ELWATAN-ALHABIB
vendredi 20 janvier 2017
 

Les États-Unis dangereux comme un fauve blessé







Depuis le 11 septembre 2001, l’Amérique n’est plus l’Amérique. Avec l’élection de Donald Trump, elle poursuit sa descente aux enfers. Elle qu’on a connue triomphante, impériale, dominatrice, parfois magnanime, est méconnaissable. Voyez les débats sur Youtube, les talk-shows sur FoxNews, sur CBS, sur HBO... La paranoïa retrouve outre-Atlantique des niveaux inconnus depuis l’époque du Maccarthysme.
Le monde à l’envers : traversant le miroir des doubles standards, les bourreaux s’érigent en victimes. Hackant depuis des décennies serveurs et routeurs du monde entier, entreprises et États, alliés ou ennemis, ils pleurnichent sur les « cyber-attaques russes et chinoises » ; sponsors de centaines de groupes terroristes et d’ONG subversives, ils redoutent les attentats d’Al-Qaeda et de Daech ; champions de la manipulation d’élections étrangères, ils fulminent que Poutine leur aurait gâché la leur. Rumeurs, affirmations, rapports interprétés et réinterprétés jusqu’à la nausée... le complotisme se généralise comme un cancer, depuis les survivalistes des couches les plus modestes jusqu’aux castes les plus privilégiés de Washington. Barack Obama lui-même cède à l’hystérie ambiante et dénonce sans preuve la « main de Moscou » qui aurait fait élire M. Trump (sans toutefois, cherchez l’erreur, avoir influencé le vote ni le comptage des voix, dixit le rapport de la CIA, le FBI réservant sa position).
Expulsion de diplomates, renforcement des sanctions, diabolisation médiatique sans précédent de M. Poutine, il prend des mesures désespérées, quoique peu efficaces, pour brouiller autant que possible les relations de la future administration avec le Kremlin. Avant même l’entrée en fonctions du milliardaire, le populisme prend ses quartiers à la Maison Blanche, le futur pouvoir se dispute ouvertement entre magnats du pétrole et membres de la famille.
Népotisme, corruption, hystérie médiatique : effondrement d’un empire.
Les élections de novembre 2016 ont révélé l’ampleur du malaise. Pendant la campagne, de nombreux Étasuniens ont déploré le choix calamiteux dans lequel ils étaient enfermés. Dans un pays plein de gens créatifs, charismatiques et talentueux, cette alternative entre peste et choléra que leur laissait le système des primaires avait quelque chose de surréaliste, de scandaleux.
L’Amérique aborde une phase critique de son histoire, et le monde entier avec elle. Le risque est immense : dangereuse comme un fauve blessé, elle se trouve des ennemis aux quatre coins du monde. Impliquée dans des logiques contradictoires, elle se livre à elle-même, par alliés interposés, une guerre impitoyable. Aveuglée par la douleur, en proie à une terreur impuissante, elle sur-réagit, frappe, se déchaîne, et semble prête à entraîner à tout moment le reste du monde dans une guerre mondiale suicidaire.
Observant le discours qui fait rage sur les écrans étasuniens, on ne peut qu’y voir un remake de la fin de l’Union soviétique. L’ampleur du désastre n’est pas la même (pas encore), mais le syndrome est similaire. Un pays habitué à la suprématie, à une obéissance inconditionnelle de ses vassaux, à la crainte respectueuse de ses ennemis, se réveille soudain endetté, déculotté, ridiculisé. Sur tous les fronts où il étalait naguère sa force incomparable, des ennemis sont apparus ou se sont renforcés qui contestent sa suprématie. Sa supériorité militaire est contestée, sa domination économique n’est plus qu’un souvenir. Le privilège exorbitant du dollar, cœur du système, est menacé.
Il y a pire. Les politiques à court terme, la corruption massive, les dépenses inconsidérées entraînées par les récentes aventures militaires, ont provoqué un chaos intérieur bien analysé par quelques observateurs étrangers et parfaitement ignoré par la plupart des analystes étasuniens, dans un curieux exercice de déni médiatique. Bernie Sanders était bien seul à tirer la sonnette d’alarme, et même s’il fut écouté par un grand nombre de citoyens des classes modestes, il a rapidement été écarté par Mme Clinton et l’élite libérale du Congrès démocratique. Endettement massif des étudiants, surpopulation carcérale exponentielle, police détroussant impunément les citoyens, populisme échevelé des juges, ravages des prêts usuriers dans les classes populaires, absence de protection sociale des travailleurs pauvres, inégalités de revenus et de patrimoines dépassant tous les records historiques connus, retour des tensions raciales... La société étasunienne est malade, son état se dégrade, et la présence d’armes à feu dans chaque tiroir de commode du pays est une bombe à retardement qui attend son heure. D’un instant à l’autre, semble-t-il, dès que Donald Trump aura épuisé sa capacité déjà très limitée à rassembler, le désespoir va exploser et le pays se déchirer.
Les conséquences seront terribles pour l’Amérique et pour le monde. Tous les humoristes s’y sont collés et ont suggéré l’idée que Donald Trump serait non pas le 45e, mais le dernier président des USA. Et s’ils avaient raison ?
On a beaucoup glosé sur la dangerosité de Saddam Hussein ou de Kim Jong-un. Sur la nécessité de désarmer l’Iran. Sur la menace chinoise, sur l’interventionnisme de Poutine. Il faut constater que ces menaces et ces risques ne sont que broutilles face à une Amérique déstabilisée qui se bat contre ses fantômes, qui veut traiter tous les problèmes à coups de bombes et qui projette son chaos dans un nombre sans cesse croissant de pays. Qui la ramènera à la raison ? Qui la désarmera ? Qui provoquera l’indispensable changement de régime... à Washington ?
Plutôt que de ricaner des malheurs de l’ex-première puissance, le reste du monde ferait mieux de s’inquiéter des conséquences catastrophiques de son effondrement désormais probable. De prendre, comme le font la Chine et la Russie, et d’autres sans doute, de discrètes mesures préventives pour rester aussi loin que possible hors de portée des convulsions du titan épileptique.
Christophe Trontin
 
