ELWATAN-ALHABIB
vendredi 19 août 2016
 

Burkini : Le choc des civilisations à l’heure du pastis







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Curieux pays que la France. Ses dirigeants tentent d’abattre depuis cinq ans, par tous les moyens, le seul régime non confessionnel du Moyen-Orient. Ils livrent des armes aux djihadistes au nom de la démocratie et des droits de l’homme. Ils bombardent les populations civiles en prétendant lutter contre le terrorisme qu’ils soutiennent par ailleurs. Ils distribuent des médailles honorifiques et vendent des avions de chasse aux sponsors saoudiens de la terreur planétaire. Mais cette absurdité permanente de notre politique étrangère n’offusque personne. Elle ne suscite dans les médias dominants que des débats feutrés. Aucun mouvement de foule n’en dénonce la nocivité. Pour peu elle passerait inaperçue, faisant place à d’autres préoccupations.
Car ce ne sont pas les événements d’Alep qui passionnent les foules. Ces affrontements exotiques auxquels on ne comprend rien n’intéressent personne. Loin de nous, ils sont comme frappés d’insignifiance. Le vrai sujet est ailleurs, son urgence saute aux yeux. Son extrême gravité nous pétrifie d’angoisse. Le burkini ! Ce costume de bain ne devrait provoquer, au pire, qu’un sourire narquois ou désabusé. Il ne devrait susciter, au mieux, qu’une souveraine indifférence. Mais voilà qu’il se transforme en casus belli pour estivants déchaînés, qu’il devient le motif extravagant d’une bataille de parasols. Portée à l’incandescence par l’atmosphère corse, la discorde frôle même le paroxysme, à coups de jets de canettes et de fléchettes de harpon.
Aurait-on tort de ne pas prendre au sérieux cette invraisemblable querelle ? Oui, nous dit-on, car elle serait symboliquement décisive. Elle serait lourde de signification implicite, grosse d’une menace existentielle. A croire certains, elle s’élèverait même au rang du combat suprême pour la défense de nos valeurs. Menacée de submersion, l’identité européenne jouerait son va-tout dans cette rixe saisonnière aux relents de pastis. Congédiant la pétanque et les épuisettes, elle reléguerait les passions vacancières au magasin des accessoires. Alors que dans les piscines allemandes on s’en moque, ce maudit vêtement émeut l’opinion, chez nous, avec une singulière intensité.
On a parfaitement le droit, bien sûr, de ne pas aimer cette tenue de bain pour ce qu’elle représente. Car cette version balnéaire du voile intégral n’est pas étrangère à un rigorisme qu’il est légitime de combattre sur le plan des idées. Mais la vie en société implique aussi l’acceptation de la différence culturelle. Dès lors qu’elle n’entrave la liberté de personne, une pratique sociale, vestimentaire ou autre, ne peut faire l’objet d’une interdiction que si elle déroge à un principe fondamental. Mais dans le cas d’espèce, lequel ? On peine à le trouver. Et l’on interdit la pratique des uns parce qu’elle ne plaît pas aux autres. Ce qui soulève cette question : dans un Etat laïc, les prohibitions légales ont-elles vocation à épouser les aversions subjectives des uns et des autres ?
Effet collatéral du climat créé par les attentats, cette interdiction, en réalité, renvoie sans le dire à la lutte contre le terrorisme. Que le burkini entretienne un rapport de connivence implicite avec l’idéologie wahhabite, au demeurant, n’est pas faux. Que cette idéologie soit la matrice originelle du djihadisme non plus. Mais les femmes qui adoptent cette tenue par conviction religieuse ne sont pas pour autant des adeptes du terrorisme. Et le motif de l’interdiction, il faut le reconnaître, demeure juridiquement faible, puisqu’on ne peut même pas invoquer le fait que le visage est masqué, contrairement à la burqa.
Il n’empêche que pour une partie de la population française cet argument est de peu de poids. A ses yeux, cette lutte symbolique est le baroud d’honneur de l’Occident en proie aux barbares. La guerre du maillot intégral, c’est le choc des civilisations mis à la portée des plagistes, le grand frisson identitaire à l’heure de l’apéro aux olives. On croit combattre le fanatisme en faisant la chasse au burkini, mais on ne poursuit que des ombres, sans voir la diversion à laquelle on prête la main. Nourrie par des médias rapaces, cette bataille dérisoire, une fois de plus, détourne de l’essentiel. Cette vaine dispute est un écran de fumée dont des politiciens véreux font leur miel. Et elle montre notre incapacité politique à prendre au sérieux l’islamisme radical pour mieux le combattre.
 Bruno Guigue
Bruno Guigueancien élève de l’École Normale Supérieure et de l’ENA, Haut fonctionnaire d’Etat français, essayiste et politologue, professeur de philosophie dans l’enseignement secondaire, chargé de cours en relations internationales à l’Université de La Réunion. Il est l’auteur de cinq ouvrages, dont Aux origines du conflit israélo-arabe, L’invisible remords de l’Occident, L’Harmattan, 2002, et de centaines d’articles.

