Landowsky, un colonel tsariste, lors de la révolution de 1917). Plus tard, un volontaire fasciste espagnol trouva le manuscrit sur le cadavre de Landowsky dans une cabane sur le front de Petrograd pendant la seconde guerre mondiale. Il le rapporta en Espagne où il fut publié sous le titre « Sinfonia en Rojo Mayo » en 1949. Le texte complet de « The Red Symphony » a été mis en ligne par Peter Myers. http://users.cyberone.com.au/myers/red-symphony.html http://www.onnouscachetout.com/forum/index.php?s=&act=ST&f=73&t=8296&st=1120&#entry134863 La transcription fut publiée en anglais en 1968 sous le titre « The Red Symphony: X-Ray of Revolution. » Vous pouvez la trouver dans l'ouvrage de Des Griffin « Fourth Reich of the Rich » (1988). Je recommande ce livre et tout ce que ce brillant auteur a écrit. REVELATIONS Rakovsky donne à son interrogateur une vision étonnante de l'intérieur de l'histoire moderne afin de prouver que ses commanditaires contrôlent le monde. « L'argent est à la base du pouvoir » dit Rakovsky et les Rothschild le fabriquent grâce au système bancaire. Le « Mouvement Révolutionnaire » était une tentative par Mayer Rothschild et ses alliés de protéger et d'étendre ce monopole en établissant un Nouvel Ordre Mondial totalitaire. Selon Rakovsky, « les Rothschild n'étaient pas les trésoriers mais les chefs de ce premier communisme secret… Marx et les plus hauts chefs de la première Internationale … étaient contrôlés par le baron Lionel Rothschild [1808-1878] dont le portrait révolutionnaire fut réalisé par le Premier Ministre anglais Disraeli, qui était aussi sa créature, et nous a été laissé [dans le roman de Disraeli 'Coningsby'] » (page 250) Nathaniel Rothschild (1840-1915), le fils de Lionel, avait besoin de renverser la dynastie chrétienne [orthodoxe] des Romanov. A l'aide de ses agents Jacob Schiff et les frères Warburg, il finança la partie japonaise dans la guerre russo-japonaise, et une insurrection infructueuse à Moscou en 1905. Puis il fut à l'origine de la première guerre mondiale (Trotsky était derrière le meurtre de l'archiduc Ferdinand) et finança la Révolution Bolchevique de 1917. Rakovsky dit qu'il fut personnellement impliqué dans le transfert de fonds à Stockholm. (pages 251-252) Le mouvement ouvrier juif (le Bund) était un instrument des Rothschild. La « faction secrète » du Bund infiltra tous les partis socialistes en Russie et fournit les dirigeants pour la Révolution Russe. Alexandre Kerensky, le premier ministre Menchevik en était un membre secret (page 253). Leon Trotsky était censé devenir le leader de l'URSS. Trotsky, un juif, épousa la fille d'un des plus proches associés de Rothschild, le banquier Abram Zhivotovsky et intégra « le clan. » Malheureusement, des communistes « nationaux » comme Lénine (un quart juif) croisèrent sa route. Lénine rejeta Trotsky et fit la paix avec l'Allemagne (traité de Brest-Litovsk en 1918). Ce n'était pas le plan des Rothschild. La première guerre mondiale était censée se terminer comme se termina la seconde. La Russie était censée envahir l'Allemagne en 1918 et aider les révolutionnaires locaux à établir une république populaire. Trotsky fut responsable d'une tentative d'assassinat de Lénine en 1918 mais Lénine survécut. Quand Lénine eut une attaque en 1922, Trotsky le fit achever par Levin, le docteur juif de Lénine. A ce moment critique, l'inattendu se produisit. Trotsky tomba malade et Staline fut en position de prendre le pouvoir. Dans ces circonstances cruciales, les Trotskytes prétendirent supporter Staline et infiltrèrent son régime en vue de le saboter. Rakovsky caractérise Staline comme un « Bonapartiste », un nationaliste par opposition à un international communiste comme Trotsky. « C'est un tueur de la révolution, il ne la sert pas, mais il s'en sert, il représente l'impérialisme russe le plus ancien, juste comme Napoléon s'identifiait avec les gaulois… » (page 257) MAITRISER STALINE Pour contrôler Staline, la finance internationale fut amenée à créer Hitler et le parti nazi. Rakovsky confirma que c'était bien des financiers juifs qui soutenaient Hitler, sans que Hitler en soit vraiment conscient. « L'ambassadeur Warburg se présenta sous un faux nom et Hitler ne devina même pas ses origines… Il mentit aussi sur qui il représentait… Notre but était de provoquer une guerre et Hitler était la guerre… [les nazis] reçurent … des millions de dollars envoyés par Wall Street, et des millions de marks par des financiers allemands par l'intermédiaire de Schacht ; [subvenant] à l'entretien des SA et des SS ainsi qu'au financement des élections… » (pages 259-260) http://www.savethemales.ca/000369.html Malheureusement pour les banquiers, Hitler s'est aussi montré rebelle. Il commença à imprimer sa propre monnaie ! « Il s'arrogea le privilège de fabriquer la monnaie, non seulement la monnaie physique mais aussi les outils financiers; il s'appropria l'appareil de falsification encore intact et le mit à travailler au profit de l'état… Pouvez-vous imaginer ce qu'il serait advenu … s'il avait gangrené un certain nombre d'autres états et instauré une période d'autarcie [règne absolu, remplaçant celui des banquiers]. Si vous pouvez, imaginez alors ses fonctions contre-révolutionnaires… » (page 263) Hitler était devenu une menace plus grande que Staline qui n'avait pas touché à la monnaie. La mission actuelle de Rakovsky était de convaincre Staline de signer un pacte avec Hitler et de retourner l'agression d'Hitler contre l'ouest. L'objectif était de faire l'Allemagne et les nations occidentales s'épuiser les unes les autres avant qu'un autre front ne soit ouvert à l'est. [Selon Walter Kravitsky, le chef des services de renseignements militaires soviétiques en Europe qui fit défection vers l'ouest et fut assassiné en 1941, Staline était déterminé à faire un pacte avec Hitler dès 1934. Il n'avait aucun désir de combattre les nazis. Est-il possible que Rakovsky et ses commanditaires ne le savaient pas? « On Stalin's Secret Service » (Kravitsky, 1939)] Rakovsky pressa les russes d'utiliser la tactique qui consiste à « tromper en disant la vérité. » Les russes devaient impressionner Hitler avec leur véritable désir de paix. Hitler ne devait pas suspecter qu'il était en train de se faire embarquer dans une guerre sur deux fronts. Un choix fut offert à Staline. S'il acceptait de partager la Pologne avec Hitler, l'ouest ne déclarerait la guerre qu'avec un seul agresseur, l'Allemagne. S'il refusait, les banquiers aideraient Hitler à le déposer. Kus'min exigea quelque confirmation de haut niveau. Rakovsky lui dit de voir Joseph Davies, l'ambassadeur US à Moscou, un camarade franc-maçon et représentant de l'administration Internationale Communiste de Roosevelt. Quelqu'un fut envoyé voir Davis qui confirma qu'il y avait beaucoup à gagner si Rakovsky obtenait une amnistie. Le 2 mars 1938, un puissant message radio fut envoyé à Moscou dans le code encrypté de son ambassade de Londres. « Une amnistie ou le danger nazi va grandir » dit-il. Davies assista au process de Rakovsky et lui fit un salut maçonnique. Le même jour, le 12 mars 1938, Hitler marchait sur l'Autriche. La condamnation à mort de Rakovsky fut commuée. Certains pensent qu'il poursuivit sa vie sous un nom d'emprunt. http://www.acts1711.com/red_symphony.htm Une autre source avance qu'il a été tué en 1941. http://www.spartacus.schoolnet.co.uk/RUSrakovsky.htm Des négociations secrètes furent engagées avec Hitler. Le résultat fut le pacte Ribbentrop-Molotov signé en août 1939, juste une semaine avant l'invasion de la Pologne. L'interrogatoire semble avoir créé un accord entre Staline et les Illuminati. LA RUSSIE LUTTE CONTRE L'EMPRISE DES ROTHSCHILD L'Europe et les Etats-Unis ont succombé au contrôle des Illuminati depuis longtemps. En Russie, il y a encore quelques spasmes avant la mort. Récemment, Vladimir Poutine a fait arrêter Mikhail Khordordovsky, le patron de Yukos, la plus grande compagnie pétrolière russe, et l'homme le plus riche en Russie. Poutine annonça que la Russie allait saisir ses 12 milliards de dollars représentant 26% de ses parts dans la compagnie pétrolière, un des nombreux actifs nationaux pillés dans la réorganisation du communisme il y a 15 ans. Nous avons alors appris que les parts avaient déjà été transférées vers nul autre que Jacob Rothschild dans le cadre d'un « accord inconnu jusqu'alors » prévu pour une telle circonstance. Les deux compères se connaissaient depuis des années « par leur amour commun des arts. » http://washingtontimes.com/world/20031102-111400-3720r.htm Rakovsky avait dit à Kus'min que les Illuminati ne prenaient jamais de positions politiques ou financières. Ils utilisent toujours des « intermédiaires. » « Les banquiers et les politiciens sont toujours des hommes de paille... même s'ils occupant les place importantes et apparaissent être les auteurs des plans qui sont mis en oeuvre... » (Pages 248-249) Evidemment, Khodordovsky est un « intermédiaire » pour Rothschild. De même que le sont Richard Perle, Henry Kissinger et Ariel Sharon qui chacun s'exprimèrent contre les actes de Poutine. Perle, l'architecte de la guerre en Irak, appela à l'exclusion de la Russie du G8. Sharon exprima son inquiétude sur « la persécution de l'homme d'affaires juif. » Khodordovsky est juif comme l'est Simon Kukes son successeur. Comme Perle et comme Kissinger. Beaucoup de juifs servent les Illuminati et c'est une des causes de l'anti-sémitisme. Mais Tony Blair et George W. Bush les servent aussi et ne sont pas juifs. Les membres du groupe de Bilderberg et des Skull and Bones ne sont pas juifs pour la plupart d'entre eux. Les Illuminati sont une alliance entre les Rothschild et les élites mondiales richissimes unies par la franc-maçonnerie, dont le Dieu est Lucifer. L'humanité, la magnifique expérience de Dieu, a été détournée et compromise. Depuis les soldats US en Irak jusqu'aux contribuables qui payent la dette nationale US, nous sommes tous des « hommes de paille. » La révélation finale de la franc-maçonnerie par Henry Makow Ph.D., rédigé le 16 novembre 2003. Les francs-maçons « doivent mourir avec la révolution qui a été engendrée avec leur coopération » selon C.G. Rakovsky, un des fondateurs de l'Internationale Communiste. « Le vrai secret de la maçonnerie est le suicide de la franc-maçonnerie en tant qu'organisation et le suicide physique de chaque franc-maçon important. » Cette révélation vient du compte rendu de l'interrogatoire par la police staliniste de 1938 intitulé « The Red Symphony. » (Transcription dans le livre de Des Griffin, « Fourth Reich of the Rich », page 254). « Il est clair que je connais ceci, pas en tant que franc-maçon mais en tant qu'individu qui leur appartient [aux Illuminati] » dit Rakovsky, un camarade de Léon Trotsky arrêté pour complot contre Staline. Le but de Rakovsky était de convaincre Staline, un nationaliste, de coopérer avec l'Internationale Capitalo-Communiste. J'ai présenté ce document la semaine dernière dans mon article « Les Rothschild conduisent la Symphonie Rouge. » http://www.savethemales.ca/000275.html 'PROTOCOLES DE SION' ET 'SYMPHONIE ROUGE' La franc-maçonnerie est la société secrète le plus grande du monde avec plus de cinq millions de membres, dont trois millions aux Etats-Unis. Elle est un instrument de la conspiration totalitaire. Dans « Les protocoles des sages de Sion », l'auteur (que je pense être Lionel Rothschild) écrit : http://www.savethemales.ca/300902.html « La maçonnerie non juive sert aveuglément d'écran, à nous et à nos objectifs, mais le plan d'action de notre force, même sa localisation très stable, reste pour la majorité des gens un mystère inconnu… Qui ou quoi est en