 

Combien de députés britanniques (et français) travaillent pour Israël ?






"Jadis, personne n’aurait hésité à appeler les politiciens britanniques agissant dans l’intérêt d’une puissance étrangère, et obtenant très probablement des avantages financiers pour le faire, des « traîtres ». Et pourtant, comme le montrent les vidéos secrètement filmées par Al Jazeera, les espions israéliens comme Shai Masot peuvent facilement rencontrer et conspirer avec le proche assistant d’un ministre conservateur pour discuter de la meilleure façon de « faire tomber » le ministre adjoint des Affaires étrangères, Alan Duncan, à cause de ses critiques contre les colonies illégales d’Israël dans les territoires occupés. Maria Strizzolo, l’assistante du ministre de l’éducation Robert Halfon, suggère de façonner un « petit scandale » pour porter préjudice à Duncan."
Cet article concerne la Grande-Bretagne, mais un pays qui organise une conférence pour la paix en Palestine et décommande les Palestiniens, dont la capitale arbore le drapeau israélien, dont le candidat socialiste à la présidentielle se targue d’être « éternellement lié à Israël, quand même ! », où la Ligue de Défense Juive, classée organisation terroriste par Washington et Tel-Aviv, peut jouer les vigilantes (et les vigiles) en toute impunité (fi des promesses gouvernementales de démanteler la milice... Meyer Habib veille au grain), où un Président de région finance la colonisation israélienne avec l’argent public, et où la dénonciation de l’influence du premier lobby américain (l’AIPAC, ouvertement sioniste) équivaut à un arrêt de mort politique (liste non exhaustive) devrait certainement se poser la question : des élus français feraient-ils passer les intérêts d’Israël – et leurs intérêts personnels – avant ceux de la France ? Et qu’en est-il des médias ? La France reste-t-elle le pays des droits de l’homme ou le pays collaborationniste par excellence ?
Voir la liste interminable des « Amis Français d’Israël » où gauche et droite rivalisent de servilité : votre élu en fait-il partie ? N’hésitez pas à l’en féliciter : les valeurs racistes, colonialistes et suprématistes se perdent, et les criminels de guerre et criminels contre l’humanité sont par trop décriés. Heureusement que des hommes et femmes courageux savent reconnaître le mérite et portent haut nos couleurs. Mention spéciale pour le Front de Gauche François Asensi, Député-maire de la 11e circonscription de Seine-Saint-Denis, qui conjugue la vice-présidence du groupe France-Palestine avec celle du groupe d’Amitié France-Israël. Comme disait l’autre, « Ce ne sont pas les girouettes qui tournent, c’est le vent. »
Sayed Hasan