 
mardi 16 août 2016
 
Paris accusé de miser sur la partition de la Libye




par Kharroubi Habib
A ceux qui ne parvenaient pas à comprendre pourquoi la France qui, officiellement, reconnaît le gouvernement d'accord national (GNA) dirigé par Fayez Sarradj en tant que seule autorité légale de Libye a mis pourtant à disposition du général Khalifa Haftar qui la lui conteste le détachement de ses forces spéciales qui opère dans ce pays, le président de la commission des affaires étrangères du Sénat italien Pier Ferdinando Casini leur fournit sans détour l'explication dans l'interview qu'il a accordée au quotidien « El Messaggero ».

Pour ce sénateur italien, si en Libye la France marche dans une direction alors que l'Italie, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis avancent dans une autre (soutien au Premier ministre et à son cabinet d'union nationale), c'est parce que avec l'Egypte elle mise sur la division du pays en trois parties.

L'accusation que formule le parlementaire italien contre Paris et que le gouvernement de Rome estime probablement avérée n'est pas sans fondement malgré les dénégations françaises qu'elle provoquera. La justification fournie par les autorités françaises sur la présence de leur détachement des forces spéciales de leur pays aux côtés de « l'armée nationale libyenne » que commande le général Haftar qui refuse l'autorité du GNA est qu'elle est destinée à contribuer à rendre plus efficiente sa participation à la lutte contre Daech. Ce qu'elles taisent par contre c'est que le général Haftar refuse toute subordination de son « armée » à l'état-major des forces armées du GNA engagées elles aussi dans une offensive en cours contre l'organisation terroriste, et qu'en l'aidant militairement elles l'encouragent à persister à faire cavalier seul, ce qui ne concourt pas à conforter la dynamique d'union nationale ébauchée en Libye sous les auspices des Nations unies et dont le cabinet Sarradj en est l'émanation.

En tout état de cause, il se dévoile qu'en Libye les interventions étrangères qui s'y déroulent n'ont pas pour but uniquement de mettre fin à la menace qu'est la présence de Daech dans le pays mais également de faire prévaloir les intérêts respectifs des Etats qui les ont engagées. Leur résultat risque de prolonger en l'aggravant le chaos dans lequel se trouve la Libye tant il apparaît manifeste que ces intérêts sont divergents occasionnant des rivalités entre ces Etats qui pour défendre ce qu'ils estiment leur revenir dans ce pays ne reculent pas à jouer un camp libyen contre l'autre.

L'accusation formulée par le président de la commission des affaires étrangères du Sénat italien contre la France et l'Egypte n'est toutefois nullement à considérer comme la dénonciation de l'ingérence étrangère dans les affaires de la Libye. Rome ne s'oppose à Paris et au Caire que parce qu'elle estime le but de leur intervention préjudiciable aux intérêts « historiques » que l'Italie détient en Libye. Pour les contrer, Pier Fernandino Casini ne propose rien d'autre que la convocation d'un sommet européen qui sous couvert d'une position commune de l'Europe contraindrait la France à réviser sa position. Suggestion qui n'est pas excluante d'une intervention militaire étrangère coordonnée.