position de contrecarrer une force invisible ? » (Protocole 4) Il écrit encore: « Nous créerons et multiplierons les loges franc-maçonniques... nous y ferons entrer tous ceux qui peuvent devenir ou qui sont importants dans leur activité publique, car dans ces loges nous trouverons notre principale source de renseignement et les moyens de notre influence.... Les complots politiques les plus secrets seront connus de nous et tomberons sous nos mains dirigeantes... Nous connaissons le but final… alors que les goyim n'aurons connaissance de rien... » (Protocol 15) Dans son interrogatoire, Rakovsky dit que des millions rejoignent la franc-maçonnerie pour en tirer avantage. « Les régnants de toutes les nations alliées étaient francs-maçons, à très peu d'exceptions près. » Toutefois, l'objectif réel est de « créer tous les prérequis nécessaires pour le triomphe de la révolution communiste ; c'est le but évident de la franc-maçonnerie ; il est clair que tout ceci fait sous des prétextes variés ; mais ils se cachent toujours derrière leur triple slogan bien connu [Liberté, Egalité, Fraternité]. Vous comprenez ? » Les maçons devraient se souvenir de la leçon de la Révolution Française. Bien que « ils aient joué un rôle révolutionnaire colossal, il en coûta la vie de la majorité d'entre eux… » Puisque la révolution requiert l'extermination de la bourgeoisie en tant que classe [de sorte que toute la richesse soit détenue par les Illuminati sous couvert de l'état], il en résulte que les francs-maçons devaient être liquidés. La vraie signification du communisme est une tyrannie des Illuminati. Quand ce secret sera révélé, Rakovsky imagine « la stupeur affichée sur le visage d'un franc-maçon quand il réalisera qu'il doit mourir des mains des révolutionnaires. Comme il criera pour demander qu'on récompense ses services à la révolution ! C'est un spectacle face auquel on peut mourir … mais de rire ! » (Page 254). Rakovsky parle de la franc-maçonnerie comme une supercherie: « une maison de fous mais en liberté » (Page 254) Comme les maçons, d'autres candidats à la principale classe de l'utopie humaniste (néoconservateurs, libéraux, sionistes, activistes gais et féministes) pourraient en être pour une désagréable surprise. Ils pourraient être laissés de côté après avoir été bien exploités. QUI SONT-ILS? Quand l'interrogateur presse Rakovsky de livrer des notables Illuminati pour approcher une de leurs initiatives, Rakovsky n'est sûr que de deux qui sont décédés : Walter Rathenau, le ministre des affaires étrangères de Weimar, et Lionel Rothschild. Il dit que Trotsky est sa source d'information. Les autres, insiste-t-il, ne sont que spéculation: « En tant qu'institution, la banque Kuhn Loeb & Company de Wall Street: [et] les familles Schiff, Warburg, Loeb et Kuhn; je dis familles pour souligner plusieurs noms puisqu'ils sont tous reliés ... par mariages; puis Baruch, Frankfurter, Altschul, Cohen, Benjamin, Strauss, Steinhardt, Blom, Rosenman, Lippmann, Lehman, Dreifus, Lamont, Rothschild, Lord, Mandel, Morganthau, Ezekiel, Lasky.... quiconque avec un des noms que je viens d'énumérer, même de ceux qui n'appartiennent pas à ‘Eux' pourraient toujours conduire à ‘Eux' avec toute affaire à caractère important. » (Page 272) En accordant aux banquiers le privilège de créer la monnaie, nous avons créé un insatiable vampire. Si vous pouviez fabriquer l'argent, imaginez la tentation que vous auriez de vouloir tout posséder ! http://www.savethemales.ca/260602.html REVOLUTION CACHEE Rakovsky parle du crash de 1929 et de la grande dépression comme une « révolution américaine. » Elle a été délibérément précipitée par les Illuminati pour leur profit, pour casser « l'américain classique » et pour prendre le pouvoir politique. « L'homme à travers lequel ils firent usage d'une telle puissance était Franklin Roosevelt. Avez-vous compris ? … En cette année 1929, la première année de la révolution américaine, en février, Trotsky quitte la Russie ; le crack se passe en octobre… Le financement de Hitler est validé en juillet 1929. Vous pensez que ceci s'est passé par hasard ? Les quatre années de gouvernement de Hoover furent utilisées pour la préparation de la prise de pouvoir aux Etats-Unis et en URSS : ici au moyen d'une révolution financière, et là-bas [Russie] à l'aide d'une guerre [Hitler, seconde guerre mondiale] et la défaite qui devait suivre. Un roman plein d'imagination débordante pouvait-il être vous apparaître plus évident ? » (Page 273). Rakovsky propose que Staline coopère avec les Illuminati (ce qu'il fit ensuite). La première condition est qu'il arrête d'exécuter les trotskystes. Puis « plusieurs zones d'influence » seront établies éloignant « le communisme formel du communisme réel. » Il y aura « des concessions mutuelles pour une entraide réciproque pour la durée du déroulement du plan… Des personnes influentes apparaîtront à tous les niveaux de la société, même à très haut niveau, qui soutiendront le communisme formel de Staline… » (Page 276) Rakovsky souligne que les Illuminati prévoient d'allier communisme et capitalisme. Dans chaque cas, les Illuminati contrôleront toute la richesse et la puissance. « A Moscou, il y a le communisme, à New York, le capitalisme. C'est tout comme la thèse et l'antithèse. Analysez les deux. Moscou est un communisme subjectif mais [objectivement] un état capitaliste. New York est un capitalisme subjectif mais un communisme objectif. Une synthèse personnelle, la vérité : la finance internationale et le capitalisme communisme ne font qu'un. 'Eux'. » (Page 276) CONCLUSION La symphonie rouge (The Red Symphony) confirme que nos leaders politiques et culturels sont la plupart des dupes ou des traîtres. La subversion des Etats-Unis fait partie d'un plan pour une tyrannie planétaire. Je n'en ai pas encore découvert tous les composants. Les gens me pressent de pousser mes recherches vers le Vatican et les jésuites, et je vais le faire. Mais évidemment une cabale occulte de banquiers et d'autres personnes riches est déterminée à asservir l'humanité. Beaucoup sont des juifs qui semblent suivre les injonctions talmudiques primitives et usurpent toute leur richesse, comme mis en évidence dans les « Protocoles des Sages de Sion. » Une manifestation de la tyrannie luciférienne émergeante des Rothschild basée à Jérusalem est le design maçonnique du nouvel immeuble de la Cour Suprême israélienne. La plupart des juifs ne sont pas impliqués dans ce plan, ils s'y opposeraient, et en sont eux-mêmes les victimes. L'antisémitisme est utilisé pour nous détourner de la vraie question, la création d'un état policier global dédié à asseoir la richesse des Illuminati. La « guerre contre le terrorisme » sert à établir ce contrôle autoritaire. Que sont-ils en train de manigancer qui soit nécessaire ? Une autre grande dépression ? Une autre attaque « terroriste » ? Les attentats du 11 septembre montrent qu'ils massacreront des américains innocents sans remords. Dans le système satanique, tout le monde est dupé. Les sionistes sacrifient leur vie pour Israël, les communistes pour une justice sociale, les féministes pour l'égalité et les américains pour le pétrole irakien. Nous sommes tous dupés pour nous éloigner de Dieu, pour penser que la religion et la moralité sont démodées. Les lois morales universelles existent et doivent être observées pour notre propre bien. Dieu simplement est Réalité. Nous sommes gâchés, absents, dévirilisés [déféminisés] et futiles. Comme les francs-maçons, nous sommes des moutons conduits vers l'abattoir. Hitler ne voulait pas la seconde guerre mondiale par Henry Makow Ph.D., rédigé le 21 mars 2004. Hitler ne voulait pas la seconde guerre mondiale, il n'avait pas l'audace de combattre l'Angleterre, selon Louis Kilzer, le journaliste lauréat du prix Pulitzer, auteur de « Churchill's Deception » (Simon & Schuster, 1994). Hitler croyait que le futur de la civilisation occidentale dépendait de la coopération de l'Allemagne avec ses cousins aryens : l'Angleterre et les Etats-Unis. Ses cibles territoriales étaient limitées à la Russie communiste. Il était déterminé à éviter de faire la guerre sur deux fronts. Le « miracle de Dunkerque » était en fait une extraordinaire ouverture pacifique pour l'Angleterre. Normalement, nous n'associons pas Hitler avec une telle magnanimité. En mai 1940, les britanniques étaient au bord de la défaite. L'armée anglaise était encerclée à Dunkerque. Plutôt que de les faire prisonniers, Hitler stoppa ses généraux pendant trois jours, permettant à 330.000 hommes de s'échapper. « Le sang de chaque anglais a trop de valeur pour couler » dit Hitler. « Nos deux peuples s'apparentent racialement et traditionnellement. C'est et cela a toujours été mon but, même si nos généraux ne peuvent pas le comprendre. » (Kilzer, page.213) Ce n'est pas une volonté d'exonérer Hitler. Son idéologie de suprématie de la race aryenne et l'esclavagisme/l'extermination des « races inférieures » (principalement juives et slaves) me répugnent. Ai-je besoin de le dire ? Mes propres grands-parents furent tués par les nazis. Je pense que des gens peuvent tirer fierté de leur race ou de leur nationalité sans chercher à dominer les autres. Néanmoins, nous devons comprendre que notre vision d'Hitler est influencée par la propagande. Les alliés étaient tout aussi coupables d'atrocités et de crimes de guerre. En outre, Hitler fut créé, manipulé et détruit par la même clique d'Illuminati qui règne aujourd'hui sur le monde. « LA SUPERCHERIE DE CHURCHILL » D'après le livre bien documenté de Kilzer, Hitler essayait de convaincre les anglais de faire la paix. En échange, il était prêt à se retirer de l'Europe de l'Ouest et d'une bonne partie de la Pologne. Kilzer décrit comment les services de renseignement britanniques (une branche des Illuminati) utilisa à son avantage l'idéologie raciste d'Hitler pour détourner ses forces contre la Russie et le piéger dans une guerre sur deux fronts. Ils purent le convaincre qu'un parti de la paix pro-nazi (anti communiste) était préparé à déposer le « va-t-en-guerre » qu'était Churchill. Ce parti était formé du duc de Windsor (l'ancien roi Edouard VIII) et d'autres élitistes à la volonté d'apaisement connus comme étant le « Cliveden Set » Les nazis avaient des liens sociaux de longue date avec ce groupe et avaient confiance en lui. Hitler semblait surestimer le fait que le duc de Windsor alla séjourner au château des Rothschild à Enzesfeld en Autriche après qu'il eut abdiqué. Rudolph Hess, le leader en second de l'Allemagne nazie, était en contact avec le groupe Cliveden et s'envola vers l'Angleterre le 10 mai 1941 pour négocier la paix. Selon Kilzer, Hess avait la bénédiction d'Hitler. Coïncidence, ce fut la pire nuit de la Blitzkrieg. Ensuite, il y eut une longue accalmie dans les raids aériens nazis et britanniques. Il apparaît que les nazis pensèrent avoir un accord avec les britanniques et portèrent leur attention sur l'invasion de la Russie le mois suivant (22 juin 1942). Hitler ne comprit pas que les élites anglo-américaines étaient (et sont encore) intimement liées avec la finance internationale (c'est-à-dire avec les Rothschild). L'impérialisme anglo-américain est en fait un front pour les familles qui possèdent la banque d'Angleterre et réserve fédérale US. Ces familles juives et non-juives sont connectées par l'argent, les mariages et le culte de Lucifer (c'est-à-dire la franc-maçonnerie). Roosevelt et Churchill étaient tous deux leurs laquais (comme tous nos « dirigeants » le sont). En 1771, Mayer Rothschild finança les Illuminati, une société secrète maçonnique qui à son tour engendra les révolutions majeures de l'ère moderne, y