* * *

Al Jazeera doit être félicitée pour une enquête clandestine exposant quelque chose que la plupart d’entre nous aurions probablement pu deviner : que certains membres du personnel de l’ambassade d’Israël au Royaume-Uni – ne faisons pas les vierges effarouchées, des agents du Mossad – travaillent avec des militants et de hauts responsables politiques des Partis conservateur et travailliste afin de subvertir leurs propres partis de l’intérieur, et réorienter la politique étrangère britannique pour qu’elle profite aux intérêts d’Israël au lieu des intérêts britanniques.
On ne peut pas vraiment blâmer Israël pour cela. La plupart des États promeuvent leurs intérêts du mieux qu’ils peuvent. Mais on peut et doit exposer et faire honte aux politiciens britanniques qui collaborent avec Israël pour nuire davantage à la démocratie représentative de la Grande-Bretagne.
Ce n’est pas comme si ces personnes ne pouvaient pas être facilement identifiées. Ils annoncent même ce qu’ils vont faire. Ils sont membres du groupe parlementaire des Amis conservateurs d’Israël et des Amis travaillistes d’Israël. Ils dominent les deux partis du Parlement, mais surtout les conservateurs. Selon les chiffres des Amis conservateurs d’Israël, 80% des députés conservateurs appartiennent au groupe des Amis d’Israël du parti.
Jadis, personne n’aurait hésité à appeler les politiciens britanniques agissant dans l’intérêt d’une puissance étrangère, et obtenant très probablement des avantages financiers pour le faire, des « traîtres ». Et pourtant, comme le montrent les vidéos secrètement filmées par Al Jazeera, les espions israéliens comme Shai Masot peuvent facilement rencontrer et conspirer avec le proche assistant d’un ministre conservateur pour discuter de la meilleure façon de « faire tomber » le ministre adjoint des Affaires étrangères, Alan Duncan, à cause de ses critiques contre les colonies illégales d’Israël dans les territoires occupés. Maria Strizzolo, l’assistante du ministre de l’éducation Robert Halfon, suggère de façonner un « petit scandale » pour porter préjudice à Duncan.
Masot et les services de renseignement d’Israël ne peuvent pas influencer la politique étrangère britannique à travers le parti d’opposition travailliste, mais cela ne les empêche pas d’avoir aussi un vif intérêt pour les députés travaillistes. Masot est filmé en train de parler au Président des Amis travaillistes d’Israël, Joan Ryan, à propos de « beaucoup d’argent » – plus d’un million de livres sterling – qu’il a reçu du gouvernement israélien pour envoyer encore une autre brochette de députés travaillistes dans un voyage tous frais payés en Israël, où ils seront choyés, cajolés, et apprêtés par de hauts fonctionnaires israéliens pour qu’ils adoptent des positions pro-israéliennes encore plus extrêmes. Les Amis travaillistes d’Israël sont connus pour envoyer la plus grande proportion de députés en Israël dans ces genres de voyages.
Est-ce que cela a un effet sur la politique intérieure britannique ? Vous pouvez le parier ! Israël n’est pas un organisme de bienfaisance.
Un grand nombre de ceux qui ont rendu infernale la vie du leader travailliste Jeremy Corbyn font partie des Amis travaillistes d’Israël. Ce sont les mêmes députés qui ont fait tout un tapage sur une prétendue « crise d’antisémitisme » dans le parti travailliste – basée sur zéro preuve tangible – depuis que Corbyn est devenu le chef du parti. Suivaient-ils alors ce que leur dictait leur conscience ? Craignaient-ils vraiment qu’une épidémie d’antisémitisme ait soudainement frappé leur parti ? Ou jouaient-ils une politique profondément cynique pour évincer un leader qui soutient la justice pour le peuple palestinien et est considéré par le gouvernement de droite d’Israël, qui n’a aucun intérêt à faire la paix avec les Palestiniens, comme de mauvaises nouvelles pour Israël ?
L’enquête menée par Al Jazeera n’a pas encore été diffusée, et nous ne pouvons donc nous baser que sur les extraits publiés jusqu’à présent, soit par Al Jazeera elle-même, soit d’autres fuites de l’enquête fournies par le Mail on Sunday.
Il vaut la peine d’écouter un ministre conservateur du gouvernement de David Cameron, qui nous a récemment quittés, qui s’exprime anonymement dans le Mail on Sunday. Il nous avertit d’un double coup dur pour la politique du Royaume-Uni causé par Israël et ses partisans britanniques – et qui commence à se rapprocher des dommages causés au système politique des États-Unis par Israël.
Le gouvernement britannique biaise sa politique étrangère pour éviter de contrarier les donateurs juifs, dit-il. Les députés, quant à eux, agissent comme des agents d’une puissance étrangère – à leur insu, suppose-t-il généreusement – plutôt que des représentants du peuple britannique. Oubliez le droit international, ces politiciens ne promeuvent pas même les intérêts britanniques.
Voici ce que le ministre écrit :
La politique étrangère britannique est soumise à l’influence israélienne au cœur de notre politique, et les personnes en autorité ont ignoré ce qui se passe.
Pendant des années, les Amis conservateurs d’Israël et les Amis travaillistes d’Israël ont travaillé avec – et même pour – le gouvernement israélien et leur ambassade de Londres pour promouvoir la politique israélienne et contrecarrer la politique du gouvernement du Royaume-Uni et les actions des ministres qui tentent de défendre les droits des Palestiniens.
Beaucoup de pays essaient d’imposer leurs points de vue aux autres, mais ce qui est scandaleux au Royaume-Uni est que, au lieu d’y résister, les gouvernements successifs s’y sont soumis, ont pris l’argent des donateurs, et ont permis au trafic d’influence israélien de façonner la politique et même de déterminer le sort des ministres.
Même maintenant, si je devais révéler qui je suis, je serais soumis à un barrage incessant d’injures et à une mise à mort politique. [...]
Il semble maintenant clair que les membres des Partis conservateur et travailliste ont travaillé avec l’ambassade d’Israël, qui les a utilisés pour diaboliser et honnir les députés qui critiquent Israël ; une armée d’idiots utiles d’Israël au Parlement.
C’est quelque chose de politiquement corrompu et de diplomatiquement indéfendable. La conduite de certains députés doit être exposée au grand jour, de même que l’infiltration toxique et trompeuse de notre politique par les agents involontaires d’un autre pays. [...]
Nous avons besoin d’une enquête complète sur l’ambassade d’Israël, les liens, les accès et le financement des Amis conservateurs d’Israël et des Amis travaillistes d’Israël. Il est rare que je sois d’accord avec un ministre du gouvernement conservateur, mais une telle enquête ne peut pas être diligentée trop tôt.
Notez également que le fait qu’Al-Jazeera, plutôt que le quatrième pouvoir britannique, ait exposé les agissements d’Israël pour subvertir le système politique britannique constitue un acte d’accusation contre les médias du Royaume-Uni. Ce n’est pas comme si les journalistes de la BBC, du Guardian, du Times et du Mail n’avaient pas vu des ministres comme celui/celle citée précédemment se plaindre à eux durant des années au sujet des interférences en provenance d’Israël. Alors pourquoi n’ont-ils pas envoyé depuis longtemps des équipes d’infiltration pour exposer cette collusion entre Israël et les députés britanniques ?
Nous avons eu des semaines d’histoires sur les efforts supposés de la Russie et de Poutine pour subvertir l’élection américaine, sans encore le moindre soupçon d’aucune preuve, et sur la base d’une allégation centrale contre les Russes selon laquelle ils auraient compromis le résultat des élections en diffusant des informations véridiques sur des actes répréhensibles du Parti démocrate. Des diplomates russes ont été expulsés sur la base de ces affirmations infondées, et le Président Obama a promis d’autres mesures secrètes contre la Russie.
Ici, nous avons des preuves documentées que le gouvernement israélien complote secrètement avec des députés britanniques « amis » pour évincer un ministre du gouvernement britannique. Si ce n’est pas là de l’ingérence dans le système politique britannique, je ne sais pas ce qui en serait. Aurons-nous de même des semaines de couverture de cette histoire dans les médias au Royaume-Uni, ou sera-t-elle rapidement classée et oubliée ?
Et au-delà du renvoi de Masot, une quelconque action sera-t-elle exigée par le gouvernement britannique ? Cela semble peu probable. Le Ministère des Affaires étrangères a déjà publié une déclaration disant que, après le renvoi de Masot, il considérait l’affaire close.
Jonathan Cook
Jonathan Cook est un journaliste britannique indépendant basé à Nazareth, lauréat du prix spécial Martha Gellhorn pour le journalisme, et spécialiste du conflit israélo-palestinien.
Traduction : Sayed Hasan
 