Ce dont pourtant le gouvernement Sarradj censément appuyé par l'Italie et les autres puissances occidentales a fermement déclaré qu'il n'en veut pas. Accusateurs comme accusés jouent dans ce conflit une partition en solo dont on décèle derrière chacune les sinistres appétits de leurs exécutants. Pour l'Algérie, ces ingérences étrangères en Libye voisine n'augurent rien de bon pour sa sécurité nationale. 

 
mardi 9 août 2016
 
Terrorisme: La haine du «mode de vie» occidental, dites-vous?



par Bruxelles: M'hammedi Bouzina Med
L'agression lâche et criminelle, samedi dernier, d'un «sans-papiers» algérien contre deux policières belges remet à l'ordre du jour, chez les politiques, la stratégie de fuite en avant en donnant pour seule explication du terrorisme la haine du «mode de vie occidental».

Trois jours après « l'attaque terroriste» d'un homme de 33 ans, algérien de nationalité en séjour illégal en Belgique, contre deux policières dans la ville de Charleroi, les médias belges (et français) autant que les premiers responsables politiques belges s'engouffrent dans le machiavélique jeu espéré par les terroristes, une fois leurs crimes abjectes réalisés: tétaniser la société, brouiller les repères politiques, semer la confusion dans les discours politiques et lever les communautés les unes contre les autres. S'il est évident que « l'attaque terroriste» contre les deux policières blessées, heureusement hors de danger, demeure un crime crapuleux et impardonnable, il est tout aussi inquiétant de constater la prise en charge de cet événement dramatique par les dirigeants politiques belges et les médias, assurant consciemment ou non, une opération de marketing politique et de publicité tout bénéfice pour l'ogre Daech. Attribuer la capacité à l'organisation sanguinaire à planifier et réaliser ce qui s'apparente plus à une agression qu'à une «attaque» d'un «sans papier» désespéré, pourri de frustrations, auteur de larcins et haineux envers l'administration belge pour lui avoir refusé à deux reprises la régularisation, est non seulement ridicule, mais dangereux comme explication. Dangereux parce que si la médiocrité du traitement médiatique de tels faits (de société) répond souvent à la méprisable course à l'audimat et ses honteuses retombées financières, cette médiocrité semble croiser le chemin de responsables politiques aux affaires ou non. Le Premier ministre belge et le président de la région de Wallonie-Bruxelles ont interrompu leurs vacances dès l'annonce de «l'agression» des deux policières pour s'exprimer sur les plateaux de télévisions et manifester leur soutien aux victimes et aux policiers d'une manière générale. Honorable réaction qui marque le sens des responsabilités de ces deux hommes politiques. Malheureusement, leurs interventions aussi sincères soient-elles, participent à aggraver le climat anxiogène et de tension communautaire né depuis les attentats de novembre à Paris et mars à Bruxelles. Le Premier ministre belge, Charles Michel, à repris à son compte le vocabulaire des médias qualifiant l'agression «d'attaque terroriste», alors que le président de la Wallonie, Paul Magnette, explique « Ils - les terroristes- ont de la haine contre notre mode de vie». Des lieux devenus communs. Les mots ont un sens et peuvent faire plus de dégâts dans la société que les actes. Ainsi, soudainement, cet homme qui demande depuis 2012 à être régularisé pour vivre en Belgique et sommé de quitter la Belgique s'est mis à détester le «mode de vie» belge. Et par ricochet, tous les fous qui se réclamant de l'islam qui attaquent ou se font kamikazes et tuent d'autres gens sans distinction de religion, origine ou couleur de peau ont, soudain de la haine contre le «mode vie occidental» dans lequel ils sont pour leur majorité nés, élevés et éduqués. Qu'elle est loin la guerre en Syrie et ses millions de victimes! Qu'ils sont loin les drames libyen, yéménite, irakien ! Qu'il est loin des yeux et des médias le drame des Palestiniens ! Seul le mode de vie explique la violence terroriste sur le sol occidental. La légèreté de l'explication des raisons des actes terroristes sur le sol occidental s'apparente à la provocation recherchée par Daech et tous les autres terroristes du monde. Si telle est l'explication, pourquoi les terroristes de Daech, El Qaeda, Al- Nosra et consorts tuent, assassinent et terrorisent les populations à majorité musulmane qui ont un «mode de vie» qui n'a rien à voir avec l'Occident? Et puis comment faire croire aux populations occidentales que leurs gouvernements peuvent bombarder en Syrie et ailleurs, tuant des milliers de civils sans qu'elles ne soient inquiétées chez elles? Pourquoi l'Occident ne cesse-t-il pas lui aussi la guerre pour s'employer à un travail de politique et de diplomatie, qui coûte nettement moins cher que la guerre, pour un dialogue entre les belligérants en Syrie, Libye, Yémen, etc.? C'est une logique infernale dans laquelle s'engagent les responsables politiques occidentaux que celle d'expliquer la violence aveugle qui frappe leurs concitoyens par le seul argument de la haine de leur «mode de vie». Désespérant pour l'avenir. 
 