compris la révolution bolchevique en 1917. Le but ultime est d'établir une dictature mondiale des banquiers, qui est à un stade avancé aujourd'hui. Dans les années 30, leur objectif était d'inciter à une guerre sur deux fronts qui aurait terrassé les grands états nations (Angleterre, Allemagne et Russie). Comme toutes les guerres, l'objectif était de tuer des millions de gens, de traumatiser l'humanité, d'augmenter la dette publique et le profit privé, et de faire apparaître un « gouvernement mondial » (la future Organisation des Nations Unies) comme essentiel pour la « paix. » La politique d'apaisement britannique des années 30 visait probablement à encourager les tendances expansionnistes d'Hitler et à provoquer la guerre. Douglas Reed, correspondant à Berlin du Times (de Londres), fut le premier à déceler quelque chose de louche quand son journal supprima ses avertissements de la menace d'Hitler (Voir son ouvrage Controversy of Zion). ROTHSCHILD CONDUIT LA SYMPHONIE ROUGE (RED SYMPHONY) Pourquoi l'élite financière voudrait-elle aussi détruire la Russie alors qu'elle l'a créée ? La transcription de l'interrogatoire par le NKVD en 1938 de C.G. Rakovsky (alias Chaim Rakeover) nous en donne la réponse. Rakovsky était un intime de Trotsky et ancient ambassadeur soviet à Paris. http://www.savethemales.ca/000275.html L'agent de Rothschild, Léon Trotsky, était supposé succéder à Lénine mais il tomba malade au moment critique. Staline fut capable d'assumer le pouvoir et la Russie échappa ainsi au contrôle des Rothschild. Afin de contrôler Staline, la finance internationale fut forcée de mettre en place Hitler et le parti nazi. Rakovsky confirme que les financiers juifs supportèrent les nazis alors que Hitler n'en était pas conscient. « L'ambassadeur Warburg se présenta sous un faux nom et Hitler ne devina même pas ses origines… Il mentit aussi sur qui il représentait… Notre but était de provoquer une guerre et Hitler était la guerre… [les nazis] reçurent … des millions de dollars envoyés par Wall Street, et des millions de marks par des financiers allemands par l'intermédiaire de Schacht ; [subvenant] à l'entretien des SA et des SS ainsi qu'au financement des élections… » Malheureusement pour les banquiers, Hitler s'est aussi montré rebelle. Il commença à imprimer sa propre monnaie ! « Il s'arrogea le privilège de fabriquer la monnaie et pas seulement la monnaie physique mais aussi les outils financiers; il s'appropria l'appareil de falsification encore intact et le mit au travail pour le bénéfice de l'état… Pouvez-vous imaginer ce qu'il serait advenu … s'il avait gangrené un certain nombre d'autres états et instauré une période d'autarcie [règne absolu, remplaçant celui des banquiers]. Si vous pouvez, alors imaginez ses fonctions contre-révolutionnaires... » Hitler était devenu une menace plus grande que Staline qui n'avait pas touché à la monnaie. Les britanniques n'allaient pas faire la paix avec Hitler parce qu'il avait mis fin au racket des banquiers. En outre, les Illuminati voulaient une guerre élargie, la ruine de l'Europe et l'extension de l'URSS. LES COMMANDITAIRES SECRETS D'HITLER Le livre « Financial Origins of National Socialism » (1933) de « Sydney Warburg » fournit un autre aperçu de comment la clique des Illuminati supporta Hitler. Ce livret de 70 pages fut censuré pendant plusieurs années mais fut republié en 1983 sous le titre « Hitler's Secret Backers. » « Warburg » décrit une réunion secrète en juillet 1929 avec « Carter », le président du « Guarantee Trust » de J.P. Morgan, les présidents des « Federal Reserve Banks », « le jeune Rockefeller » et « Glean de la Royal Dutch. » Ils étaient tous sous tutelle des Rothschild. Il fut établi que Warburg qui parlait allemand irait en Allemagne et demanderait à Hitler de combien d'argent il avait besoin pour renverser l'état. La seule stipulation était que Hitler adopte « une politique étrangère agressive. » « Warburg » détaille cinq rencontres avec Hitler entre 1929 et 1933. La première eut lieu dans une cave à bière ; Hitler y calcula ses besoins sur le dos d'une assiette en carton. Environ 25 millions de dollars furent transférés. C'était extrêmement important dans le contexte de la grande dépression parce que les nazis nourrissaient et abritaient beaucoup de leurs partisans. On ne donna pas la raison de ce soutien à Hitler et il ne demanda pas. A deux occasions, il se demanda tout fort si « Warburg » était lui-même juif mais il rejeta l'idée avant que « Warburg » ne réponde. On ne connaît aucun « Sydney Warburg » mais l'évidence suggère que l'auteur pourrait être James P. Warburg, le fils du fondateur de la « Federal Reserve », Paul Warburg. Le général Ludendorff attesta au procès de Nuremberg que James P Warburg était le canal à travers lequel 34 millions de dollars furent finalement transférés de Wall Street aux nazis. On se demande pourquoi quelqu'un se compromettrait autant pour s'aliéner les gens les plus puissants du monde s'il n'était pas sincère. Les seules personnes ayant le pouvoir de supprimer ce livre sont ceux qu'il incrimine, et ils ont un passif certain pour ce qui concerne la suppression de tels ouvrages. Voir aussi la discussion d'Antony Sutton à propos de ce livre. http://www.reformation.org/wall-st-ch10.html CONCLUSION « Celui qui contrôle le passé contrôle le futur ; celui qui contrôle le présent contrôle le passé. » George Orwell. Ce sont les vainqueurs qui écrivent l'histoire. Notre vision de ce qu'était Hitler est une vison largement juive. Je ne fais que commencer cette recherche et j'admettrai mes erreurs sans problème. Voici mes conclusions provisoires : Bien que je rejette absolument l'idéologie raciste et les atrocités d'Hitler, il peut avoir représenté la dernière résistance sérieuse au programme des Illuminati. Paradoxalement, Hitler fut créé et manipulé par les banquiers auxquels il s'en est pris. Il a perdu la guerre parce qu'il n'appréciait pas leur programme plus ambitieux. Il a naïvement échoué à reconnaître qu'ils contrôlaient l'Angleterre et les Etats-Unis. C'est comme s'il ne croyait pas sa propre propagande. Aveuglé par un zèle raciste, il fit une bévue fatale (pour lui) de ne pas neutraliser l'Angleterre en accaparant les champs pétrolifères du Moyen-Orient. Il fit une autre erreur fatale en ne promettant pas de libérer le peuple russe de l'oppression. La brutalité nazie transforma les slaves en combattants implacables. Mais en dépit de son idéologie raciste démente et son barbarisme subséquent, Hitler aurait pu faire quelque chose de bien. Beaucoup d'allemands et même quelques juifs allemands le supportaient. Mais il n'était qu'un autre produit du jeu diabolique des Illuminati. Les banquiers centraux veulent le pouvoir totalitaire par Henry Makow Ph.D., rédigé le 3 décembre 2005. La « guerre contre le terrorisme » est une ruse des banquiers centraux pour contrôler chaque aspect de votre vie. En relisant « The Red Symphony » récemment, j'ai été choqué de lire l'affirmation d'un initié que les banquiers ne sont pas satisfaits avec une richesse infinie, ils veulent aussi un pouvoir illimité. « The Red Symphony » est un interrogatoire de la police secrète staliniste (NKVD) de Christian Rakovsky, un ambassadeur russe qui était un proche associé de Léon Trotsky, un agent des Rothschild. J'ai présenté ce document explosif de 50 pages à mes lecteurs il y a deux ans. Il lève le voile de l'histoire moderne et explique la vraie signification de la révolution, du communisme, de la franc-maçonnerie et de la guerre. Il n'était pas censé devenir domaine public. Le traducteur, le Docteur J. Landowsky, fit une copie non autorisée. L'expérimentation humaine est mise en danger par des intérêts privés qui ont usurpé la fonction de création monétaire. L'histoire moderne reflète le processus progressif par lequel ils transfèrent toute la richesse et la puissance vers eux-mêmes, en détruisant la civilisation occidentale et créant un état policier mondial. Rakovsky, dont le vrai nom était Chaim Rakover, fut condamné à mort dans la purge stalinienne de la faction trotskyste du parti. Léon Trotsky écrivit dans son autobiographie, My Life : « Christian G. Rakovsky... joua une part active dans les travaux internes de quatre partis socialistes – le bulgare, le russe, le français et le roumain – pour devenir finalement un des leaders de la fédération soviétique, président du soviet ukrainien des commissaires du peuple, et le représentant diplomatique soviet en Angleterre et en France... » Rakovsky essaya de convaincre son interrogateur que Staline devrait coopérer avec les banquiers qui « sont juste comme vous et moi. Le fait qu'ils contrôlent une quantité d'argent illimitée, dans la mesure où ils le crée eux-mêmes, ne détermine pas … les limites de leurs ambitions … Les banquiers ont une soif de pouvoir, de pouvoir total. Juste comme vous et moi. » Ils créèrent l'état communiste comme une « machine pour un pouvoir total » sans précédent dans l'histoire. Dans le passé, dû à plusieurs facteurs, « il y avait toujours de la place pour la liberté individuelle. Comprenez-vous que ceux qui contrôlent déjà partiellement les nations et les gouvernements mondiaux ont des prétentions de domination absolue ? Comprenez bien que c'est la seule chose qu'ils n'aient pas encore atteinte. » Une force pernicieuse paralyse nos vies nationales. Rakovsky l'identifie: « Imaginez vous-même, si vous le pouvez, qu'un petit groupe de personnes ayant un pouvoir illimité grâce à la possession d'une vraie richesse, et vous verrez qu'ils seront les dictateurs absolus des marchés financiers et de l'économie… Si vous avez assez d'imagination alors … vous verrez leur influence anarchique, moral et sociale, c'est-à-dire une influence révolutionnaire… Comprenez-vous ? » Le mouvement révolutionnaire, qui définit l'histoire moderne, était un moyen d'accroître le pouvoir des banquiers en détruisant l'ordre existant avant. A la révolution française, le pouvoir est passé subtilement aux banquiers qui n'étaient pas contraints pas les subtilités chrétiennes, dit Rakovsky. « Le pouvoir royal suprême fut subtilisé par des personnes dont les qualités morales, intellectuelles et cosmopolites les autorisaient à l'utiliser. Il est clair que c'étaient des gens qui n'avaient jamais été chrétiens, mais cosmopolites. » Le communisme, loin de distribuer la richesse, est conçu pour la concentrer dans les mains des personnes les plus riches de la planète. L'état possède la richesse et ils possèdent l'état. Et la marxisme, « avant d'être un système philosophique, économique et politique, est une conspiration pour la révolution. » Rakovsky se moque du « marxisme élémentaire... le marxisme populaire démagogique » qui est utilisé pour duper les intellectuels et les masses. [Quelque soient ses mérites intrinsèques, le socialisme semble conçu pour corrompre et rendre les peuples dépendants du grand gouvernement que les banquiers contrôlent.] En ce qui concerne la franc-maçonnerie: « Chaque organisation maçonnique essaye de créer tous les pré requis nécessaires pour le triomphe de la révolution communiste; c'est le but évident de la franc-maçonnerie » dit Rakovsky, lui-même un franc-maçon de haut rang. Le but de la révolution n'est rien de moins que de redéfinir la réalité en termes d'intérêts pour les banquiers. Ceci implique la promotion de la réalité subjective au détriment de la réalité objective. Si Lénine « sent que quelque chose est réel » alors c'est réel. Pour lui, chaque réalité était relative face à la seule et absolue réalité : la révolution. » En d'autres termes, le blanc est noir et le haut est en bas. C'est comme ça qu'était l'Union Soviétique et