mardi 17 janvier 2017
 

Le CRIF et les milieux prosionistes fustigent la position de la France




par Kharroubi Habib
En France quand des organisations ou des personnalités propalestiniennes manifestent ou s'expriment pour dénoncer la politique ou les agissements de l'Etat sioniste à l'égard des Palestiniens, elles s'attirent systématiquement les foudres des milieux et des médias qui le soutiennent et fustigées comme cherchant dans un esprit de division de la société française en « important » le conflit israélo-palestinien sur son sol. Mais quand c'est le CRIF ou toutes autres organisations ou associations pro-Etat sioniste défilent dans la rue pour protester contre tout fait jugé par elles allant contre les intérêts d'Israël, ces mêmes milieux n'expriment que compréhension pour les raisons qu'elles ont de manifester.

L'on entendrait ou lirait de la part de ces milieux de fielleuses et tendancieuses critiques à l'encontre de pro-palestiniens français qui s'aviseraient de faire bouger la rue alors que Paris abriterait une conférence internationale dont ils estimeraient la finalité desservant la cause du peuple palestinien.

A leurs yeux, de pareilles initiatives venant des soutiens de cette cause ne peuvent être que préjudiciables pour la France, son prestige et sa diplomatie et qu'il n'en serait pas de même quand c'est le CRIF ou d'autres organisations pro-israéliennes se mobilisent et rameutent la rue contre celles en lesquelles ils voient une menace pour l'Etat sioniste.

Pour les milieux et les médias en question, la défense d'Israël passe avant toute autre considération. Aussi ne fallait-il pas s'attendre qu'ils reprouvent les appels du CRIF contre la tenue à Paris de la conférence internationale sur le Proche-Orient initiée par l'Etat français jugée par lui anti-israélienne et la manifestation de protestation qu'il organise contre elle.

Que le CRIF ne s'attire aucune remontrance quand il se mêle de dicter à l'Etat français et à ses responsables politiques l'attitude qu'ils devraient avoir sur le conflit israélo-palestinien est révélateur de l'influence tétanisante qui est la sienne sur ces hauts lieux du pouvoir français. Le constater et encore plus en faire état ou le dénoncer vaut à ceux qui en commettraient l'impardonnable « crime » d'être cloués au pilori de l'indignité en tant qu'antisémites voués à vouloir la perte du peuple juif.

Le CRIF est le cheval de Troie de l'Etat sioniste en France, rôle qu'il assume en jouant avec cynisme sur la mauvaise conscience qu'il est parvenu à inculquer à des pans de la société française en leur ressassant en toute circonstance la « responsabilité » de la France dans les malheurs des juifs, qu'ils soient français ou d'ailleurs. Il enfonce le clou même si la cause qu'il défend, celle de l'Etat sioniste occupant et brimant le peuple palestinien, le disqualifie en le révélant non pas en tant que représentant de la communauté juive française mais en tant qu'instrument d'influence de cet Etat s'étant arrogé le droit d'ingérence dans la politique étrangère de la France.