jeudi 4 août 2016
 

Lutter contre les commentaires racistes en les affichant en « une » de son journal










La « une » du journal libéral « De Morgen » du 3 août, qui titre sur le « racisme sans honte » en réaction aux insultes racistes contre un jeune Belge décédé au Maroc.

L’histoire aurait pu n’être qu’un triste fait divers. Elle est en passe de devenir un symbole dans l’éternel débat autour de la liberté d’expression sur les réseaux sociaux, et les recours, juridiques ou symboliques, qui existent face à la haine, la méchanceté et l’horreur en ligne.

Ramzi Mohammad Kaddouri, 15 ans, habitait à Limburg, en Flandre. Pendant ses vacances au Maroc, cet adolescent, de nationalité belge et d’origine marocaine, a trouvé la mort, le 30 juillet, dans un accident de quad. Le journal De Morgen a relayé la triste nouvelle, et a constaté la réaction sur les réseaux sociaux : des centaines de commentaires racistes sous l’article, avec la photo du jeune homme, sur Facebook ou Twitter, jusqu’à sa reprise, toujours sur Facebook, par la page d’un groupuscule d’extrême droite, la Ligue de défense flamande (le post a été supprimé depuis).
Dans son édition du 3 août, De Morgen décide de faire sa « une » avec ces commentaires écrits sur fond noir, sous le titre : « Racisme éhonté ». Courrier international a traduit certains des messages auxquels ont eu droit les modérateurs du journal flamand, sans citer les noms de auteurs :
  • « Si ça c’est un Flamand, je suis Saint-Nicolas » ;
  • « Malheureusement, la plupart des Flamands ressemblent désormais à ça, avec leur face de singe » ;
  • « Lol, c’était un attentat-suicide ? ».
Tine Peeters, une journaliste de De Morgen, a écrit une tribune pour dénoncer le comportement de ces lecteurs, ce déferlement de haine décomplexé directement lié aux« attentats, à la crise des réfugiés et à la stagnation économique [qui] attisent visiblement la peur et font disparaître toute honte ». Ce jeune homme, décrit comme « charmant et engagé », est « mort deux fois (...). D’abord , il a eu l’accident sur un quad au Maroc. Il a ensuite été tué sur Facebook et Twitter ».
Plutôt qu’ignorer, effacer ou censurer, la rédaction de De Morgen a voulu montrerdénoncer et faire en sorte que tout le monde lise ces mots. Une stratégie qui aura eu le mérite de lancer un débat politique, mais qui n’aboutira pas forcément à ce que les auteurs aient honte de ce qu’ils ont écrit. Comme le dit Tine Peeters, certains auteurs de ce lynchage numérique « n’ont même pas pris la peine de se cacher derrière de faux noms ».