c'est en train de nous arriver maintenant. La vérité et la justice sont en train d'être remplacées par un diktat politique. « Le politiquement correct » , un terme bolchevique est maintenant d'usage courant. Des physiciens comme Steven Jones qui s'interrogent sur le 11 septembre sont réduits au silence. Des historiens comme David Irving sont emprisonnés. Rakovsky s'étonne que « les bancs sur lesquels étaient assis les usuriers graisseux pour commercer avec leur monnaie, sont maintenant devenus des temples, qui se tiennent avec magnificence à chaque coin de nos grandes villes contemporaines avec leurs colonnades païennes, et les foules s'y rendent … pour apporter assidûment leurs dépôts représentant tous leurs biens au dieu de l'argent… » Il dit que « l'étoile à cinq branches des soviets représente les cinq frères Rothschild avec leurs banques, qui possèdent des accumulations de richesses colossales, les plus grandes jamais connues. » « N'est-il pas étrange que Marx n'ait jamais mentionné ce fait ? » demande Rakovsky. « N'est-il pas étrange que pendant les révolutions, les insurgés n'aient jamais attaqué les banquiers, leurs châteaux ou leurs banques ? » La guerre est le moyen par lequel les banquiers centraux avancent vers leur objectif d'un gouvernement mondial totalitaire. Rakovsky dit que Trotsky était derrière le meurtre de l'archiduc Ferdinand (qui a déclenché la première guerre mondiale). Il rappelle la phrase prononcée par la mère des cinq frères Rothschild : « 'Si mes fils le veulent, alors il n'y aura aucune guerre.' Cela veut dire qu'ils étaient les arbitres, les maîtres de la paix et de la guerre, mais pas les empereurs. Etes-vous capable de visualiser le fait d'une telle importance ? La guerre n'est-elle pas une fonction révolutionnaire ? La guerre ? La Commune. Depuis cette époque, chaque guerre fut un pas de géant vers le communisme. » « Après l'assassinat de Walter Rathenau [membre des Illuminati, ministre des affaires étrangères de Weimar] en 1922, les Illuminati ne donnèrent des positions politiques et financières qu'à des intermédiaires » dit Rakovsky. « Evidemment à des personnes loyales et dignes de confiance, qui peuvent être garantis de mille manières : aussi on peut être sûr que ces banquiers et politiciens [aux yeux du public], ne sont que des hommes de paille, même si ils occupent des places très élevées, et sont manipulés pour apparaître comme les auteurs des plans qui sont menés. » En 1938, Rakovsky souligna trois raisons pour la seconde guerre mondiale à venir. La première était que Hitler commençait à imprimer sa propre monnaie. « C'est très sérieux. Beaucoup plus que tous les facteurs externes et cruels du national-socialisme. » Deuxièmement, le « nationalisme complètement développé de l'Europe occidentale est un obstacle au marxisme ... le besoin de destruction du nationalisme vaut à lui seul une guerre en Europe. » Finalement, le communisme ne peut pas triompher sauf s'il supprime la « chrétienté encore en vie. » Il parle de la « révolution permanente » comme datant de la naissance du Christ, et de la Réforme comme « sa première victoire partielle » parce qu'elle divise la chrétienté. Cela suggère que la « conspiration » contient aussi un facteur racial ou religieux. « En réalité, la chrétienté est notre seul vrai ennemi depuis tous les phénomènes politiques et économiques des états bourgeois. La chrétienté contrôlant les individus est capable d'annuler la projection révolutionnaire de l'état neutre soviétique ou de l'état athée. » Maintenant les banquiers centraux sont en train de promouvoir la troisième guerre mondiale comme étant « le choc des civilisations. » Substituez l'Islam à la chrétienté ci-dessus. CONCLUSION Nos croyances doivent s'adapter à la vérité et non le contraire. Apparemment, la vérité est qu'une relativement petite clique de familles de banquiers juifs et leurs alliés non juifs dans les familles dirigeantes en Europe et en Amérique ont usurpé le contrôle de la création des monnaies, et avec elle, la destinée du monde. Cette classe supérieure possède et contrôle la plupart des plus grandes sociétés du monde, les médias, les agences de renseignement, les sociétés secrètes, les universités, les politiques, les fondations, les groupes de réflexion, les ONG (organisation non gouvernementales). Il apparaît aussi qu'ils dominent le crime organisé. Le 11 septembre, la guerre contre le terrorisme et l'Irak font partie de l'inexorable processus par lequel la classe supérieure accroît sa richesse et son emprise. Le but final est un état policier mondial dans lequel les masses seront privées de leur richesse, de leur liberté et peut-être de leur vie. Les néoconservateurs sont réellement des néo-communistes. Ils compromettent la sécurité de leurs compatriotes juifs (de même que tous les américains) par leurs machinations malfaisantes. Les juifs devraient suivre mon exemple et les répudier. La classe supérieure veut que nous la voyions comme un « problème juif. » De cette manière, elle peut faire porter le chapeau à des juifs innocents et alors rejeter toute opposition en invoquant la « haine » et le « parti pris. » Le problème est principalement celui de la création de la monnaie (crédit) qui a conduit à une concentration intenable de puissance et de richesse entre peu de mains. Pratiquement chaque individu utile à la société, juif ou non, est forcé, sciemment ou non, de s'aligner avec cette classe supérieure. Nos institutions religieuses, culturelles et politiques ont été détournées. Ceci explique la fausse qualité de la vie sociale en occident. Comme nous célébrons Noël, rappelons nous du message du Christ: Dieu est Amour. Dieu est plus puissant que la force satanique qui tient l'humanité en esclavage. Mais Sa volonté ne peut être faite sauf si les hommes la font. Quel qu'en soit le prix, ne rien faire coûtera encore plus. L'abondance dont nous jouissons maintenant fait partie d'un complot séculaire pour piéger et asservir l'humanité.
Mardi 27 Mars 2007
vordevan@hotmail.com
 
  Inch'Allah
par Uri Avnery

Mondialisation.ca,

Le 26 mars 2007

Gush Shalom

Ce ne sont pas seulement les Palestiniens qui doivent pousser un soupir de soulagement après la prestation de serment du gouvernement palestinien d’union nationale. Nous, Israéliens, avons une bonne raison de faire de même.
Cet événement est une vraie bénédiction, non seulement pour eux, mais aussi pour nous - si toutefois nous nous intéressons à une paix qui mette fin au conflit historique.
POUR LES Palestiniens, le résultat immédiat est l’élimination de la menace de guerre civile.
C’était un cauchemar. C’était également absurde. Des combattants palestiniens se tiraient dessus dans les rues de Gaza, à la grande joie des autorités d’occupation. Comme dans l’arène de la Rome antique, des gladiateurs s’entretuaient pour l’amusement des spectateurs. Des gens qui avaient passé des années ensemble dans les prisons israéliennes se comportaient soudain comme des ennemis mortels.
Ce n’était pas encore une guerre civile. Mais les incidents meurtriers auraient pu y conduire. De nombreux Palestiniens craignaient que, si les affrontements n’étaient pas immédiatement stoppés, une véritable guerre fratricide éclate. Le grand espoir du gouvernement israélien était bien sûr aussi que le Hamas et le Fatah se détruisent l’un l’autre sans qu’Israël ait à lever le petit doigt. Les services de renseignement israéliens l’avaient même prédit.
Je n’avais pas d’inquiétude à ce sujet. De mon point de vue, une guerre civile palestinienne n’était pas en jeu.
Tout d’abord, parce que les conditions fondamentales d’une guerre civile n’existaient pas. Les Palestiniens sont unis dans leur composition ethnique, culturelle et historique. La Palestine ne ressemble pas à l’Irak, avec ses trois peuples distincts ethniquement (arabes et kurdes), sur le plan religieux (chiites et sunnites) et géographiquement (nord, centre et sud). Elle ne ressemble pas à l’Irlande, où les protestants, descendants des colons, combattirent les descendants catholiques de la population indigène. Elle ne ressemble pas aux pays africains, dont les frontières ont été fixées par les maîtres coloniaux sans aucune considération des frontières tribales. Elle n’a pas connu de soulèvement révolutionnaire comme ceux qu’ont amenés les guerres civiles en Angleterre, en France et en Russie, ou de problème qui divise la population comme l’esclavage aux Etats-Unis.
Les incidents meurtriers qui éclatèrent dans la bande de Gaza étaient des luttes entre milices de partis, aggravées par des querelles entre hamulas (familles étendues). L’histoire a connu de telles querelles dans presque tous les mouvements de libération. Par exemple : après la Première guerre mondiale, quand les Britanniques furent obligés d’accorder l’autonomie à l’Irlande, une lutte sanglante entre combattants de la liberté éclata aussitôt. Des catholiques irlandais tuèrent des catholiques irlandais.
A l’époque de la lutte de la communauté juive en Palestine contre le régime colonial britannique (« le mandat »), une guerre civile n’a été évitée que grâce à une personne : Menahem Begin, le commandant de l’Irgoun. Il était déterminé à empêcher à tout prix une guerre fratricide. David Ben Gourion voulait éliminer l’Irgoun, qui refusait son leadership et sapait sa politique. Dans ce qu’on a appelé la « saison », il donna l’ordre à la Haganah, son organisation loyale, de kidnapper des membres de l’Irgoun pour les livrer à la police britannique, qui les torturait et les emprisonnait à l’étranger. Mais Begin interdit à ses hommes d’utiliser leurs armes pour se défendre contre des Juifs.
Une telle lutte entre Palestiniens ne se transformera pas en guerre civile, parce que l’ensemble des Palestiniens s’y opposent vigoureusement. Tout le monde se souvient que, pendant la rebellion arabe de 1936, le leader palestinien de l’époque, le grand mufti Hadj Amin Al-Husseini, massacra ses rivaux palestiniens. Pendant les trois années de la rébellion (appelées « événements » dans la terminologie sioniste) les Palestiniens s’entretuèrent plus qu’ils ne tuèrent de leurs opposants britanniques et juifs.
Résultat : quand les Palestiniens furent confrontés à leur épreuve existentielle suprême, dans la guerre de 1948, ils furent divisés et déchirés, faute de direction unifiée, et se trouvèrent dépendants de gouvernements arabes querelleurs, qui intriguaient les uns contre les autres. Ils furent incapables de résister à la communauté juive organisée, beaucoup plus petite, mais qui a rapidement mis sur pied une armée unifiée et efficace. Le résultat fut la nakba, la terrible tragédie historique du peuple palestinien. Ce qui s’est passé en 1936 marque encore la vie de chaque Palestinien jusqu’à ce jour.
Il est difficile de lancer une guerre civile si la population y est opposée. Même les provocations de l’extérieur - et je présume qu’elles n’ont pas manqué - ne peuvent la déclencher.
Je n’ai par conséquent jamais douté un seul instant qu’en fin de compte un gouvernement d’union verrait le jour, et je suis content que cela arrive aujourd’hui.
POURQUOI est-ce bien pour Israël ? Je vais dire quelque chose qui va choquer de nombreux Israéliens et leurs amis dans le monde.
Si le Hamas n’existait pas, il faudrait l’inventer.
Si un gouvernement palestinien avait été formé sans le Hamas, nous aurions dû le boycotter jusqu’à ce que le Hamas en fasse partie.
Et si des négociations aboutissent à un accord historique avec la direction palestinienne, nous devrions y mettre comme condition que le Hamas le signe également.
Folie ? Bien sûr. Mais c’est la leçon que l’histoire nous lègue de l’expérience d’autres guerres de libération.