Ce dont il ne se prive pas et de la plus arrogante et comminatoire façon qui soit dont il résulte pour lui et l'Etat sioniste auquel il est dévoué que la France n'ose jamais dire son fait à celui-ci, même quand il outrepasse l'acceptable pour elle en tant que patrie des droits de l'homme et des peuples
 
mardi 3 janvier 2017
 

En Occident, pas de pleureuses pour les enfants yéménites





par 
 mardi 3 janvier 2017
En Occident, pas de pleureuses pour les enfants yéménites

La prospérité de notre industrie de l'armement vaut bien la vie de quelques milliers d'enfants yéménites. C'est ce que répondit implicitement Manuel Valls lorsqu'on lui demanda ce qu'il pensait des bombardements saoudiens qui dévastent le Yémen et terrorisent sa population. « Est-il indécent de se battre pour nos emplois ? » répondit le premier ministre le 15 octobre 2015 sur Bfm/Tv. « Indécence », dites-vous ? A la tête d'un gouvernement qui aura généreusement distribué des armes et des médailles aux coupeurs de tête du Golfe, Manuel Valls sait de quoi il parle.
Depuis mars 2015, la « coalition » conduite par Riyad déchaîne le feu du ciel contre des civils sans défense en prétendant combattre une rébellion houthie coupable de s'être alliée avec l'ex-président Ali Abdallah Saleh contre son successeur Abd Rabbo Mansour Hadi, instrument docile de la monarchie saoudienne. Selon l'ONU, cette intervention militaire meurtrière a fait plus de 10 000 victimes. Elle a provoqué une catastrophe humanitaire, 400 000 enfants souffrant de malnutrition dans un pays dévasté par les bombardements et privé de ressources par l'embargo que lui imposent les pétromonarchies.
Dans une totale impunité, l'aviation saoudienne n'épargne ni les écoles, ni les hôpitaux, ni les cérémonies religieuses. Elle répand la terreur, elle cherche à faire plier, en la soumettant à un déluge de feu, une résistance qui infligerait une cuisante défaite aux forces coalisées si elles avaient le courage de l'affronter sur le champ de bataille. Les wahhabites, en fait, ne mènent pas une guerre contre des combattants, mais une entreprise systématique de démoralisation de la population, de destruction totale, d'arasement des infrastructures du pays.
Cette œuvre mortifère, ses auteurs la justifient en invoquant la légalité internationale. Le mouvement « Ansarullah », en effet, a investi la capitale du pays en septembre 2014 et poussé le président Mansour Hadi à la démission en janvier 2015. Effet à retardement de la « révolution » ratée de 2011, ce succès inattendu a pris de court les Saoudiens et leurs parrains occidentaux. Décidés à intervenir dans le conflit, ils ont obtenu du conseil de sécurité de l'ONU le vote de la résolution 2216 du 14 avril 2015 condamnant la prise du pouvoir par les Houthis et affirmant la légitimité du président Hadi.
Cette décision onusienne a offert à Riyad une couverture juridique l'autorisant à frapper le Yémen sans ménagement pour vaincre la rébellion. Perversion du droit international, c'est un chèque-en-blanc qui permet au pays arabe le plus riche d'écraser sous les bombes le pays arabe le plus pauvre. Tout se passe comme si l'agresseur bénéficiait d'une sorte de permis de tuer à grande échelle, avec la bénédiction de puissances occidentales qui lui fournissent des armes en quantité illimitée tandis que la rébellion houthie se voit frappée par l'embargo.
On se demande alors quel crime le peuple yéménite a pu commettre pour endurer un tel supplice. Aurait-il commis des actes terroristes ? Certainement pas. Il est la première victime des attentats meurtriers perpétrés par Daech et Al-Qaida, comme celui contre les mosquées chiites de Sanaa qui fit 142 morts le 20 mars 2015. Ces organisations, en revanche, ont longtemps bénéficié de l'étrange inaction de la coalition, notamment dans la région d'Al-Mukallah. Peine perdue ! Cette alliance objective sur fond de haine anti-chiite n'a pas mis les forces « loyalistes » à l'abri des attentats-suicides qui vont bientôt les frapper à leur tour en 2016.
D'où vient, alors, l'acharnement de Riyad contre le Yémen ? Selon la propagande saoudienne, il serait justifié par la complicité des Houthis avec Téhéran. Appartenant à la communauté chiite « zaydite », le mouvement « Ansarullah » servirait les ambitions géopolitiques de l'Iran. Les causes du conflit yéménite sont endogènes, l'aide fournie par les Iraniens aux rebelles est dérisoire, mais Riyad s'obstine à dénoncer l'influence malfaisante des mollahs. C'est une situation ubuesque. Les Houthis sont coupés du monde par l'embargo et bombardés par une puissante aviation, et Riyad les traite, sur leur propre sol, comme s'ils étaient des mercenaires étrangers !
Le voilà donc, son crime, à ce Yémen rebelle. Il est en cheville avec les forces du mal, il pactise avec le diable. Décidément inconscients, les Houthis admirent le Hezbollah libanais, ils soutiennent la Syrie souveraine, ils croient encore au nationalisme arabe. Pour ceux qui entendent asservir la région aux intérêts impérialistes, Sanaa est une épine dans le pied. Le Yémen a commis une faute politique qu'il va devoir expier dans la douleur. Vu de Riyad, il va falloir étouffer ce foyer de contestation d'un ordre impérial auquel se cramponnent des pétromonarchies vermoulues. L'Arabie saoudite ne veut pas, elle n'a jamais voulu, tout simplement, d'un Yémen indépendant et unifié.
Pour ce pays martyrisé qui n'intéresse personne, on n'entendra pas de jérémiades. Ni « génocide », ni « massacre », ni « barbarie » à l'horizon dans les colonnes de la presse mainstream. Le chœur des pleureuses occidentales est aux abonnés absents. Ni « Casques blancs » financés par des fondations anglo-saxonnes, ni parlementaires français en goguette pour « éveiller les consciences », ni gauchistes indignés qui appellent à la « solidarité révolutionnaire », ni droits-de-l'hommistes qui signent héroïquement des pétitions à la pelle, rien, nada. Le Yémen est sorti des écrans-radar, rayé de la liste des causes qui en valent la peine. Il est abandonné aux criminels wahhabites par l'indécente lâcheté d'un Occident complice. Mais, qui sait, le peuple yéménite n'a peut-être pas dit son dernier mot.