Condamnations un peu trop unanimes

Passé la médiatisation, la classe politique flamande a unanimement condamné ces messages racistes. Le ministre des médias, Sven Gatz (Open-VLD, libéral), condamne le« racisme maladif » de ces internautes et plusieurs membres du parti nationaliste NV-A, le mieux représenté à la Chambre des représentants, ont constaté, à l’instar du ministre-président flamand, Geert Bourgeois, « qu’il y a encore beaucoup de travail pour parvenir à une citoyenneté partagée et à une société inclusive ».
Des réactions rapides et unanimes, qui cachent un problème plus profond dans la classe politique flamande, selon Tine Peeters :
« Ils se bousculaient pour condamner les discours de haine, c’en était presque pathétique. S’ils pensent vraiment ce qu’ils disent, voici ce qu’ils doivent faire. Ils doivent faire leur examen de conscience et se demander si les mots qu’ils ont prononcés ces derniers mois n’ont pas repoussé la limite de ce que l’on considère comme autorisé à dire publiquement. »
Le service public de lutte contre la discrimination et de promotion de l’égalité des chances (Unia), qui intente depuis plusieurs mois un procès contre le groupuscule d’extrême droite flamand en question, a annoncé que « l’affaire Ramzi » sera ajoutée au dossier. Selon plusieurs médias, le groupe vient de recevoir une incitation à comparaître du parquet d’Anvers à la suite de la plainte déposée en 2015 par l’Unia pour « incitation à la haine, à la violence et à la discrimination ».
Le sujet remet aussi sur la table le rôle de modération que doivent jouer les compagnies américaines comme Facebook, Twitter, YouTube ou Microsoft : des questions primordiales maintenant que chaque citoyen peut être connecté quasiment en permanence.
Le 31 mai, ces entreprises ont signé avec la Commission européenne un « code de conduite » contre la haine en ligne, pas contraignant, dans lequel elles s’engagent àexaminer, en moins de vingt-quatre heures, « la majorité des signalements valides » rapportés par les internautes et à « supprimer ou rendre inaccessibles » les propos haineux illégaux. Quelques semaines avant, plusieurs ONG françaises, comme SOS-Racisme ou l’Union des étudiants juifs de Frances’étaient plaintes des failles de surveillance des réseaux sociaux devant les contenus haineux.
Au niveau européen, un texte, adopté en novembre 2008, oblige les Etats à condamner pénalement les auteurs de propos racistes et xénophobes. Internet n’y est pas mentionné une fois.

    Journaliste a

 
mercredi 3 août 2016
 

Même mort, cet ado belge d'origine marocaine est victime d'un racisme "dégoûtant"





 mercredi 3 août 2016
Même mort,  cet ado belge d'origine marocaine est victime d'un racisme "dégoûtant"
Ramzi Mohammad Kaddouri, un adolescent de 15 ans originaire de Genk, a perdu la vie de manière tragique dans un accident de quad au Maroc. Le jeune Belge est décédé des suites de ses blessures après avoir été plongé dans le coma.
Sur les réseaux sociaux, les réactions racistes - souvent sous un pseudonyme - qui ont suivi sa mort provoquent l'indignation générale. En voici un florilège.
"Il était en vacances dans son pays d'origine. Il donne le bon exemple en restant là-bas"
"Mieux vaut un qu'aucun"
"Si ça c'est un Flamand, moi je suis Saint-Nicolas"
"Un Arabe en moins"
Sven Gatz: "Un racisme dégueulasse et maladif"
Sven Gatz, le ministre flamand de la Culture et des Médias, dénonce un "racisme dégueulasse et maladif". "Ces gens-là doivent se faire soigner mais ne le peuvent/veulent pas", s'indigne-t-il.
Les commentaires provoquent un tollé dans toute la classe politique flamande dans son ensemble. "Comment la mort d'un jeune garçon peut engendrer de telles remarques ignobles? Qu'est-ce qui cloche dans ce monde?", se demande la députée flamande Tine Soens (sp-a).
"Les commentaires parfois haineux sur les médias sociaux montrent qu'il y a encore beaucoup de travail (à effectuer) pour parvenir à une citoyenneté partagée et à une société inclusive. Les personnes qui utilisent un tel langage offensant feraient mieux de se regarder dans un miroir", a prolongé le ministre-président flamand Geert Bourgeois, en exprimant ses condoléances à la famille de Ramzi Mohammad.
Plainte auprès de Unia?
Zuhal Demir, parlementaire N-VA, va même plus loin. Elle appelle la commune de Genk à saisir Unia (ex-centre interfédéral pour l'Egalité des Chances). "Ces réactions sont indignes, dégoûtantes et n'ont pas leur place en Flandre. La société ne peut tolérer un tel racisme", fulmine-t-elle.
Le collège des bourgmestre et échevins de la ville ne compte pas en rester là. "Nous ne pouvons pas le laisser passer", a indiqué le maïeur de Genk, Wim Dries (CD&V). Les autorités communales examineront la question après le retour de la famille de la victime du Maroc, d'ici quelques jours.
"Quelqu'un de serviable et respectueux"
Les circonstances de la mort du jeune garçon n'ont pas encore été éclaircies. La disparition de Ramzi laisse un grand vide derrière lui, notamment dans son quartier de Winterslag, où il était apprécié de tous. Bénévole pour un mouvement de jeunesse, il est décrit comme quelqu'un de "serviable, respectueux, qui a le cœur sur la main". 
 