La population palestinienne dans les territoires occupés est divisée presque à égalité entre le Fatah et le Hamas. Signer un accord avec la moitié d’un peuple et continuer la guerre avec l’autre moitié n’a aucun sens. Après tout, nous devrons faire de sérieuses concessions pour la paix, comme le retrait dans des frontières beaucoup plus étroites et la restitution de Jérusalem-Est à ses propriétaires. Le ferons-nous en échange d’un accord que la moitié du peuple palestinien n’acceptera pas et dans lequel elle ne sera pas engagée ? Pour moi cela ressemble au summum de la folie.
J’irai plus loin : le Hamas et le Fatah ensemble ne représentent que la partie du peuple palestinien qui vit en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et à Jérusalem-Est. Mais des millions de réfugiés palestiniens (personne ne sait vraiment combien) vivent en dehors du territoire de Palestine et Israël.
Si nous aspirons effectivement à la fin réelle du conflit historique, nous devons parvenir à une solution qui les inclut également. Donc je m’interroge fortement sur la sagesse de Tsipi Livni et de ses collègues, qui demandent que les Saoudiens retirent de leur plan de paix toute mention du problème des réfugiés. C’est tout simplement stupide.
Le bon sens conseillerait exactement le contraire : demander que l’initiative de paix saoudienne, qui est devenue un plan de paix panarabe officiel, inclue la question des réfugiés, afin que le règlement final constitue également une solution du problème des réfugiés.
Ce ne sera pas facile, bien sûr. Le problème des réfugiés a des racines psychologiques qui touchent le cœur même du conflit palestino-sioniste et il concerne le sort de millions d’êtres humains. Mais quand le plan de paix arabe dit qu’il doit y avoir une solution « d’un commun accord » - c’est-à-dire d’un commun accord avec Israël - il le transfère du royaume des idéologies inconciliables au monde réel, le monde des négociations et du compromis. J’ai souvent discuté avec des personnalités arabes et je suis convaincu qu’un accord est possible.
LE NOUVEAU gouvernement palestinien est basé sur l’« accord de La Mecque ». Il semble que celui-ci n’aurait pas été possible sans l’énergique intervention du roi Abdallah d’Arabie Saoudite.
Le contexte international doit être pris en considération. Le président des Etats-Unis fait actuellement des efforts désespérés pour amener son aventure irakienne à une conclusion qui ne restera pas dans l’histoire comme un désastre total. Dans ce but il essaie de constituer un front sunnite qui neutraliserait l’Iran et mettrait fin à la violence sunnite en Irak.
C’est évidemment une idée simpliste. Elle ne tient pas compte de l’énorme complexité des réalités de notre région. Bush a présidé à l’installation en Irak d’un gouvernement dominé par les chiites. Il a essayé d’isoler la Syrie sunnite. Et le Hamas est bien sûr une pieuse organisation sunnite.
Mais le navire-Etat américain commence à virer de bord. En tant que navire géant, il ne peut le faire que très lentement. Sous la pression américaine, le roi saoudien a été d’accord (peut-être à contre-cœur) de prendre lui-même la direction du monde arabe après que l’Egypte eut échoué dans cette tâche. Le roi a persuadé Bush qu’il doit parler avec la Syrie. Maintenant il essaie de le persuader d’accepter le Hamas.
Dans ce tableau, Israël est un obstacle. Il y a quelques jours, Ehoud Olmert s’est envolé pour l’Amérique et a déclaré à la conférence du lobby juif, l’AIPAC, qu’un retrait d’Irak serait un désastre (contrairement, soit dit en passant, à l’opinion de plus de 80% des Juifs américains, qui soutiennent un retrait rapide). Cette semaine, l’ambassadeur américain à Tel-Aviv a laissé entendre qu’à partir de maintenant le gouvernement d’Israël est autorisé à engager des négociations avec la Syrie - et on peut supposer que cette allusion se transformera en ordre sous peu. Pendant ce temps, aucun changement de position du gouvernement israélien n’est perceptible.
MALHEUREUSEMENT, juste à ce moment-ci, avec un gouvernement palestinien nouvellement formé qui a de bonnes chances d’être fort et stable, le gouvernement d’Israël est de plus en plus déstabilisé.
Le soutien à Olmert dans les sondages est proche de zéro. Les points de pourcentage peuvent se compter sur les doigts d’une main. Pratiquement tout le monde parle de sa mort politique dans quelques semaines, peut-être après la publication d’un rapport intérimaire de la commission Vinograd sur la seconde guerre du Liban. Mais même si Olmert réussit à survivre, son gouvernement sera un canard boîteux, incapable de lancer quoi que ce soit de nouveau, et certainement pas une initiative forte vis-à-vis du nouveau gouvernement palestinien.
Mais si Bush nous soutient d’un côté, et le roi saoudien de l’autre, peut-être après tout ferons-nous quelques pas en avant. Comme le disent les gens de cette région : Inch’Allah - si Dieu le veut.
Uri Avnery est journaliste et cofondateur de
Gush Shalom , (en français Bloc de la Paix).Article publié le 18 mars, en hébreu et en anglais sur les site de Gush Shalom Traduit de l’anglais « Inshallah » : RM/SWAssociation France Palestine Solidarité (version française)
Articles Mondialisation.ca par Uri Avnery
 
lundi 26 mars 2007
  Le Darfour et ses faux amis

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Par Bruno Guigue


lundi 26 mars 2007



C’est une règle d’or du système médiatique : plus la dénonciation de l’indifférence se fait entendre, plus elle contribue à ruiner son propre objet. Indifférente au drame du Darfour, l’opinion mondiale ? En partie peut-être, car ce drame humanitaire n’est hélas pas le seul sur la planète. Mais peut-on en dire autant de la « communauté internationale » ? Hormis le Liban, peu de pays ont récemment bénéficié d’une telle activité onusienne. En trois ans, le conseil de sécurité de l’ONU a adopté onze résolutions sur un conflit qui aurait fait 200 000 victimes depuis le printemps 2003. La dernière en date est la résolution 1706, du 31 août 2006, qui prévoit de transférer à l’Organisation des Nations unies la mission de paix confiée en 2004 à l’Union africaine.
Depuis l’adoption de ce texte, un véritable bras de fer oppose le gouvernement de Khartoum à l’ONU qui veut lui imposer l’envoi de plusieurs milliers de « casques bleus ». Défenseur sourcilleux de la souveraineté nationale soudanaise, le président Omar el-Béchir a néanmoins consenti, du bout des lèvres, à la formation d’une force hybride ONU-UA. En attendant, il fait traîner en longueur les négociations, ce qui suscite l’impatience américaine. La secrétaire d’Etat, Condy Rice, a ainsi annoncé que « de nouvelles options étaient à l’étude ». Animant une conférence conjointe avec son homologue israélienne, elle a déclaré que « le Soudan doit comprendre que la communauté internationale ne peut pas rester inactive alors que les gens souffrent ». (AFP, 15 mars 2007)
Si seulement ce message avait une portée universelle, et concernait aussi les Palestiniens sous occupation militaire depuis quarante ans, nul doute qu’il emporterait une large adhésion. Malheureusement, il n’en est rien. La présence de la ministre israélienne des affaires étrangères à cette conférence de presse, au demeurant, délivre un message limpide : la sollicitude américaine pour le Darfour n’a d’égale que sa complaisance pour Israël. Avec la même ardeur, Washington dénonce les atrocités commises par les sbires de Khartoum et fournit à Tel-Aviv les armes lui permettant de terroriser la population palestinienne. Volontairement schizophrène, l’hyperpuissance immunise Israël contre la machine onusienne tout en voulant la déchaîner contre le Soudan.
Le paradoxe est d’autant plus flagrant que la crise du Darfour, en droit international, est une affaire intérieure soudanaise. En Palestine, frappée d’impuissance par le veto américain, la communauté internationale laisse impunie une violation flagrante de la légalité internationale. Au Soudan, elle a pris soin d’étayer la légitimité de son intervention, tandis qu’en Palestine elle s’interdit même d’y songer. L’ingérence internationale dans les affaires intérieures d’un Etat, en effet, tire sa légitimité du soupçon de crimes contre l’humanité. D’où l’importance cruciale, pour l’issue de la procédure, de la qualification des crimes commis. Mais encore faut-il que les instances internationales aient été saisies.
Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a été officiellement saisi, à juste titre, de la situation qui prévaut au Darfour. A peine créée, cette nouvelle institution internationale a trouvé dans le drame soudanais un champ d’action privilégié. C’est le rapport de la mission d’évaluation du CDH, remis le 12 mars 2007, qui a provoqué le récent durcissement de la politique américaine. Dénonçant à nouveau « des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité » au Darfour, le rapport est particulièrement accablant pour Khartoum.
La résolution de l’assemblée générale du 15 mars 2006, qui a créé le Conseil des droits de l’homme, affirmait « qu’il importe d’assurer l’universalité, l’objectivité et la non-sélectivité de l’examen des questions relatives aux droits de l’homme, et de mettre fin à la pratique des deux poids deux mesures et à toute politisation. » Un vœu pieux, assurément, car il y a peu de chance de voir la politique israélienne dans les territoires palestiniens soumise à une enquête similaire du Conseil des droits de l’homme.
Souvent stigmatisée pour sa prétendue pusillanimité à l’égard du Soudan, l’ONU y déploie, au contraire, une activité d’autant plus fébrile qu’elle veut exorciser son impuissance passée face au génocide rwandais. Usant tour à tour de la menace et de la persuasion, cette action diplomatique s’accompagne, de surcroît, d’une véritable action judiciaire. Le 15 mars 2005, le conseil de sécurité de l’ONU a déféré la situation au Darfour au procureur de la Cour pénale internationale. Une liste de 51 chefs d’accusation pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité fut livrée en pâture à l’opinion publique, exerçant une pression considérable sur les autorités soudanaises et leurs alliés locaux. Car même si les noms des présumés coupables n’ont pas été divulgués, nul n’ignore que de hauts dignitaires soudanais figurent sur cette véritable liste noire.
Aide humanitaire massive, avalanche de résolutions, saisine de la CPI : cette débauche de moyens s’est avérée jusqu’ici d’une efficacité douteuse. Elle eût été impensable, en tout cas, sans le puissant aiguillon de la politique américaine. Le Darfour cumule trois avantages, il est vrai, de nature à susciter un réflexe compassionnel outre-Atlantique : il est géographiquement éloigné (exotisme propice à l’épanchement), son malheur est étranger à toute influence américaine (bonne conscience garantie), il est victime de la cruauté supposée du monde arabo-musulman (confort idéologique assuré). Du coup, il n’est pas étonnant que 50 000 personnes aient défilé à Washington en avril 2006 contre le « génocide » du Darfour, soit autant que lors du dernier défilé contre la guerre en Irak.
Don Cheadle, George Clooney, Angelina Jolie, le Congress Black Caucus, le musée de l’Holocauste, les associations juives, les milieux chrétiens évangélistes : la vaste coalition « pour sauver le Darfour » affirme représenter 130 millions de personnes à travers 178 associations. Les plus dynamiques sont incontestablement les associations juives. Mais les institutions mémorielles sont aussi de la partie. Ainsi « l’Initiative de prévention du génocide du musée de l’Holocauste », à Washington, qui s’est fixé pour mission d’ « honorer la mémoire de l’Holocauste en agissant contre les génocides contemporains ». Elle a décrété une « urgence spéciale » pour le Darfour en 2004, après avoir conclu que « les victimes étaient ciblées en raison de leur origine ». L’administration Bush lui a aussitôt emboîté le pas en qualifiant la guerre civile au Darfour de « génocide », alors que l’ONU et les Européens parlent de « crimes contre l’humanité ». (Libération, 20 mars 2007)
En France aussi, un mouvement d’opinion médiatiquement orchestré se dessine en faveur du Darfour. Julien Clerc prête sa voix à un message vidéo au profit de l’appel lancé par Bernard Kouchner dans Le Pèlerin pour l’ouverture de « couloirs humanitaires ». Artistes et intellectuels se rassemblent autour du collectif « Urgence Darfour » qui, précise Libération, « compte des francs-maçons, des chrétiens, des associations juives, noires (le CRAN), mais quasiment pas d’Arabes ou de musulmans ». Le Nouvel Observateur s’associe avec enthousiasme à l’appel lancé par « Urgence Darfour » au Parlement européen en faveur de l’envoi d’une « force de protection internationale ».