 
 
samedi 31 décembre 2016
 
ILS PRATIQUENT UN « NETTOYAGE ETHNIQUE » EN PALESTINE : ESTROSI LEUR DONNE 50 000 EUROS.





Mardi 27 décembre, durant son séjour en Israël, Christian Estrosi, président de la région PACA, s'est rendu au kibboutz Tsoraa, près de Jérusalem, pour tenir un discours aux représentants de l'organisation KKL ("Fonds national juif") et leur annoncer l'octroi d'une « subvention de 50 000 euros » pour « participer au reboisement d'Israël après les incendies » {http://panamza.com/cis}.
Partenaire du gouvernement d'extrême droite de Benyamin Netanyahou, le KKL est régulièrement accusé -notamment par des organisations des droits de l'homme et des associations juives indépendantes des instances communautaires- de pratiquer un « nettoyage ethnique » à l'encontre des Palestiniens.
La méthode : leur exproprier des terres dont l'exploitation ultérieure sera tacitement interdite aux non-juifs {http://panamza.com/bgy;http://panamza.com/bgzhttp://panamza.com/bhahttp://panamza.com/bhbhttp://panamza.com/bhc}.
À noter : 86 arbres plantés seront dédiés aux 86 victimes de l'attentat de Nice, une opération terroriste dite "djihadiste" mais étrangement dotée de plusieurs ramifications israéliennes {http://www.panamza.com/djihad-express}.
***SOUTENEZ L'INFO-PANAMZA ! http://panamza.com/david-contre-goliath***
 
vendredi 30 décembre 2016
 

Obama est-il un agent russe ?





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Obama est-il un agent russe ?
image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2016/12/ObamaRussianAgent.jpeg
ObamaRussianAgentParfois, les charges semblent faible, car il n’y a pas d’« arme du crime » – pas de preuves évidentes, directes, de conspiration, de malfaisance ou de mauvaise intention – mais une fois que vous replacez ensemble toutes les preuves, cela forme une image cohérente et accablante. Et c’est ainsi avec l’administration Obama vis-à-vis de la Russie : en feignant l’intention hostile, il a fait tout son possible pour faire avancer l’agenda de la Russie. Et bien qu’il soit toujours possible de prétendre que tous les échecs d’Obama proviennent de sa simple incompétence, à un certain moment cette affirmation commence à sonner creux. Comment peut-il être si compétent… à être incompétent ? Peut-être a-t-il utilisé l’incompétence comme un voile pour couvrir sa véritable intention, qui était toujours de soutenir la Russie tout en rendant les États-Unis inutiles au maximum dans les affaires mondiales. Examinons les grandes initiatives de politique étrangère d’Obama sous cet angle.

Peut-être que la plus grande réalisation de ses huit années a été la destruction de la Libye. Sous le faux prétexte d’une intervention humanitaire, ce qui était autrefois le pays le plus prospère et le plus stable de toute l’Afrique du Nord a été réduit à un havre de terreur pour les terroristes islamiques et un point de transit pour les migrants économiques entrant dans l’Union Européenne. Cela a eu pour effet de pousser la Russie et la Chine dans les bras l’une de l’autre, les incitant à commencer à voter contre les États-Unis ensemble comme un seul homme au Conseil de sécurité de l’ONU. En un seul coup, Obama a assuré un élément important de son héritage en tant qu’agent russe : les États-Unis ne seront plus en mesure de faire avancer leur programme par le biais de ce très important organe international.