mardi 2 août 2016
 
 
mercredi 27 juillet 2016
 
Basta !




par Moncef Wafi
Ce qui se passe en Allemagne et en France est du pain béni pour les extrémistes de tous bords pour récolter les dividendes politiques de la peur qui, forcément, donne naissance à la haine. Les trois derniers attentats qui ont frappé l'Allemagne, revendiqués par Daech et exécutés par des solistes en perte de repères, ont ravivé les craintes et rappelé à l'opinion publique allemande que l'option du tout-réfugié prônée par la chancelière Merkel n'est pas partagée par toute la classe politique.

Au-delà de l'idéal religieux brandi en bannière par Daech, la nature même des kamikazes est montrée du doigt, stigmatisant ainsi la politique de Merkel. Une carte qu'on avait déjà sortie pour la mettre en difficulté après la sombre histoire du réveillon de Cologne. Si Berlin avait décidé de renvoyer chez eux les demandeurs d'asile algériens, tunisiens et marocains dont les pays sont désormais estampillés sûrs, Horst Seehofer, le dirigeant de la puissante Bavière, n'a pas hésité à réclamer hier un durcissement de la législation en matière d'expulsion ou de renvoi des réfugiés même lorsqu'ils viennent de zones de conflit. Une ligne rouge qui mettra certainement la chancelière en position de faiblesse.

En France, la prise d'otages d'hier matin dans une église près de Rouen où un prêtre a été tué et les deux assaillants abattus, et revendiquée par Daech, donnera plus de matière à la droite et à l'extrême droite pour alimenter le climat de peur qui règne actuellement en France. Après Nice, les incidents racistes ont fleuri et on n'hésite plus, dans la rue, à s'en prendre à tout ce qui est Arabe ou musulman. Cet amalgame, les musulmans de France et d'Europe y participent à travers leur condamnation sans cesse réitérée après chaque coup de feu tiré par un illuminé.

Cette propension à s'excuser et à vouloir forcément se justifier, affirmant que l'islam est loin de cette violence, donne un air suspect à des musulmans qui ont expliqué au départ que Daech n'a rien à voir, mais vraiment rien à voir, avec la religion musulmane. Les Occidentaux mêmes l'ont reconnu et affirmé que cette nébuleuse terroriste était une créature des Américains et des Israéliens. Il est temps de relever la tête et de dire basta au nom de l'humanité, de l'universalité, mais pas au nom de l'islam. Il est temps de demander des comptes à Hollande, Sarkozy, Obama, Blair, Bush, les dirigeants sionistes et les rois repus du Golfe à chaque tuerie. Il est temps de sortir dans la rue pas pour dire que ces actes terroristes n'appartiennent pas à l'islam mais pour revendiquer la justice. Pour les victimes
sans distinction de sexe, de langue ou de religion. 
 
"Si vous n’y prenez pas garde, les journaux finiront par vous faire haïr les opprimés et adorer les oppresseurs." Malcom X

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