Bernard-Henry Lévy, lui, publie cinq pages touffues dans Le Monde après avoir erré une semaine en 4/4 climatisé à la frontière tchado-soudanaise. Participant à la soirée organisée par le collectif « Urgence Darfour » le 21 mars, Ségolène Royal et François Bayrou ont signé un « engagement en huit points pour sauver le Darfour ». Les autres candidats à l’élection présidentielle s’empressent d’en faire autant. Pour finir, un message du président de la République lu par BHL a menacé le Soudan de « sanctions » si les « exactions » se poursuivent. C’est « le réveil des consciences », résume Libération.
Si cette mobilisation avait pour effet d’améliorer le sort des habitants du Darfour, qui refuserait sincèrement de s’en réjouir ? Mais c’est peu probable. D’abord parce que ces initiatives médiatiques reposent souvent sur une analyse erronée de la situation. Ensuite, parce que cette partialité dans l’analyse produit précisément l’inverse de ce quelle prétendait obtenir. En proférant des généralisations abusives, on fournit à Khartoum le prétexte idéal pour justifier son immobilisme. C’est le cas, par exemple, lorsqu’on ressasse le réquisitoire simpliste contre « les milices arabes issues des tribus nomades qui massacrent les populations du Darfour au seul motif qu’elles sont négro-africaines ».
A entendre d’authentiques spécialistes de la région, ce genre d’assertion mérite d’être sérieusement nuancé. Certes, un certain « racisme » à l’égard des populations périphériques est le fait d’une partie des élites soudanaises d’origine arabe vivant dans la vallée du Nil. Détentrices du pouvoir à Khartoum, elles sont les véritables commanditaires des exactions commises par les miliciens « janjawids », ces « cavaliers diaboliques » qui font régner la terreur dans les zones rebelles. Mais les « janjawids », eux, sont aussi noirs que leurs victimes, explique Marc Lavergne, directeur de recherche au CNRS et spécialiste du Soudan : « pour moi, tout le monde est noir dans cette histoire. La notion de racisme n’a pas sa place. Les milices tribales janjawids sont des mercenaires qui ne se revendiquent pas du tout arabes. Ils ne sont pas le vrai problème. En exagérant, on pourrait dire que ce sont des pauvres qui se battent contre des pauvres. » (Afrik.com, 16 juillet 2004)
Rien n’est plus pernicieux, par conséquent, qu’une racialisation intempestive de la grille de lecture appliquée au conflit. Elle occulte le fait que toutes les ethnies vivant au Darfour, en réalité, ont été arabisées et islamisées au cours d’un long processus historique. Les tribus nomades du nord-Darfour, les Bagaras, l’ont été avant les autres, mais toutes utilisent l’arabe, même si elles continuent de pratiquer les parlers africains. Au surplus, le brassage multiséculaire des populations interdit de faire des distinctions « raciales » que les mariages interethniques ont rendu imperceptibles. « Tout autant victimes de la discrimination sociorégionale que leurs concitoyens noirs, les Bagaras ne se trouvent du côté des élites tueuses de Khartoum que par le jeu de la fausse conscience d’une arabité plus fantasmée que réelle », explique Gérard Prunier, chercheur au CNRS. (Le Monde diplomatique, mars 2007)
Ces milices manipulées par le gouvernement soudanais, du coup, sont loin d’être l’expression armée des « pasteurs nomades arabes ». Repris de justice libérés contre la promesse d’un engagement milicien, ex-déserteurs de l’armée gouvernementale dans le sud, membres des tribus chamelières victimes de la sécheresse, ressortissants de certaines ethnies négro-africaines qui attendent une rétribution pour leur ralliement : la composition des milices « janjawids » est extrêmement variée. Marc Lavergne y voit même un « lumpenprolétariat » (« prolétariat en haillons », selon la célèbre formule de Karl Marx), cyniquement utilisé par Khartoum pour « chasser les habitants du Darfour et installer à leur place de grandes fermes mécanisées confiées à des entreprises agricoles ou à de grandes familles ». Inversement, on oublie souvent de le mentionner, la principale ethnie arabe du Darfour (les Bagaras Rezeigats) a créé son propre mouvement de guérilla antigouvernementale pour protester contre la misère des populations et l’incurie de Khartoum.
Cet entrelacs de faits qui paraissent contredire les idées reçues devrait donc inciter à la prudence dans l’analyse. Les mêmes précautions méthodologiques, en outre, devraient être employées lorsqu’on aborde la dimension religieuse. Au Darfour tout le monde est musulman, et le conflit n’a aucune connotation religieuse. C’est l’une des différences majeures avec la sanglante guerre civile qui opposa Khartoum et la rébellion sudiste entre 1983 et 2005. Mais cette évidence ne gêne nullement BHL.
De passage au Darfour, le philosophe itinérant a eu une révélation : « J’ai vu, en fin de compte, peu de mosquées dans ce Darfour dévasté. Je songe que je n’ai pas croisé de femmes voilées. Je repense à l’école bombardée de Deissa, où l’on m’a montré les classes de filles à côté des classes de garçons. Et l’idée me vient que c’est peut-être là, après tout, un autre trait de cette guerre -et une autre raison, surtout, de se mobiliser : islam radical contre islam modéré ; le régime qui, à la fin des années 90, donnait asile à Ben Laden contre des populations musulmanes rebelles à l’islamisme ; au cœur de l’Afrique, dans les ténèbres de ce qui peut devenir, si nous ne faisons rien, le premier génocide du XXIème siècle, un autre théâtre pour le seul choc des civilisations qui tienne et qui est celui, nous le savons, des deux islams. » (Le Monde, 12 mars 2007)
Décidément, on ne voit que ce qu’on a envie de voir. Mais plus grave encore, on procède à la reconstruction imaginaire d’une réalité qui est toute différente. Le conflit du Darfour a éclaté en février 2003 avec la rébellion de deux groupes armés, le Mouvement pour la Libération du Soudan (MLS), puis le Mouvement pour la Justice et l’Egalité (MJE). Doté d’une réelle influence politique, ce dernier est d’obédience islamiste, et même suspecté d’être proche d’Hassan-al-Tourabi, chef de file des Frères musulmans et ex-éminence grise du régime issu du coup d’Etat militaire de 1989. A l’inverse, le pouvoir soudanais a clairement pris ses distances avec l’islamisme radical au lendemain des attentats du 11 septembre. Le président Omar-el-Béchir a évincé le courant « tourabiste », et Khartoum a fini par accéder au rang de partenaire des Etats-Unis dans la lutte contre Al-Qaida.
Le Soudan expiait de la sorte ses compromissions passées avec Ben Laden, et présentait une apparence respectable dans la perspective d’un accord de paix dans le sud. En tout cas, s’il y a des « islamistes » au Darfour, ils sont manifestement dans les deux camps. Une situation complexe qu’a récemment résumée Rony Brauman : « il ne s’agit pas d’un conflit entre islamistes extrémistes et musulmans modérés. Le front de résistance, à peu près uni jusqu’en 2006, s’est fragmenté en une douzaine de groupes qui se combattent entre eux tout en continuant à lutter contre les forces gouvernementales et les milices. Parmi les plus acharnés, parce qu’ils estiment que le Darfour ne leur a pas fait la place qu’il convenait, il y a les islamistes radicaux. » (Le Nouvel Observateur, 15 mars 2007)
Pourquoi, dans l’axiologie du conflit, privilégier de manière systématique la grille de lecture ethnique et religieuse ? Et ne pas se résoudre à considérer le conflit du Darfour, d’abord, comme un conflit politique ? « Les mouvements de libération, expliquait Marc Lavergne en 2004, ne revendiquent ni l’indépendance ni l’autonomie, mais un meilleur partage du pouvoir et des ressources. Ils considèrent que leur région est défavorisée par rapport à d’autres, en particulier celles du centre. La rébellion a éclaté, entre autres raisons, parce qu’un accord était sur le point d’être conclu entre Khartoum et la rébellion sudiste. Les gens du Darfour ont peut-être été tentés d’imposer, comme les gens du sud, un partage du pouvoir et des richesses. La répression a été disproportionnée. L’armée est intervenue avec des bombardements massifs, et le pouvoir a fait appel à des milices tribales, les janjawids. » (Le Nouvel Observateur, 5 août 2004)
Conflit politique entre un pouvoir accapareur et une région déshéritée, entre un centre hégémonique et une périphérie livrée à elle-même, la guerre du Darfour est une véritable tragédie. Le gouvernement de Khartoum, à l’évidence, porte une lourde responsabilité dans ce désastre, auquel les populations civiles paient un lourd tribut. Sur le sombre bilan de cette guerre, les estimations divergent, mais le chiffre de 200 000 victimes est retenu par l’ONU. Selon Rony Brauman, « on peut estimer que durant la période la plus violente, du printemps 2003 à l’été 2004, entre 30 000 et 70 000 personnes ont été tuées. Auxquelles il faut ajouter, comme dans tous les conflits, les victimes de la surmortalité provoquée par la malnutrition, soit 200 000 personnes environ. » (Le Nouvel Observateur, 15 mars 2007)
C’est une guerre civile terriblement meurtrière pour une région qui compte environ 7 millions d’habitants. Mais peut-on parler pour autant de génocide ? Pour l’ancien président de MSF, « ce n’était pas l’enjeu de cette guerre. A aucun moment, les dirigeants soudanais n’ont tenu des propos évoquant l’idée de détruire un groupe donné. Ils veulent marginaliser ce peuple et le garder sous la botte, c’est indiscutable. Mais pas l’exterminer. » 30 000 à 70 000 victimes directes des tueries commanditées par Khartoum, c’est un chiffre terrifiant et révoltant. Mais guère plus que les 30 000 morts provoquées par l’invasion israélienne du Liban, en 1982, dans un pays qui comptait à peine 3 millions d’habitants. Et aucun Conseil des droits de l’homme, ni aucune Cour pénale internationale n’a cru bon d’en blâmer les dirigeants israéliens.
Orchestrée par les médias américains, l’accusation de « génocide » permet de stigmatiser un régime arabe ayant longtemps flirté avec l’islamisme. Elle vise aussi à accréditer l’idée d’une intervention musclée des pays occidentaux. Mais hormis « l’hybridation » entre forces de l’ONU et forces de l’UA, dont Khartoum a accepté le principe, cette solution militaire a-t-elle un sens ? Comment une intervention étrangère, dans une région grande comme la France, aurait-elle la moindre chance de succès ? Le réflexe compassionnel occidental débouchant sur l’envoi d’un corps expéditionnaire : gardons-nous, ici comme ailleurs, de ce couple infernal.
Les partisans enthousiastes de la « solution militaire », outre qu’ils comptent sur les autres pour se faire trouer la peau, sont pour le Darfour de véritables faux amis. Non contents de réduire à sa dimension ethno-religieuse la perception du conflit, ils s’inscrivent dans un courant dominant dont la lutte contre « l’islamo-fascisme » constitue l’article de foi. Apologistes du bombardement humanitaire en Irak et supporters délirants de la « démocratie israélienne », ce sont eux qui fournissent à la politique néo-impériale de l’administration Bush ses cohortes d’idiots utiles.