Ensuite, Obama a présidé au renversement violent du gouvernement constitutionnel en Ukraine et à l’installation d’un régime de marionnettes américain. Quand la Crimée a alors voté pour rejoindre la Russie, Obama a imposé des sanctions à la Fédération de Russie. Ces mouvements peuvent sembler avoir été conçus pour nuire à la Russie, mais regardons les résultats au lieu des intentions. Premièrement, la Russie a repris le contrôle d’une région stratégique importante. Deuxièmement, les sanctions et les contre-autorisations ont permis à la Russie de se concentrer sur le remplacement des importations par la construction d’une économie nationale. C’était particulièrement impressionnant dans l’agriculture, et la Russie gagne maintenant plus de recettes par ses exportations de produits alimentaires que par ses armes. Troisièmement, la rupture des liens économiques avec l’Ukraine a permis à la Russie d’éliminer un concurrent économique majeur. Quatrièmement, plus d’un million d’Ukrainiens ont décidé de s’installer en Russie, de façon temporaire ou permanente, ce qui a donné à la Russie un important élan démographique et lui a donné accès à un bassin de travailleurs qualifiés russophones. Cinquièmement, alors qu’auparavant l’Ukraine était en mesure d’extorquer les concessions de la Russie en jouant avec les gazoducs qui conduisent de la Russie à l’Union européenne, maintenant les mains de la Russie ont été déliées, ce qui a débouché sur de nouveaux accords de pipelines avec la Turquie et l’Allemagne. En effet, la Russie a récolté tous les avantages de l’impasse ukrainienne, tandis que les États-Unis ont gagné une dépendance désagréable, embarrassante.

L’« accomplissement » suivant d’Obama consistait à mettre soigneusement le conflit syrien dans un cul de sac. (Certains insistent pour l’appeler une guerre civile, bien que pratiquement tous les combats qui s’y déroulent opposent la nation syrienne tout entière à des mercenaires extérieurs financés par l’étranger.. À cette fin, Obama a déployé un éventail de tactiques. Il a soutenu, armé, entraîné et combattu différents groupes terroristes, rendant ridicule la technique habituelle des États-Unis d’utiliser le « terrorisme par procuration ». Il a ridiculement affirmé que le gouvernement syrien avait utilisé des armes chimiques contre son propre peuple, une allégation creuse semblable à celle utilisée contre Saddam et ses armes de destruction massive, tout en offrant à la Russie un rôle légitime à jouer dans la résolution du conflit syrien. Il a fait des promesses sans fin pour séparer « l’opposition modérée » des terroristes pur jus, mais a échoué à plusieurs reprises à le faire, donnant ainsi aux Russes une large occasion de s’occuper de la situation comme ils l’entendent. Il a négocié plusieurs cessez-le-feu qu’il a ensuite violés.
Il y a eu d’autres réalisations aussi. En parlant sans cesse de la « menace russe » inexistante, en alarmant sur « l’agression russe » et « l’invasion russe » (dont aucune preuve n’existait) et en pratiquant des exercices militaires futiles et géopolitiquement non pertinents en Europe de l’Est et surtout dans les pays baltes, Obama a privé l’OTAN de toute la légitimité résiduelle qu’elle aurait pu avoir, transformant cette organisation en une triste plaisanterie.
Mais peut-être que le service le plus important d’Obama au nom de la nation russe a été de s’immiscer dans l’élection de Donald Trump. C’est ce qu’il a fait en jetant son dévolu sur la ridiculement inepte et corrompue Hillary Clinton. Elle a dépensé le double de Trump, mais apparemment aucune somme d’argent ne pouvait lui permettre d’acheter la présidence. En raison des efforts constants d’Obama, les États-Unis auront maintenant un président russo-amical qui est impatient de conclure des accords avec la Russie, mais devra le faire à partir d’une position de négociation considérablement affaiblie.
Comme je l’ai fait valoir depuis une dizaine d’années, on s’attend à ce que les États-Unis se retirent de leur position de domination mondiale. Mais il était certainement utile d’avoir un Obama graissant les patins, et maintenant c’est à Donald Trump de terminer le travail. Et puisque la contribution d’Obama a été particulièrement utile à la Russie, je propose qu’il lui soit décerné l’Ordre de l’Amitié de la Fédération de Russie, pour aller avec son Prix Nobel de la Paix.
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Dmitry Orlov
source: http://lesakerfrancophone.fr/obama-est-il-un-agent-russe


En savoir plus sur http://reseauinternational.net/obama-est-il-un-agent-russe/#ozZc4XviK49wWJfR.99


Commentaire:
Article qui semble pertinent….
Il répond partiellement à ma question : tous ces jeux de rôles ne sont ils pas un vaste « enfumage » ?
D’un côté obama se présente comme CONTRE israel mais leur offre 38 millions de dollars et fourni des armes aux terroristes !
De l’autre trump se dit pro russe mais également pro israel qui a fourni des armes aux terroristes que la Russie semble combattre !
Et dernière question : quel serait le rôle et but final de poutine ?
N’y a t il pas un malaise dans tout cet imbroglio qui ne serait qu’une mascarade pour faire croire aux peuples que la bête est mourante alors qu’elle ne fait peut être que changer de « stratégie » pour continuer sa politique de destruction ? 