Cumulant les infortunes, la population du Darfour voit ainsi s’ajouter à ses misères l’encombrant soutien de ceux qui applaudirent aux massacres israéliens en Palestine et au Liban, s’extasièrent sur les prouesses des B 52 en Irak, et considèrent toujours Abou Ghraib et Guantanamo comme de simples commissariats de police. Coincée entre les associations juives américaines et les intellectuels organiques hexagonaux, la cause du Darfour aura du mal à se faire entendre en dehors de la sphère d’influence des médias occidentaux. Il est infiniment regrettable que ses défenseurs les plus sincères ne l’aient pas compris, comme est particulièrement scandaleux le silence complaisant du monde arabe à l’égard des responsabilités de Khartoum dans la tragédie du Darfour.
A l’évidence, la seule solution au conflit est de nature politique. Le Darfour n’est pas un Etat indépendant, mais une région du Soudan. Toute démarche reposant sur le déni de la souveraineté nationale soudanaise conduira à une impasse. Catastrophique, la situation humanitaire au Darfour justifie une intervention massive de l’ONU pour nourrir et protéger les populations. Mais cette intervention doit surtout obtenir des parties en présence un accord politique permettant de mettre fin aux combats.
Simultanément, seule une pression de la communauté internationale peut infléchir Khartoum, mais à condition qu’elle n’apparaisse pas comme discriminatoire à l’égard d’un Etat arabe. Les imprécations anti-soudanaises des lobbies pro-israéliens relèvent d’une indignation sélective qui fait la différence entre « bonnes victimes » au Darfour et « mauvaises victimes » en Palestine. Mais surtout, et c’est plus grave encore, elles desservent la cause du Darfour sur la scène internationale, où Khartoum a beau jeu d’invoquer la solidarité arabe contre l’ingérence occidentale et la politique des « deux poids, deux mesures ».
A l’issue de son équipée dans les pick-up du Mouvement de libération du Soudan, BHL a proposé dans les colonnes du quotidien Le Monde de livrer des armes à cette fraction irrédentiste de la guérilla. Rejetant les accords de paix signés à Abuja sous la houlette de l’ONU en mai 2006, le MLS poursuit le combat au côté des « islamistes » du Mouvement pour la Justice et l’Egalité. Peu importe que le Conseil des droits de l’homme de l’ONU ait accusé la guérilla, elle aussi, de crimes contre l’humanité, ni que le retour à la table des négociations soit l’unique issue à la guerre civile. Indécrottables, les muscadins fortunés de la philosophie et les chantres hypocrites de l’humanitaire appellent leurs protégés à se battre jusqu’au bout, et pour les convaincre, ils leur promettent monts et merveilles. Véritables héros par procuration, ils sont prêts à se faire tuer jusqu’au dernier Darfouri.
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C’est une règle d’or du système médiatique : plus la dénonciation de l’indifférence se fait entendre, plus elle contribue à ruiner son propre objet. Indifférente au drame du Darfour, l’opinion mondiale ? En partie peut-être, car ce drame humanitaire n’est hélas pas le seul sur la planète. Mais peut-on en dire autant de la « communauté internationale » ? Hormis le Liban, peu de pays ont récemment bénéficié d’une telle activité onusienne. En trois ans, le conseil de sécurité de l’ONU a adopté onze résolutions sur un conflit qui aurait fait 200 000 victimes depuis le printemps 2003. La dernière en date est la résolution 1706, du 31 août 2006, qui prévoit de transférer à l’Organisation des Nations unies la mission de paix confiée en 2004 à l’Union africaine.
Depuis l’adoption de ce texte, un véritable bras de fer oppose le gouvernement de Khartoum à l’ONU qui veut lui imposer l’envoi de plusieurs milliers de « casques bleus ». Défenseur sourcilleux de la souveraineté nationale soudanaise, le président Omar el-Béchir a néanmoins consenti, du bout des lèvres, à la formation d’une force hybride ONU-UA. En attendant, il fait traîner en longueur les négociations, ce qui suscite l’impatience américaine. La secrétaire d’Etat, Condy Rice, a ainsi annoncé que « de nouvelles options étaient à l’étude ». Animant une conférence conjointe avec son homologue israélienne, elle a déclaré que « le Soudan doit comprendre que la communauté internationale ne peut pas rester inactive alors que les gens souffrent ». (AFP, 15 mars 2007)
Si seulement ce message avait une portée universelle, et concernait aussi les Palestiniens sous occupation militaire depuis quarante ans, nul doute qu’il emporterait une large adhésion. Malheureusement, il n’en est rien. La présence de la ministre israélienne des affaires étrangères à cette conférence de presse, au demeurant, délivre un message limpide : la sollicitude américaine pour le Darfour n’a d’égale que sa complaisance pour Israël. Avec la même ardeur, Washington dénonce les atrocités commises par les sbires de Khartoum et fournit à Tel-Aviv les armes lui permettant de terroriser la population palestinienne. Volontairement schizophrène, l’hyperpuissance immunise Israël contre la machine onusienne tout en voulant la déchaîner contre le Soudan.
Le paradoxe est d’autant plus flagrant que la crise du Darfour, en droit international, est une affaire intérieure soudanaise. En Palestine, frappée d’impuissance par le veto américain, la communauté internationale laisse impunie une violation flagrante de la légalité internationale. Au Soudan, elle a pris soin d’étayer la légitimité de son intervention, tandis qu’en Palestine elle s’interdit même d’y songer. L’ingérence internationale dans les affaires intérieures d’un Etat, en effet, tire sa légitimité du soupçon de crimes contre l’humanité. D’où l’importance cruciale, pour l’issue de la procédure, de la qualification des crimes commis. Mais encore faut-il que les instances internationales aient été saisies.
Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a été officiellement saisi, à juste titre, de la situation qui prévaut au Darfour. A peine créée, cette nouvelle institution internationale a trouvé dans le drame soudanais un champ d’action privilégié. C’est le rapport de la mission d’évaluation du CDH, remis le 12 mars 2007, qui a provoqué le récent durcissement de la politique américaine. Dénonçant à nouveau « des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité » au Darfour, le rapport est particulièrement accablant pour Khartoum.
La résolution de l’assemblée générale du 15 mars 2006, qui a créé le Conseil des droits de l’homme, affirmait « qu’il importe d’assurer l’universalité, l’objectivité et la non-sélectivité de l’examen des questions relatives aux droits de l’homme, et de mettre fin à la pratique des deux poids deux mesures et à toute politisation. » Un vœu pieux, assurément, car il y a peu de chance de voir la politique israélienne dans les territoires palestiniens soumise à une enquête similaire du Conseil des droits de l’homme.
Souvent stigmatisée pour sa prétendue pusillanimité à l’égard du Soudan, l’ONU y déploie, au contraire, une activité d’autant plus fébrile qu’elle veut exorciser son impuissance passée face au génocide rwandais. Usant tour à tour de la menace et de la persuasion, cette action diplomatique s’accompagne, de surcroît, d’une véritable action judiciaire. Le 15 mars 2005, le conseil de sécurité de l’ONU a déféré la situation au Darfour au procureur de la Cour pénale internationale. Une liste de 51 chefs d’accusation pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité fut livrée en pâture à l’opinion publique, exerçant une pression considérable sur les autorités soudanaises et leurs alliés locaux. Car même si les noms des présumés coupables n’ont pas été divulgués, nul n’ignore que de hauts dignitaires soudanais figurent sur cette véritable liste noire.
Aide humanitaire massive, avalanche de résolutions, saisine de la CPI : cette débauche de moyens s’est avérée jusqu’ici d’une efficacité douteuse. Elle eût été impensable, en tout cas, sans le puissant aiguillon de la politique américaine. Le Darfour cumule trois avantages, il est vrai, de nature à susciter un réflexe compassionnel outre-Atlantique : il est géographiquement éloigné (exotisme propice à l’épanchement), son malheur est étranger à toute influence américaine (bonne conscience garantie), il est victime de la cruauté supposée du monde arabo-musulman (confort idéologique assuré). Du coup, il n’est pas étonnant que 50 000 personnes aient défilé à Washington en avril 2006 contre le « génocide » du Darfour, soit autant que lors du dernier défilé contre la guerre en Irak.
Don Cheadle, George Clooney, Angelina Jolie, le Congress Black Caucus, le musée de l’Holocauste, les associations juives, les milieux chrétiens évangélistes : la vaste coalition « pour sauver le Darfour » affirme représenter 130 millions de personnes à travers 178 associations. Les plus dynamiques sont incontestablement les associations juives. Mais les institutions mémorielles sont aussi de la partie. Ainsi « l’Initiative de prévention du génocide du musée de l’Holocauste », à Washington, qui s’est fixé pour mission d’ « honorer la mémoire de l’Holocauste en agissant contre les génocides contemporains ». Elle a décrété une « urgence spéciale » pour le Darfour en 2004, après avoir conclu que « les victimes étaient ciblées en raison de leur origine ». L’administration Bush lui a aussitôt emboîté le pas en qualifiant la guerre civile au Darfour de « génocide », alors que l’ONU et les Européens parlent de « crimes contre l’humanité ». (Libération, 20 mars 2007)
En France aussi, un mouvement d’opinion médiatiquement orchestré se dessine en faveur du Darfour. Julien Clerc prête sa voix à un message vidéo au profit de l’appel lancé par Bernard Kouchner dans Le Pèlerin pour l’ouverture de « couloirs humanitaires ». Artistes et intellectuels se rassemblent autour du collectif « Urgence Darfour » qui, précise Libération, « compte des francs-maçons, des chrétiens, des associations juives, noires (le CRAN), mais quasiment pas d’Arabes ou de musulmans ». Le Nouvel Observateur s’associe avec enthousiasme à l’appel lancé par « Urgence Darfour » au Parlement européen en faveur de l’envoi d’une « force de protection internationale ».
Bernard-Henry Lévy, lui, publie cinq pages touffues dans Le Monde après avoir erré une semaine en 4/4 climatisé à la frontière tchado-soudanaise. Participant à la soirée organisée par le collectif « Urgence Darfour » le 21 mars, Ségolène Royal et François Bayrou ont signé un « engagement en huit points pour sauver le Darfour ». Les autres candidats à l’élection présidentielle s’empressent d’en faire autant. Pour finir, un message du président de la République lu par BHL a menacé le Soudan de « sanctions » si les « exactions » se poursuivent. C’est « le réveil des consciences », résume Libération.
Si cette mobilisation avait pour effet d’améliorer le sort des habitants du Darfour, qui refuserait sincèrement de s’en réjouir ? Mais c’est peu probable. D’abord parce que ces initiatives médiatiques reposent souvent sur une analyse erronée de la situation. Ensuite, parce que cette partialité dans l’analyse produit précisément l’inverse de ce quelle prétendait obtenir. En proférant des généralisations abusives, on fournit à Khartoum le prétexte idéal pour justifier son immobilisme. C’est le cas, par exemple, lorsqu’on ressasse le réquisitoire simpliste contre « les milices arabes issues des tribus nomades qui massacrent les populations du Darfour au seul motif qu’elles sont négro-africaines ».