 
jeudi 29 décembre 2016
 

Israël. «La douce illusion» de la résolution 2334 de l’ONU





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Israël. «La douce illusion» de la résolution 2334 de l’ONU
Le 29 novembre 1947, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté une résolution pour établir un Etat juif (à côté d’un Etat arabe) dans la terre d’Israël. Soixante-neuf ans plus tard, le vendredi 23 décembre 2016, le Conseil de Sécurité de l’ONU a adopté une résolution pour tenter de sauver celle votée en 1947. La résolution 2334, approuvée vendredi, a constitué un souffle de bonnes nouvelles, d’espoir, dans la mer d’obscurité et de désespoir des récentes années.
Alors même que tout allait à vau-l’eau – approfondissement de l’occupation, de plus en plus soutenue par les Etats-Unis sans compter une Europe qui se précipite à droite de l’échiquier politique – voilà une résolution de Hanouka [«Fête des Lumières» du 24 décembre 2016 au 1er janvier 2017] qui allume une mince bougie d’espoir. Alors qu’il semblait que les méchants allaient l’emporter, la Nouvelle Zélande et trois autres pays sont venus donner un cadeau de Noël au monde.
Donc, un grand merci à la Nouvelle Zélande, au Venezuela et à la Malaisie. Il est vrai que l’arbre de Noël qu’ils ont apporté, avec ses lumières étincelantes, sera bientôt enlevé. Donald Trump attend déjà à la porte. Mais l’empreinte restera. D’ici-là, réjouissons-nous, même si nous savons qu’on aura une gueule de bois le lendemain.
Il nous faut bien sûr interpeller rageusement le président Barack Obama: «Pourquoi n’est-ce que maintenant que vous faites quelque chose?» Et frustrés nous devons demander au monde: «Et qu’en est-il des actions?». Mais il est impossible d’ignorer la décision du Conseil de sécurité selon laquelle toutes les colonies sont illégales, par nature.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahou peut bien rappeler ses ambassadeurs, tandis que son bras droit, le ministre Yuval Steinitz hurle que la résolution est «injuste» (il a visiblement un sens de l’humour!). Isaac Herzog [Parti travailliste], le leader de l’opposition, peut aussi bafouiller : «Nous devons lutter contre cette décision par tous les moyens». Mais toute personne ayant une conscience ne manquera pas de se réjouir de cette résolution.
En outre, aucun Israélien respectable ne devrait se laisser berner par la propagande qui prétend que la résolution est «anti-israélienne» – une définition que les médias israéliens se sont évidemment empressés d’adopter avec leur servilité caractéristique.
Cette décision a ramené Israël sur le sol solide de la réalité. Toutes les colonies, y compris celles dans les territoires qui ont été annexés, dont évidemment Jérusalem Est, constituent une violation de la loi internationale. Le monde entier est unanime pour le penser, aussi bien les soi-disant amis d’Israël que ses soi-disant ennemis.
Il est probable que les dispositifs de lavage de cerveau en Israël, de pair avec les mécanismes de répression et de déni, essaieront d’ébranler la décision. Mais lorsque les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Chine et la Russie sont d’accord pour une déclaration aussi claire, cela sera difficile. Alors vous pouvez bien vous plaindre: «Tout le monde est contre nous», hurler à l’«antisémitisme», vous pouvez demander: «Qu’en est-il de la Syrie?». En fin de compte cette vérité limpide restera: le monde entier pense que les colonies sont un crime. Toutes les colonies.
Il est vrai que le monde ne lève pas un petit doigt pour éliminer les colonies, mais peut-être cela arrivera-t-il un jour. Mais à ce moment-là il sera trop tard.
La résolution 2334 établit une distinction artificielle entre Israël et les colonies en ce sens qu’elle vise les colonies et non l’occupation. Comme si c’étaient les colons d’Amona qui étaient coupables et non pas tous les Israéliens.
Cette duperie prouve à quel point le monde continue à traiter Israël avec indulgence et hésite à prendre des mesures contre ce pays, comme il l’a fait contre la Russie après sa conquête de la Crimée.
Mais les Israéliens qui ne vivent pas à Amona, qui n’y sont jamais allés, doivent se poser la question: cela vaut-il vraiment la peine? Tout cela pour quelques colons qu’ils ne connaissent pas et qu’ils n’ont pas vraiment envie de connaître?
La résolution 2334 est destinée surtout aux oreilles israéliennes, comme le réveille-matin qui vous réveille juste à temps, comme une sirène qui vous incite à aller vous réfugier dans un abri antiaérien. Il est vrai que la résolution n’a aucune valeur concrète; il est vrai que la nouvelle administration états-unienne promet de l’effacer. Mais deux questions resteront. Pourquoi les Palestiniens ne méritent-ils pas exactement la même chose que les Israéliens? Et à quel point un pays avec sa puissance de lobbying, son armement et sa haute technologie peut-il continuer à ignorer le monde entier? Ce premier jour aussi bien de Hanouka que de Noël nous pouvons apprécier, ne serait-ce qu’un moment, la douce illusion  que la Résolution 2334 va soulever ces questions en Israël.
Gideon Levy
Article publié dans le quotidien Haaretz
Traduction et titre A l’Encontre

 
"Si vous n’y prenez pas garde, les journaux finiront par vous faire haïr les opprimés et adorer les oppresseurs." Malcom X

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