A entendre d’authentiques spécialistes de la région, ce genre d’assertion mérite d’être sérieusement nuancé. Certes, un certain « racisme » à l’égard des populations périphériques est le fait d’une partie des élites soudanaises d’origine arabe vivant dans la vallée du Nil. Détentrices du pouvoir à Khartoum, elles sont les véritables commanditaires des exactions commises par les miliciens « janjawids », ces « cavaliers diaboliques » qui font régner la terreur dans les zones rebelles. Mais les « janjawids », eux, sont aussi noirs que leurs victimes, explique Marc Lavergne, directeur de recherche au CNRS et spécialiste du Soudan : « pour moi, tout le monde est noir dans cette histoire. La notion de racisme n’a pas sa place. Les milices tribales janjawids sont des mercenaires qui ne se revendiquent pas du tout arabes. Ils ne sont pas le vrai problème. En exagérant, on pourrait dire que ce sont des pauvres qui se battent contre des pauvres. » (Afrik.com, 16 juillet 2004)
Rien n’est plus pernicieux, par conséquent, qu’une racialisation intempestive de la grille de lecture appliquée au conflit. Elle occulte le fait que toutes les ethnies vivant au Darfour, en réalité, ont été arabisées et islamisées au cours d’un long processus historique. Les tribus nomades du nord-Darfour, les Bagaras, l’ont été avant les autres, mais toutes utilisent l’arabe, même si elles continuent de pratiquer les parlers africains. Au surplus, le brassage multiséculaire des populations interdit de faire des distinctions « raciales » que les mariages interethniques ont rendu imperceptibles. « Tout autant victimes de la discrimination sociorégionale que leurs concitoyens noirs, les Bagaras ne se trouvent du côté des élites tueuses de Khartoum que par le jeu de la fausse conscience d’une arabité plus fantasmée que réelle », explique Gérard Prunier, chercheur au CNRS. (Le Monde diplomatique, mars 2007)
Ces milices manipulées par le gouvernement soudanais, du coup, sont loin d’être l’expression armée des « pasteurs nomades arabes ». Repris de justice libérés contre la promesse d’un engagement milicien, ex-déserteurs de l’armée gouvernementale dans le sud, membres des tribus chamelières victimes de la sécheresse, ressortissants de certaines ethnies négro-africaines qui attendent une rétribution pour leur ralliement : la composition des milices « janjawids » est extrêmement variée. Marc Lavergne y voit même un « lumpenprolétariat » (« prolétariat en haillons », selon la célèbre formule de Karl Marx), cyniquement utilisé par Khartoum pour « chasser les habitants du Darfour et installer à leur place de grandes fermes mécanisées confiées à des entreprises agricoles ou à de grandes familles ». Inversement, on oublie souvent de le mentionner, la principale ethnie arabe du Darfour (les Bagaras Rezeigats) a créé son propre mouvement de guérilla antigouvernementale pour protester contre la misère des populations et l’incurie de Khartoum.
Cet entrelacs de faits qui paraissent contredire les idées reçues devrait donc inciter à la prudence dans l’analyse. Les mêmes précautions méthodologiques, en outre, devraient être employées lorsqu’on aborde la dimension religieuse. Au Darfour tout le monde est musulman, et le conflit n’a aucune connotation religieuse. C’est l’une des différences majeures avec la sanglante guerre civile qui opposa Khartoum et la rébellion sudiste entre 1983 et 2005. Mais cette évidence ne gêne nullement BHL.
De passage au Darfour, le philosophe itinérant a eu une révélation : « J’ai vu, en fin de compte, peu de mosquées dans ce Darfour dévasté. Je songe que je n’ai pas croisé de femmes voilées. Je repense à l’école bombardée de Deissa, où l’on m’a montré les classes de filles à côté des classes de garçons. Et l’idée me vient que c’est peut-être là, après tout, un autre trait de cette guerre -et une autre raison, surtout, de se mobiliser : islam radical contre islam modéré ; le régime qui, à la fin des années 90, donnait asile à Ben Laden contre des populations musulmanes rebelles à l’islamisme ; au cœur de l’Afrique, dans les ténèbres de ce qui peut devenir, si nous ne faisons rien, le premier génocide du XXIème siècle, un autre théâtre pour le seul choc des civilisations qui tienne et qui est celui, nous le savons, des deux islams. » (Le Monde, 12 mars 2007)
Décidément, on ne voit que ce qu’on a envie de voir. Mais plus grave encore, on procède à la reconstruction imaginaire d’une réalité qui est toute différente. Le conflit du Darfour a éclaté en février 2003 avec la rébellion de deux groupes armés, le Mouvement pour la Libération du Soudan (MLS), puis le Mouvement pour la Justice et l’Egalité (MJE). Doté d’une réelle influence politique, ce dernier est d’obédience islamiste, et même suspecté d’être proche d’Hassan-al-Tourabi, chef de file des Frères musulmans et ex-éminence grise du régime issu du coup d’Etat militaire de 1989. A l’inverse, le pouvoir soudanais a clairement pris ses distances avec l’islamisme radical au lendemain des attentats du 11 septembre. Le président Omar-el-Béchir a évincé le courant « tourabiste », et Khartoum a fini par accéder au rang de partenaire des Etats-Unis dans la lutte contre Al-Qaida.
Le Soudan expiait de la sorte ses compromissions passées avec Ben Laden, et présentait une apparence respectable dans la perspective d’un accord de paix dans le sud. En tout cas, s’il y a des « islamistes » au Darfour, ils sont manifestement dans les deux camps. Une situation complexe qu’a récemment résumée Rony Brauman : « il ne s’agit pas d’un conflit entre islamistes extrémistes et musulmans modérés. Le front de résistance, à peu près uni jusqu’en 2006, s’est fragmenté en une douzaine de groupes qui se combattent entre eux tout en continuant à lutter contre les forces gouvernementales et les milices. Parmi les plus acharnés, parce qu’ils estiment que le Darfour ne leur a pas fait la place qu’il convenait, il y a les islamistes radicaux. » (Le Nouvel Observateur, 15 mars 2007)
Pourquoi, dans l’axiologie du conflit, privilégier de manière systématique la grille de lecture ethnique et religieuse ? Et ne pas se résoudre à considérer le conflit du Darfour, d’abord, comme un conflit politique ? « Les mouvements de libération, expliquait Marc Lavergne en 2004, ne revendiquent ni l’indépendance ni l’autonomie, mais un meilleur partage du pouvoir et des ressources. Ils considèrent que leur région est défavorisée par rapport à d’autres, en particulier celles du centre. La rébellion a éclaté, entre autres raisons, parce qu’un accord était sur le point d’être conclu entre Khartoum et la rébellion sudiste. Les gens du Darfour ont peut-être été tentés d’imposer, comme les gens du sud, un partage du pouvoir et des richesses. La répression a été disproportionnée. L’armée est intervenue avec des bombardements massifs, et le pouvoir a fait appel à des milices tribales, les janjawids. » (Le Nouvel Observateur, 5 août 2004)
Conflit politique entre un pouvoir accapareur et une région déshéritée, entre un centre hégémonique et une périphérie livrée à elle-même, la guerre du Darfour est une véritable tragédie. Le gouvernement de Khartoum, à l’évidence, porte une lourde responsabilité dans ce désastre, auquel les populations civiles paient un lourd tribut. Sur le sombre bilan de cette guerre, les estimations divergent, mais le chiffre de 200 000 victimes est retenu par l’ONU. Selon Rony Brauman, « on peut estimer que durant la période la plus violente, du printemps 2003 à l’été 2004, entre 30 000 et 70 000 personnes ont été tuées. Auxquelles il faut ajouter, comme dans tous les conflits, les victimes de la surmortalité provoquée par la malnutrition, soit 200 000 personnes environ. » (Le Nouvel Observateur, 15 mars 2007)
C’est une guerre civile terriblement meurtrière pour une région qui compte environ 7 millions d’habitants. Mais peut-on parler pour autant de génocide ? Pour l’ancien président de MSF, « ce n’était pas l’enjeu de cette guerre. A aucun moment, les dirigeants soudanais n’ont tenu des propos évoquant l’idée de détruire un groupe donné. Ils veulent marginaliser ce peuple et le garder sous la botte, c’est indiscutable. Mais pas l’exterminer. » 30 000 à 70 000 victimes directes des tueries commanditées par Khartoum, c’est un chiffre terrifiant et révoltant. Mais guère plus que les 30 000 morts provoquées par l’invasion israélienne du Liban, en 1982, dans un pays qui comptait à peine 3 millions d’habitants. Et aucun Conseil des droits de l’homme, ni aucune Cour pénale internationale n’a cru bon d’en blâmer les dirigeants israéliens.
Orchestrée par les médias américains, l’accusation de « génocide » permet de stigmatiser un régime arabe ayant longtemps flirté avec l’islamisme. Elle vise aussi à accréditer l’idée d’une intervention musclée des pays occidentaux. Mais hormis « l’hybridation » entre forces de l’ONU et forces de l’UA, dont Khartoum a accepté le principe, cette solution militaire a-t-elle un sens ? Comment une intervention étrangère, dans une région grande comme la France, aurait-elle la moindre chance de succès ? Le réflexe compassionnel occidental débouchant sur l’envoi d’un corps expéditionnaire : gardons-nous, ici comme ailleurs, de ce couple infernal.
Les partisans enthousiastes de la « solution militaire », outre qu’ils comptent sur les autres pour se faire trouer la peau, sont pour le Darfour de véritables faux amis. Non contents de réduire à sa dimension ethno-religieuse la perception du conflit, ils s’inscrivent dans un courant dominant dont la lutte contre « l’islamo-fascisme » constitue l’article de foi. Apologistes du bombardement humanitaire en Irak et supporters délirants de la « démocratie israélienne », ce sont eux qui fournissent à la politique néo-impériale de l’administration Bush ses cohortes d’idiots utiles.
Cumulant les infortunes, la population du Darfour voit ainsi s’ajouter à ses misères l’encombrant soutien de ceux qui applaudirent aux massacres israéliens en Palestine et au Liban, s’extasièrent sur les prouesses des B 52 en Irak, et considèrent toujours Abou Ghraib et Guantanamo comme de simples commissariats de police. Coincée entre les associations juives américaines et les intellectuels organiques hexagonaux, la cause du Darfour aura du mal à se faire entendre en dehors de la sphère d’influence des médias occidentaux. Il est infiniment regrettable que ses défenseurs les plus sincères ne l’aient pas compris, comme est particulièrement scandaleux le silence complaisant du monde arabe à l’égard des responsabilités de Khartoum dans la tragédie du Darfour.
A l’évidence, la seule solution au conflit est de nature politique. Le Darfour n’est pas un Etat indépendant, mais une région du Soudan. Toute démarche reposant sur le déni de la souveraineté nationale soudanaise conduira à une impasse. Catastrophique, la situation humanitaire au Darfour justifie une intervention massive de l’ONU pour nourrir et protéger les populations. Mais cette intervention doit surtout obtenir des parties en présence un accord politique permettant de mettre fin aux combats.
Simultanément, seule une pression de la communauté internationale peut infléchir Khartoum, mais à condition qu’elle n’apparaisse pas comme discriminatoire à l’égard d’un Etat arabe. Les imprécations anti-soudanaises des lobbies pro-israéliens relèvent d’une indignation sélective qui fait la différence entre « bonnes victimes » au Darfour et « mauvaises victimes » en Palestine. Mais surtout, et c’est plus grave encore, elles desservent la cause du Darfour sur la scène internationale, où Khartoum a beau jeu d’invoquer la solidarité arabe contre l’ingérence occidentale et la politique des « deux poids, deux mesures ».
A l’issue de son équipée dans les pick-up du Mouvement de libération du Soudan, BHL a proposé dans les colonnes du quotidien Le Monde de livrer des armes à cette fraction irrédentiste de la guérilla. Rejetant les accords de paix signés à Abuja sous la houlette de l’ONU en mai 2006, le MLS poursuit le combat au côté des « islamistes » du Mouvement pour la Justice et l’Egalité. Peu importe que le Conseil des droits de l’homme de l’ONU ait accusé la guérilla, elle aussi, de crimes contre l’humanité, ni que le retour à la table des négociations soit l’unique issue à la guerre civile. Indécrottables, les muscadins fortunés de la philosophie et les chantres hypocrites de l’humanitaire appellent leurs protégés à se battre jusqu’au bout, et pour les convaincre, ils leur promettent monts et merveilles. Véritables héros par procuration, ils sont prêts à se faire tuer jusqu’au dernier Darfouri.
 
"Si vous n’y prenez pas garde, les journaux finiront par vous faire haïr les opprimés et adorer les oppresseurs." Malcom X

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